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Glacé

Voici quelques mois, j’ai découvert l’auteur de thrillers Bernard Minier avec Une putain d’histoire. J’avais vraiment beaucoup aimé ce roman et avait été étonnée de lire de nombreuses critiques disant que ce roman était bien en deça des premières publications de l’auteur. J’étais donc très curieuse de me plonger dans le premier thriller de Bernard Minier, Glacé, qui lui a valu le grand prix du roman francophone au festival du polar de Cognac et l’a propulsé, d’un seul coup, au Panthéon des auteurs les plus lus en France. Vous l’aurez compris, c’est donc avec un à-priori tout-à-fait positif que j’ai commencé ma lecture.

Las… Le bonheur ne fut pas au rendez-vous. Quelle déception que ce roman ! Je vous en livre ici un résumé : Dans un coin perdu des Pyrénées, on retrouve le corps d’un cheval sans tête accroché à flanc de montagne, sur les installations d’un téléphérique, à 2 000 mètres d’altitude, en plein hiver. Comme ledit cheval était un pur-sang hors-norme, qu’il appartenait, de surcroît, à l’un des hommes d’affaires les plus riches de France, la gendarmerie et la police se mettent d’accord pour envoyer sur place leurs plus fins limiers. Alors que l’enquête piétine, on découvre le corps du pharmacien de la ville voisine pendu à un pont, simplement vêtu d’une cape noire et de bottes. Les deux affaires sont-elle liées ? Tout se complique quand on apprend que l’ADN d’un dangereux psychopathe, tueur en série, interné dans la clinique psychiatrique ultra-sécurisée voisine, a été retrouvé sur les lieux des deux crimes.

Mon avis sera pour le moins tranché : Je n’ai rien aimé dans ce roman qui m’a agacée dès le départ. Agacée, parce que, d’entrée, j’ai été heurtée par les invraisemblances du scénario. La clinique psychiatrique, d’abord. Qui pour croire en cette clinique privée qui reçoit, dans une espèce de bunker fortifié, les pires criminels psychopathes de toute l’Europe, avec un personnel soignant glauque à souhait ? Sans parler des clichés (le directeur qui est évidemment l’amant de son infirmière-chef, caricature de la nymphomane…). L’histoire ne m’a pas non plus convaincue : Sans trop en dévoiler de l’intrigue, le scénario des différents crimes est complètement absurde, avec beaucoup trop de complices, dont on achète le silence, comme si c’était aussi simple. La raison même des crimes – une vengeance – est invraisemblable, avec un, une ou des criminels absolument pas crédibles, parce que complètement grotesques, voire illuminés. Et cela ne colle pas du tout avec la position professionnelle et sociale qu’il, elle, ou ils occupent, par ailleurs. Pour faire court, il, elle ou ils n’avaient absolument pas besoin de monter un scénario aussi alambiqué pour se venger. Comme si Bernard Minier avait voulu trop en faire pour ajouter dans le grandiloquent. Pour vous résumer le truc (en essayant de ne pas trop en dire quand-même), le/la/les criminels tuent le pharmacien et le mettent en scène, nu avec une cape et des bottes. Mais cette mise-en-scène risque d’aiguiller les enquêteurs vers le/la/les coupables quand ils vont comprendre qu’il s’agit d’une vengeance. Du coup, le/la/les criminels tuent à nouveau « pour rien », juste pour éloigner les soupçons des enquêteurs et les embrouiller. N’aurait-il pas été plus simple pour le/la/les assassins de ne pas mettre en place tout ce cinéma qui les désigne ? De tuer pour se venger, « et c’est tout », comme généralement cela se passe dans les faits-divers réels ? Mais forcément,  Bernard Minier a dû penser que, question suspens, il était un peu court.

Que dire aussi de ce personnage placé du coté des « gentils insoupçonnables » sur qui, soudainement, pèse malgré tout tous les soupçons, dont on prépare minutieusement l’arrestation, mais qui finalement n’est pas coupable ? Pourquoi ? Ben, juste parce que l’enquêteur principal, Martin Servaz, sait que finalement ce n’est pas elle ou lui. Comment ? Ben, il le dira pas. Facile, non ? En même temps, vu qu’il restait environ un quart du roman à lire à ce moment-là, nous lecteurs, avions compris  avant même l’inspecteur que ce ne pouvait pas être cette personne, le ou la criminel(le). Quant à la poursuite finale du/de la/des criminels, pimentée par l’évasion du plus dangereux des dangereux psychopathes de la clinique, elle m’a juste ennuyée. J’ai d’ailleurs passé quelques pages pour arriver à la fin. (Enfin).

Bref, je ne comprends pas comment ce roman a pu être autant encensé. Ce n’est pas demain la veille qu’on me surprendra avec un thriller de Bernard Minier entre les mains.

La nuit des corbeaux

la nuit des corbeauxJe viens de terminer La nuit des Corbeaux (édition Presses de la Cité), un thriller de John Connolly,  auteur que je connaissais de nom mais que je n’avais encore jamais lu. Après en avoir fini avec un roman qui m’avait laissée sur ma faim, je souhaitais me plonger dans un livre haletant dont j’aurais eu du mal à lâcher la lecture. Les thrillers de John Connolly, unanimement salués par la critique, me paraissaient être ce qui convenait le plus à mon humeur du moment. J’ai donc pioché, un peu au hasard dans le rayon très fourni des « John Connolly » d’une librairie,  La nuit des Corbeaux. 

C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Charlie Parker, détective privé et héros récurrent de John Connolly. Celui-ci est appelé en renfort à Pastor’s Bay, petite ville de l’état du Maine aux Etats-Unis, par une avocate, Aimee Price, dont le client reçoit des lettres anonymes menaçantes. Il faut dire que le client en question, Randall Haight, n’est pas un saint : Condamné à 18 ans de prison pour avoir tenté de violer et assassiné une jeune fille de 14 ans, alors qu’il était lui-même adolescent. Randall Haight avait, à l’époque, tenté de tout mettre sur le dos de son comparse, Lonny Midas. Il n’empêche… Quelqu’un semble avoir eu vent de son passé et essaie de lui faire payer. C’est d’autant plus inquiétant qu’une jeune fille de 14 ans vient de disparaître dans cette petite ville jusqu’alors si tranquille. Charlie Parker n’a pas fini d’être surpris…

Disons-le d’entrée : Ce livre offre son lot de rebondissements qu’on ne voit pas venir et c’est sans doute en cela que John Connolly est très fort. Donc, oui, ce roman m’a réellement captivée pendant la dernière centaine de pages sur les 500 , en format « poche », qu’il comporte. Je suis beaucoup plus mitigée sur le reste de ma lecture. J’ai trouvé, en effet, que ce livre était lent, trop lent et j’ai d’ailleurs mis beaucoup de temps à le lire. Parti pris, sans doute, de l’auteur qui ne m’a pas convaincue. Peut-être, aussi, n’ai-je pas choisi le bon livre pour découvrir John Connolly ? La nuit des Corbeaux se passe, en effet, pour une bonne part dans le Milieu bostonien. J’avoue ne pas être fan du tout de ce genre d’ambiance (parfaitement rendue par ailleurs par l’auteur) où les coups, et plus généralement la violence, sont partout.

Avis mitigé sur ce roman, donc, mais je ne m’interdit pas de lire d’autres thrillers de cet auteur, à condition toutefois, que le décor ne soit pas le même.

 

 

Une putain d’histoire

putain d'histoireDe Bernard Minier, je ne connaissais que le nom que j’entends à la radio à chaque sortie de l’un de ses romans. Au ton employé par la personne chargée d’en faire la publicité, j’avais compris qu’il était auteur de thrillers et qu’il était l’un des romanciers français à vendre le plus dans l’hexagone. Et puis, cet été, en vacances dans la famille, j’ai vu l’une de mes cousines complètement happée par la lecture d’un roman de Bernard Minier. Il s’avère que mes dernières lectures ne m’avaient pas vraiment emballée, j’avais vraiment envie de retrouver cette sensation incomparable d’être prise par la lecture d’un livre jusqu’à avoir du mal à le poser 5 minutes.

J’ai acheté un roman de Bernard Minier. Le seul qui se trouvait au rayon livres du supermarché où je fais mes courses : Une putain d’histoire, en format poche, mais paru initialement aux éditions XO. Les critiques lues par ci par là étaient assez unanimes pour dire que ce n’était pas le meilleur de cet auteur révélé en 2011 par son premier thriller Glacé. C’est donc un peu circonspecte que j’en ai commencé la lecture. Mais avant de vous donner mon avis, commençons par le synopsis.

Sur une île au large de Seattle aux Etats-Unis, Henry, 16 ans, vit, heureux, avec ses deux mamans, Liv et France, un couple de lesbiennes qui l’a adopté quand il avait trois ans, après le décès de sa mère biologique qui l’élevait seule. Tout bascule toutefois quand sa petite amie, Naomie, est retrouvée assassinée sur une plage de l’île, tandis que sa mère demeure introuvable. Henry est effondré. Mais très vite, les images de vidéosurveillance qui montrent la violente dispute qui l’a opposé à Naomie sur le ferry qui les ramenait du lycée jusqu’à l’île la veille de la découverte du corps, le font passer d’amoureux désespéré à suspect numéro 1. Bien décidé à prouver son innocence, Henry se met en tête de découvrir la vérité, aidé par trois de ses amis lycéens. Sans imaginer une seconde qu’ils vont mettre les mains dans des secrets peu ragoutants dont un mystérieux maître-chanteur profite d’ailleurs pour s’en mettre plein les poches… La petite île tranquille n’est peut-être aussi tranquille qu’elle n’y paraît.

Ce roman m’a transportée de bout en bout. J’ai d’abord beaucoup aimé l’ambiance américaine décrite par Bernard Minier. Elle m’a paru tellement réaliste (bien que je n’ai jamais mis les pieds aux Etats-Unis) que, parfois, lisant une allusion à une actualité française, je me suis surprise à penser : « C’est sympa pour un auteur américain de mettre la France en avant dans ses romans » avant de me rappeler qu’il était écrit par un compatriote. J’ai adoré aussi la façon dont Bernard Minier fait monter la pression et le suspens, la façon dont il sème les fausses pistes. Evidemment, comme tout bon auteur de thriller, il sait aussi parfaitement poser ses rebondissements… juste avant de repartir sur un autre personnage afin de nous laisser tout le temps nécessaire pour cogiter sur cet élément nouveau qui vient mettre par terre toutes nos hypothèses… Bref, c’est un roman haletant jusqu’à ses toutes dernières pages qu’on a beaucoup, beaucoup de mal à lâcher une fois qu’on l’a entre les mains.

J’ai lu ici ou là que l’histoire manquait de crédibilité et qu’un tel scénario, dont toutes les pièces tombent à chaque fois au bon moment sans anicroche, c’est vrai, était sans doute plus facile à mettre en place dans la tête d’un romancier que dans la vie réelle. Peut-être… Mais personnellement, je n’ai pas eu ce sentiment. Sans doute parce qu’Une putain d’histoire est le premier roman de Bernard Minier que je lis et que l’on est peut-être plus indulgent avec les romanciers que l’on découvre pour la première fois.

En revanche, s’il est une chose qui m’a paru invraisemblable, c’est de mettre à plusieurs reprises de l’imparfait du subjonctif dans la bouche d’Henry, je le rappelle, un adolescent de 16 ans. Là, oui, pour le coup, je me suis dis que c’était un peu « too much ».

Mais ne boudons pas notre plaisir, ce roman de Bernard Minier, sans doute pas le meilleur de l’année sur un plan littéraire, remplit parfaitement son office : Nous faire passer un putain de bon moment de lecture.

 

Il est toujours minuit quelque part

C’est le titre qui m’a d’abord intriguée. Le résumé de l’histoire était, lui aussi, bien alléchant. Quant à l’auteur, Cédric Lalaury, je ne le connaissais pas du tout. Normal, me direz-vous, Il est toujours minuit quelque part est son premier roman édité, suite à un concours littéraire organisé par les éditions Préludes qu’il a gagné. Il n’en fallait pas plus pour que je fasse une demande de lecture à cette maison d’édition via le site Netgalley. Demande qui m’a été accordé.

Commençons par l’histoire de ce roman qui se présente « comme un thriller que le lecteur aura du mal à lâcher ». William -Bill- Herrington est un éminent professeur de littérature anglosaxone, passionné par Henry James, qui enseigne dans une brillante université américaine. La cinquantaine approchant, marié, père de deux adolescentes, il mène une vie bourgeoise et sans histoire. Jusqu’au jour où Bill Herrington trouve dans son casier à l’université un roman écrit par un jeune auteur inconnu qui raconte mot pour mot une histoire qu’il a vécue il y a plus de vingt ans lorsqu’il était étudiant. Une histoire qui s’était terminée par un meurtre et qu’il avait soigneusement décidée d’oublier. Le professeur Herrington, déjà bouleversé par la lecture de ce livre, l’est encore plus quand il comprend que des proches -qui ignorent évidemment tout de cette histoire- ont également reçu le roman et que lui-même reçoit des textos menaçants et anonymes émanant d’un numéro inconnu dont il pense qu’il appartient à l’auteur du livre, un certain Richard -Dick- Kirkpatrick. La machine est lancée…

Soyons francs, la publicité n’est pas mensongère quand l’éditeur annonce que le lecteur aura du mal à lâcher ce thriller. En tous cas, j’ai eu, moi, bien du mal à le lâcher, et cela, dès les premières pages. Il n’y a aucune longueur, l’écriture est efficace et elle se lit très facilement. On est tout de suite emporté par l’histoire et on se laisse surprendre, autant que le malheureux héros, par les rebondissements qui parsèment le récit. On assiste aussi, impuissants, à une espèces de descente en enfer du pauvre Bill Herrington dont on se demande, haletants, jusqu’où elle va aller et surtout, quand et comment elle va s’arrêter.

Au delà de l’histoire en elle-même, ce roman est aussi un habile questionnement sur la culpabilité et sur les ravages qu’elle peut provoquer. C’est aussi un livre sur la douleur et sur le besoin de vengeance qui en découle parfois.

J’ai lu ici ou là que le rebondissement final n’était pas à la hauteur du suspens qui monte au fil des pages. Je n’ai, personnellement, pas été déçue. Je n’ai rien vu venir et cette lecture a constitué une excellente distraction pendant quelques jours trop courts.

La disparue de Noël

la disparue de noëlVoici une lecture de circonstances que m’ont offerte les éditions Le Cercle.Belfond via le site Netgalley. La disparue de Noël est un thriller écrit par la Britannique Rachel Abbott. L’inspecteur Tom Douglas qui mène l’enquête est, apparemment, un habitué des romans de cette auteure. J’écris « apparemment » parce que, personnellement, je ne connaissais pas du tout Rachel Abbott et avant La disparue de Noël, je n’avais rien lu d’elle.

Quelques jours avant Noël, 8 ans avant le début du roman, quelque part en Angleterre, Caroline Joseph a un grave accident de voiture avec sa fille de 6 ans, Nathasha. La jeune mère est tuée sur le coup. Quant à Nathasha, elle disparaît avant l’arrivée des secours et reste introuvable malgré l’énorme dispositif mis en place.

8 ans après, David Joseph, veuf de Caroline et père de Nathasha, a épousé Emma. Ils ont un petit garçon d’à peine 18 mois, Oliver, dit « Ollie ». Très riche banquier d’affaires, David croit avoir enfin retrouvé le bonheur quand une jeune fille de 13 ans débarque un jour chez lui. Immédiatement, David reconnaît Natasha. La vie du nouveau couple bascule alors dans un cauchemar sans nom…

Selon les termes consacrés, ce thriller est vraiment des plus efficaces. Une fois qu’on l’a commencé, difficile de le lâcher. D’autant que plusieurs énigmes, dont l’une est directement liée à l’inspecteur Tom Douglas, viennent s’entremêler et que les rebondissements ne manquent pas. Les amateurs du genre seront conquis. Pour ma part, même si j’ai pris plaisir à lire ce roman et qu’il a été un excellent divertissement, j’avoue avoir été un peu déçue par l’impression d’invraisemblance qui se dégage de l’ensemble. Evidemment, l’enquête est menée tambour battant, sans temps mort, sans presque laisser le temps de respirer au lecteur mais, du coup, il y a comme une impression de « trop ». J’ai vraiment du mal à pouvoir imaginer un tel scénario « dans la vraie vie ».

En revanche, j’ai beaucoup aimé l’épilogue du roman, pas du tout en forme « d’happy end » à l’américaine. La très large place qu’il laisse à l’émotion et à l’espoir m’a réellement touchée.

Ragdoll

J’avais énormément entendu parler de ce thriller britannique sorti il y a quelques mois (collection La Bête Noire chez Robert Laffont, traduction française de Natalie Beunat). Ragdoll, premier roman de Daniel Cole, trentenaire, ancien ambulancier et résident à Bournemouth, était, de l’avis général : « Un coup d’essai, coup de maître, un thriller à couper le souffle, dans la même veine que Seven ». D’un roman précédé d’autant de louanges, j’attendais donc beaucoup. Trop, peut-être ? Parce que si j’ai aimé Ragdoll, il n’est pas non plus le coup de cœur que j’attendais.

Je vous en livre ici le résumé : Il y a quelques années, Naguib Khalid, tueur en série plus connu sous le surnom du « tueur crématiste » a tué et brûlé 27 enfants en 27 jours. Toutefois, lors de son procès très médiatique, son avocat arrive à insuffler le doute dans l’esprit des jurés. Malgré une enquête irréprochable et de nombreux faits concordants, Naguib Khalid n’a, en effet, jamais avoué. Jugé non coupable, Naguib Khalid est libéré. Quelques temps plus tard, il est pris en flagrant délit alors qu’il commet son 28ème crime…

Quelques années plus tard, l’inspecteur William Oliver Layton-Fawkes, plus connu sous l’acronyme de « Wolf », qui a concouru à faire tomber Naguib Khalid, est appelé sur les lieux d’un crime particulièrement odieux : La victime est, en fait, reconstituée à partir des morceaux de corps de six personnes. Les enquêteurs, qui s’aperçoivent très vite que sa tête est celle de Naguib Khalid, la surnomme « Ragdoll », « poupée de chiffon » en anglais. Dans le même temps, le mystérieux assassin dresse une liste de six prochaines victimes, avec la date de leur exécution. La sixième personne est l’inspecteur Wolf.

Pourquoi ai-je été déçue ? Pas par l’écriture, en tout cas. La traduction est parfaite et le livre se lit tout seul. Pas par le suspens, non plus : L’auteur excelle à faire monter la tension et à distiller, au compte-goutte, des indices. Sacrée trouvaille que ce décompte vers la mort de six personnes, dont on se demande à chaque fois si elles vont pouvoir être sauvées ou non et comment le tueur va s’y prendre pour les exécuter. Pas à cause du côté « gore » non plus. Daniel Cole n’est pas Franck Thilliez. Il ne s’amuse pas à décrire en long, en large et en travers les scènes de crime avec force détails glauques. Non, ce qui m’a déçue, c’est le dénouement. A mi-parcours du roman, j’avais deviné qui était aux manettes, par déduction, après avoir testé et recalé d’autres suspects. En revanche, je n’arrivais pas à comprendre comment « mon » tueur présumé s’y prenait pour tirer les ficelles. La réponse apportée par l’auteur quelques pages avant la fin ne m’a pas convaincue. J’ai trouvé cela un peu trop invraisemblable, comme si l’auteur, qui maîtrise pourtant parfaitement son scénario, avait voulu trop en faire pour son final. Pour résumé : C’est une lecture qui m’a passionnée pendant les 3/4 du roman et qui m’a laissée sur ma faim pendant le dernier quart. Dommage. Vraiment dommage.

 

D’après une histoire vraie

Sorti en 2015 chez Jean-Claude Lattès (mais désormais disponible en format poche), D’après une histoire vraie a valu à son auteure, Delphine de Vigan, le prix Renaudot et le prix Goncourt des lycéens. Je connaissais Delphine de Vigan comme une auteure à succès « à la mode » mais je n’avais encore rien lu d’elle, peut-être parce que je la trouvais un peu trop à la mode, justement. Argumentation un peu courte, j’en conviens, et parfaitement injustifiée. Le premier roman que je lis de cette auteure  m’a, en effet, proprement happée. Je dirais même plus (comme dirait l’autre), D’après une histoire vraie est sans doute le thriller qui m’a le plus déstabilisée, interrogée et émue aussi, depuis très longtemps. Même une fois le livre refermé, j’ai continué d’y penser, de m’interroger encore et encore. Avec en fond : Où est la vérité ? Où est la fiction ? Qui a menti ? Qui a dit vrai ? Et finalement, qui a écrit ce livre ?

D’après une histoire vrai met en scène Delphine, auteure à succès d’une quarantaine d’années, qui vient de connaître un nouveau succès avec son dernier roman, très largement autobiographique. Toute ressemblance avec Delphine de Vigan n’est pas du tout fortuite. Et c’est cela qui trouble le lecteur dès les premières pages : Est-on en train de lire une histoire qui est réellement arrivée à Delphine de Vigan ? Alors que Delphine réfléchit à l’écriture d’un nouveau roman, elle rencontre L. lors d’une soirée chez des amis. Charmée par le charisme de cette jeune femme, par son assurance, son allure,  Delphine ne voit pas combien elle s’immisce petit à petit dans sa vie. Insidieusement. Jusqu’à la contrôler complètement. Jusqu’à faire de Delphine sa marionnette… Et jusqu’où encore ?

L’histoire commence gentiment et puis, une mécanique, redoutable, se met en place. Qui est vraiment Delphine ? Qui est L., à la fois si présente et si fictive ? Le lecteur, impuissant, n’a pas d’autre choix que de se laisser embarquer sans vraiment savoir où cela va le mener. Et quand, à une cinquantaine de pages de la fin, il pense être arrivé au dénouement (qui, pour ma part, m’avait un peu déçue, sur le mode « tout ça, pour ça »), il s’aperçoit très vite que ce dénouement n’est qu’un leurre, une étape supplémentaire pour lui faire perdre ses dernières certitudes… Et là, on est vraiment obligé de se dire que Delphine de Vigan a du talent. Beaucoup de talent.

La fille du train

la-fille-du-trainEvidemment, en vous parlant aujourd’hui seulement de La fille du train de la Britannique Paula Hawkins (paru aux Editions Sonatine et désormais disponible en format poche), je ne fais pas tellement preuve d’avant-gardisme… Ce thriller s’est déjà vendu à 2 ou 3 millions d’exemplaires dans le monde et il a été adapté au cinéma par Hollywood sous le même titre (sortie en octobre 2016). Mais voilà. J’étais complètement passée à côté de ce phénomène d’édition. Il aura fallu une critique élogieuse de « Télérama » sur la page de garde de l’édition poche pour que je sois tentée de le lire. Non pas que je prenne pour argent comptant les critiques des gens de Télérama (leur côté intello-élitiste-parisiano-gauchiste m’agace parfois) mais, là, je ne sais pas pourquoi, j’ai eu envie de leur faire confiance. Et j’ai bien fait !

La fille du train ne se lit pas. Il se dévore. C’est un thriller psychologique au suspens haletant, subtilement amené, qui multiplie les fausses pistes, sans temps mort. J’ai tout aimé dans ce roman : La façon dont l’auteur fait se croiser trois destins de femmes, qui, tour à tour, deviennent les narratrices. L’écriture de Paula Hawkins, son regard sur les personnalités « borderline », sur l’alcoolisme, sur le désir d’enfant inassouvi dont elle dépeint les effets dévastateurs avec un grand réalisme. Tout sonne juste dans ce polar, qui démarre très gentiment, pour se terminer dans une ambiance glaçante, après avoir gravi tous les échelons de l’angoisse jusqu’à la paranoïa.

En voici l’histoire : Rachel, banlieusarde d’une trentaine d’années, divorcée, sans enfant, vit en colocation avec une amie. Alcoolique, chômeuse, elle continue de prendre le train pour Londres chaque matin et chaque soir. Pour ne pas avouer qu’elle a perdu son emploi parce qu’elle est arrivée ivre à une réunion de travail. Pour passer le temps et oublier sa vie pas très folichonne, Rachel a pris l’habitude d’observer, chaque jour, les habitants d’une maison dont le jardin longe la voie ferrée, au moment où son train ralentit pour respecter un feu de signalisation. C’est un jeune couple qui ressemble au couple qu’elle a formé avec son ex-mari, un jeune couple qu’elle espère parfait et dont elle s’approprie la vie à travers ses apparitions furtives dans le jardin ou sur le balcon de la maison. Elle leur a même trouvé des noms : Jess et Jason. Un jour, Rachel est stupéfaite. Elle découvre, dans le jardin, Jess en train d’embrasser un homme qui n’est manifestement pas Jason. Tous les rêves de perfection de Rachel s’effondrent. Mais celle-ci n’est pas au bout de ses surprises : Le surlendemain, en lisant le journal, elle reconnaît, sur une pleine page, la photo de Jess, qui s’appelle en réalité Megan : Celle-ci a disparu depuis deux jours. Rachel est bien décidé à éclaircir l’affaire. Quitte à exhumer des secrets de famille inavouables…

Prêt à vous lancer dans la lecture d’un roman que vous ne pourrez plus lâcher ? Alors, précipitez-vous sur La fille du train !

 

 

 

 

Jean-Michel Leboulanger, une vie entre Bretagne et Japon

Ecouter Jean-Michel Leboulanger, c’est écouter un homme profondément passionné : Passionné par ses livres, passionné par le parcours littéraire qui l’a mené jusqu’à la publication d’un premier manuscrit par une maison d’édition reconnue, passionné par la culture nippone qu’il connaît sur le bout des doigts et enfin passionné par les rencontres qu’il fait avec ses lecteurs et les amitiés qu’il noue. Bref, écouter Jean-Michel Leboulanger, c’est assez… passionnant ! Je vous livre ici une partie de notre heure et demi de conversation à bâtons rompus, en espérant que vous la trouverait, comment dire ?… passionnante ?

  • Bonjour Jean-Michel Leboulanger et un grand merci d’avoir accepté de répondre à mes questions. Si vous commenciez par vous présenter aux lecteurs du blog ?

« Alors, pour faire court, sinon, on va y passer des heures…  Je suis né à Saint-Malo, d’un père breton et d’une mère normande. On ne peut pas faire pire mélange ! (Rires). Je travaille dans la formation professionnelle après avoir longtemps été responsable logistique dans le secteur automobile. Signe particulier : A 50 ans, j’ai tout envoyé valser ! »

jm-leboulanger

  • Ah ? Et comment cela s’est-il traduit ?

« Par un changement de vie radical et surtout, surtout, par la réalisation d’un rêve que je caressais depuis longtemps : Partir seul au Japon, un pays qui me fascinait depuis l’adolescence et que j’avais découvert grâce à certains de ses écrivains, Yukio Mishima, en particulier. Cette passion m’avait même amené à devenir collectionneur de bonsaïs et de petites sculptures traditionnelles japonaises en ivoire. Bref. Je suis parti, seul, pendant un mois et cela a été comme une révélation. Ce pays, c’était le mien ! Depuis, j’y retourne très régulièrement pour des séjours de quelques semaines et à chaque fois que j’y reviens, c’est comme si j’étais parti de la veille, comme si un fil invisible me reliait à ce pays ».

  • On comprends d’autant mieux qu’un de vos romans Un kimono pour linceul se passe au Japon, pays que vous décrivez d’ailleurs avec une très grande précision, ce qui donne vraiment l’impression au lecteur d’y être. En lisant vos mots, votre passion pour ce pays ressort à chaque page.

« Oui, j’ai commencé ce roman après mon premier voyage au Japon en 2009. J’ai mis quatre ans à l’écrire. Entre temps, j’en ai même écrit un autre, Salverney. J’avais besoin de parler du Japon, de décrire ce pays, de parler de sa culture qui me fascine, de ses traditions. J’ai choisi de le faire par le biais d’un thriller, genre qui, de mon point de vue, permet d’aborder le mieux tous les sujets de société. Mais je voulais aussi y associer une belle histoire d’amour qui traduirait mon amour pour ce pays et ses habitants. Voilà comment est né Un kimono pour linceul dont l’histoire se passe dans le milieu des Yakusa, la mafia japonaise, dont la violence et la cruauté feraient passer les membres de la Camorra milanaise pour des enfants de cœur ! C’était aussi une volonté de ma part de parler de cette organisation criminelle pour mieux en dénoncer les pratiques ».

  • Votre roman Un kimono pour linceul est-il votre première incursion dans la littérature ?

« Oh que non ! Je pense que j’écris depuis l’âge de 10 ou 11 ans. Je dois avouer que beaucoup de ma production de l’époque n’a jamais abouti. (Rires). Vers 25 ans, j’ai terminé un premier roman . Ce roman est resté dans un tiroir et il n’en sortira pas parce qu’en toute franchise, il était vraiment mauvais. Vers 2003-2004, soit bien plus tard, je me suis remis à l’écriture par le biais de mon blog où je publiais des petits feuilletons. A ma grande surprise, j’ai eu assez vite un bon noyau de lecteurs. Le jour où mes petits feuilletons sont devenu un roman, où il était d’ailleurs beaucoup question de moi -Je pense que la plupart des gens qui écrivent commencent d’abord par parler d’eux- le jour, donc, où ce roman a été terminé, je l’ai autoédité. Chambre avec vue a eu son petit succès dans mon réseau et même au delà. J’ai donc poursuivi avec Six jours à Beyrouth, autoédité également, qui, là encore, a plutôt bien marché. Ce qui m’a donné envie de le proposer à des maisons d’édition. Mais aucune ne l’a accepté ».

  • Vous continuez à écrire malgré tout ? Pas de découragement ?

« Oui, j’ai continué à écrire, parce que c’est une passion. Et puis, tout compte fait, je me sentais bien dans l’autoédition. J’avais mon petit réseau de lecteurs, ce n’était pas désagréable. J’ai donc autoédité Les Aigles de Vienne, un thriller sur fond de chasse au nazisme. Avec du recul, je pense que ce roman n’était peut-être pas assez abouti, puis j’ai continué avec Entre les pages, sans doute le roman que je préfère avec Un kimono pour linceul. Plutôt satisfait de cette production, j’ai envoyé le manuscrit dans plusieurs maisons d’édition parisiennes. Mais je n’ai reçu que des réponses négatives, toutefois avec des avis détaillés et argumentés encourageants qui m’ont convaincu que je n’étais pas loin du but, qu’il ne me restait plus qu’une marche à gravir pour espérer convaincre un éditeur. Mais que cette marche était haute ».

  • Donc, lorsqu’ensuite vous écrivez Un Kimono pour linceul, vous n’êtes plus un auteur néophyte ?

« Non, en effet ! Je commence Un kimono pour linceul, puis, j’arrête, trop marqué par un évènement personnel. Je commence alors Salverney, dont l’intrigue se passe dans les îles anglo-normandes. Puis, je termine Un kimono pour linceul. Je sens qu’avec ces deux livres, mon écriture a encore progressé. Par le biais d’un ami écrivain, j’entends justement parler des Editions du 38, une maison d’édition toulousaine. Sans y croire vraiment, je leur envoie le manuscrit de Salverney. Deux jours après, on m’appelle, enthousiaste, pour me dire que le manuscrit est accepté et pour me demander si je n’en ai pas un autre sous le coude. Je propose donc Un kimono pour linceul. Deux jours se passent encore et on m’annonce que ce manuscrit est aussi accepté. J’étais vraiment comme sur un nuage, je n’en revenais pas. Moi qui galérais depuis dix ans pour me faire publier, voilà qu’en quatre jours, deux de mes manuscrits étaient acceptés. Je dois vous avouer que le choc a été un peu violent. Bon, depuis, je m’en suis remis ! (Rires). Un kimono pour linceul est sorti en janvier 2016 et Salverney, tout récemment, en septembre ».   

  • Vous êtes l’auteur de plusieurs ouvrages, qui se passent dans des endroits et des circonstances complètement différents. Où trouvez-vous votre inspiration ?

« J’ai toujours du mal à répondre à cette question parce que j’ai l’impression que lorsque que je commence un récit, tout est déjà écrit, comme s’il me fallait juste tirer le fil d’une pelote de laine. Ce fil, c’est le début du roman. Très vite, ensuite, j’imagine la fin. Et puis, la pelote se dévide, mes personnages -que j’ai besoin d’imagier physiquement et qui ne me ressemblent pas forcément- vivent leur vie, me font parfois prendre des routes auxquelles je n’avais pas du tout pensé, disent des choses qui peuvent me surprendre. Et puis, finalement, la fin que j’avais imaginée, est tout autre. L’inspiration n’est jamais figée. Tout peut arriver tant que le point final n’est pas posé ».

  • Votre rapport à vos lecteurs : Vous aimez aller à leur rencontre, discuter, partager avec eux ?  

« Echanger avec mes lecteurs est vraiment quelque chose que j’apprécie, qui me fait du bien. C’est souvent très enrichissant, et puis c’est plutôt flatteur de parler avec des gens qui aiment ce que vous faites. Au fil des rencontres, certains d’entre eux sont même devenus des amis. J’avais un peu arrêté les dédicaces parce que, il ne faut pas se le cacher, ça prend du temps et ce n’est pas toujours très marrant quand personne ne vient vous voir. Et puis, récemment, j’ai eu l’occasion de dédicacer au Cultura de Rennes. J’ai vraiment beaucoup, beaucoup apprécié. J’ai fait de belles rencontres, j’ai eu de beaux échanges qui n’ont pas tous débouché sur une signature, mais là n’est pas l’essentiel. Cela m’a vraiment redonné le goût des dédicaces ».

  • Pour conclure, si nous parlions de vos projets ?

« Mes projets ? Eh bien, je suis actuellement en pleine rédaction d’un roman dont l’intrigue se passe en Corée du Nord. Sans trop dévoiler l’intrigue, disons que mon héros va trouver un moyen vraiment très original pour sortir de ce pays. Je n’en dis pas plus. J’ai en projet également de m’essayer à l’écriture d’un polar. Ce sont là des projets à moyen terme. Sinon, il y a de bonnes chances pour que Entre les pages, le roman que j’ai autopublié il y a quelques années sortent en 2017 aux Editions du 38″.

Vous souhaitez lire ou relire la chronique que le blog a consacré à Salverney ? C’est par ici

Vous souhaitez lire ou relire la chronique que le blog a consacré à Un kimono pour linceul ? C’est par

 

 

 

 

Salverney

Je viens de terminer Salverney, un thriller paru aux Editions du 38, écrit par le talentueux Breton Jean-Michel Leboulanger. Cet écrivain-voyageur m’avait déjà séduite avec son premier opus Un kimono pour linceul (chronique à retrouver ici). J’ai encore plus aimé cette deuxième production. Non pas qu’elle soit plus aboutie ou mieux écrite, non. C’est juste que le premier se passait dans un pays lointain que je connais peu, pour ne pas dire pas du tout, alors que l’action de Salverney se situe dans les îles Anglo-Normandes. Or, j’ai une tendresse particulière pour l’Angleterre, un pays situé juste en face de chez moi où je me suis déjà rendue à de très nombreuses reprises. J’ai aimé retrouver dans Salverney l’atmosphère typiquement britannique et parfaitement bien rendue -parce que Jean-Michel Lesalverneyboulanger est très fort dans ses descriptions de paysages et d’atmosphère. Tout cela est très subjectif, j’en conviens…

Donc, Salverney. Salverney est une minuscule île anglo-normande perdue entre Guernesey et Jersey que l’auteur a créée de toutes pièces pour les besoins de son thriller et « pour ménager les susceptibilités » écrit-il en préambule. Cette petite île de deux kilomètres de long sur autant de large vit tranquillement avec ses quelques dizaines d’habitants, son pub, son magasin et son hôtel d’à peine quelques chambres. La vie y est simple : A Salverney, on est, soit pêcheur soit producteur de légumes primeurs, écoulés chaque semaine à Jersey. Tout le monde se connaît, bien-sûr, et les touristes sont peu nombreux. Alors quand Ian Debaeker, un photographe français, débarque pour quelques semaines pour -officiellement- faire un reportage photos de l’île, on le regarde d’un œil dubitatif. Pour ne pas dire méfiant. Surtout que son arrivée provoque une succession d’évènements bizarres comme Salverney n’en a jamais connu, avec un taux de mortalité qui s’envole soudainement. Mais qu’est donc venu chercher Ian Debaeker à Salverney ? Quel mystérieux dessein poursuit-il ?

Je préviens les lecteurs de ce billet : Une fois que vous aurez en mains Salverney, vous aurez du mal à le lâcher. L’histoire se met en place « gentiment », on se laisse emporter par les descriptions de l’auteur, sans trop savoir où il nous emmène sur cette île perdue mais cette promenade est très agréable et vaut le détour. Et puis, le suspens se met en place. La construction est parfaitement bien huilée, avec des personnages qui cachent, tous ou presque, une faille. Réussir à démêler l’écheveau se révèle très vite impossible, d’autant que l’auteur maîtrise parfaitement l’art des retournements de situation et des surprises, qui mettent par terre les hypothèses que les lecteurs n’auront pas manqué d’échafauder. Bref, un thriller haletant qui ne tombe jamais dans le gore ou la violence gratuite, à dévorer sans tarder !