Publié dans Une femme et des livre participe à #10dumois

Vive les femmes ! #10dumois

entre 10 blogs2ème rendez-vous #10dumois, initié par mon amie blogueuse Egalimère ! Je vous rappelle le principe : Chaque 10 du mois, on publie une photo, une illustration ou un texte  sur un thème commun. Aujourd’hui : « Vive les femmes », thème d’actualité deux jours après le 8 mars, journée internationale pour les droits des femmes. J’ai choisi de relier ce joli thème à une manifestation que j’aime beaucoup : Le Printemps des poètes, actuellement organisé dans toute la France. Et vous propose donc « Femme noire » un poème de Léopold Sedar Senghor, qui célèbre la femme noire avec une sensibilité et une émotion qui me touchent énormément.

Femme Noire

Femme nue, femme noire

Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté.

J’ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux.

Et voilà qu’au cœur de l’Été et de
Midi, je te découvre.

Terre promise, du haut d’un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l’éclair d’un aigle.

Femme nue, femme obscure

Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui

fait lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémit aux caresses ferventes

du
Vent d’Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée.

Femme nue, femme obscure

Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète, aux flancs des princes du
Mali

Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta

peau
Délices des jeux de l’esprit, les reflets de l’or rouge sur ta peau qui

se moire À l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains

de tes yeux.

Femme nue, femme noire

Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Étemel
Avant que le
Destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.

Léopold Sendar Senghor, Poèmes (Seuil)

Retrouvez les autres contributions « Vive les femmes » sur http://www.egalimere.fr, rubrique #10dumois

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Première rencontre #10dumois

entre 10 blogs

A l’invitation enthousiaste de mon amie Egalimère (retrouvez son blog sur http://www.egalimere.fr), je participe pour la première fois à l’évènement #10dumois. Le principe : écrire un texte, partager une photo ou une illustration sur un thème commun le 10 de chaque mois. Le thème de février : Première rencontre. Devant tant de possibles, je me suis laissée tenter… Je vous propose ci-dessous ma première contribution.

Il est là, à côté de moi. Impassible et comme indifférent à ce qui va se passer ensuite. Crème et noir, avec une touche de rouge, ce sont les couleurs qu’il s’est choisi pour notre première rencontre. Je sais qu’il l’attend depuis longtemps, qu’il a même eu peur qu’elle n’arrive jamais. Je devine que cette froideur affichée est une simple posture, sous laquelle bruisse l’impatience. J’ai hésité, c’est vrai, avant d’accepter ce rendez-vous. Voyez-vous, je suis très courtisée et la vie est si pleine de tentations… Mais voilà. Maintenant, je suis là, curieuse d’écouter ses premiers mots, ses premières phrases. Je sais qu’elles seront tendres, parfois, intrigantes, peut-être, désopilantes, sûrement, intelligentes, j’espère. A le voir, je comprends qu’il ne lui faudra qu’une seconde pour me faire passer du rire aux larmes. Je le regarde plus précisément, un peu timidement. J’attends tellement de lui, malgré ce classissisme qui, tout compte fait, m’agace un peu. Il le sait. Le doute me gagne. Et si la déception me cueillait à froid ? Et si cette histoire était vouée à l’échec ? Et si derrière la couverture, n’étaient que fadaises et vacuité ?

Bien calée sur mon oreiller, nichée sous ma couette, j’ouvre enfin ce livre qui traîne sur ma table de nuit, parmi tant d’autres, depuis des jours. « Elle lisait plus de livres en arabe qu’en français. Ca avait rassuré son père, mais il avait fini par se rendre compte que certains livres arabes étaient aussi dangereux que les livres français ». Avec Les Prépondérants, je laisse Hédi Kaddour m’emmener loin, très loin. Sans résistance. Et aller au bout de cette première rencontre, promesse de tant de merveilleux moments.

Retrouvez les autres contributions « Première rencontre » sur http://www.egalimere.fr, rubrique #10dumois