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Le dernier message de Sandrine Madison

sandrine madisonLe dernier message de Sandrine Madison, c’est celui que cette femme de 46 ans, professeur d’histoire dans une université américaine de seconde zone, laisse sur sa table de chevet avant de se donner la mort par l’absorption massive d’antidouleurs, conjuguée à des antihistaminiques . Un message mystérieux où il est plus question de la reine Cléopâtre que des raisons de son geste. Un message qui intrigue assez la sergente dépêchée sur place pour qu’elle émette un doute sur le suicide supposé de Sandrine Madison. D’autant qu’un faisceau d’indices permet de supposer l’implication du mari, Samuel Madison, lui aussi professeur dans la même université. N’avait-il pas toutes les raisons de supprimer sa femme, lui qui la trompe avec l’épouse d’un de ses collègues et qui la savait condamnée à moyen terme à une longue agonie dont il aurait à subir les conséquences ? Et s’il avait préféré prendre les devants sur une mort de toute façon inéluctable ?

Samuel Madison, soutenu par sa fille unique Alexandria, clame son innocence. Mais les éléments sont assez nombreux pour qu’il soit déféré devant la justice américaine. Lorsque commence Le dernier message de Sandrine Madison de Thomas H. Cook, (paru dans sa version française aux éditions du Seuil), le procès de Samuel Madison commence dans la petite ville de Coburn (Géorgie), devant une foule de spectateurs vengeurs, pas mécontents de voir un universitaire notoirement imbu de sa personne, risquer la peine capitale.

Plus qu’un polar, Le dernier message de Sandrine Madison est d’abord un roman de prétoire. On suit au fil des jours le procès de Samuel Madison, aidé par un avocat coriace qui a juré à son client de lui éviter la potence. Au fil de flash-back et de témoignages plus ou moins accablants pour l’accusé, la relation entre Sandrine et Samuel, vieille de plus de 20 ans, est disséquée, interprétée, mise à nu par un procureur, plus que convaincu de la culpabilité de l’accusé et qui fait tout, jusqu’à humilier un témoin, pour en convaincre  les jurés. On comprend très vite la complexité cette relation qui s’est nouée entre espoirs, rêves, déceptions, aigreurs et même haine. Et on est perdu entre les différentes pistes qui s’ouvrent. Et si le forcément coupable Samuel Madison était finalement victime d’une machination diabolique ourdie par sa propre femme ? La vérité, vous l’aurez compris, est encore bien plus complexe, et c’est là où réside tout le talent de Thomas H. Cook, auteur que j’ai découvert complètement par hasard, et qui m’a tout autant séduite.

C’est sur le verdict que se referme ce roman au terme d’un suspens très finement mené. Bref, un livre que j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver chaque soir, un livre parfait pour se détendre, un livre à mettre dans ses valises cet été.

 

 

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