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Ta vie ou la mienne

ta vie ou la mienneTa vie ou la mienne est un premier roman, écrit par Guillaume Para (journaliste politique à Paris) et publié aux éditions Anne Carrière. Ta vie ou la mienne est une belle romance écrite d’une plume légère et très plaisante, une belle romance qui ne tombe jamais dans la guimauve et la mièvrerie, comme c’est hélas, trop souvent le cas dans ce type de littérature.  (cf Agnès Ledig ou Agnès Martin-Lugand).

J’ai pris énormément de plaisir à lire ce court roman (200 pages à peine), avalé en l’espace de deux soirées. Il raconte l’histoire d’Hamed, enfant de Sevran, banlieue défavorisée de Paris. Nous sommes dans les années 1990. Elevé par son père et son frère, au milieu des caïds et des règlements de compte, Hamed débarque chez un oncle et une tante à 13 ans à Saint-Cloud, l’une des communes les plus huppées de l’Ouest parisien, suite au décès de son père. Ses oncle et tante ne sont pas riches, ils habitent un quartier populaire de Saint-Cloud. Mais, dans cette ville diamétralement opposée à Sevran, Hamed fait connaissance avec des jeunes de son âge, issus de la bourgeoisie, François et Léa. Tout les oppose et pourtant, c’est une grande histoire d’amitié qui commence entre ces trois là, au delà de leurs différences de cultures, d’éducation et de moyens. Passionné par le football, sport pour lequel il a un véritable don, Hamed monte un à un les échelons de la compétition jusqu’à devenir professionnel dans l’équipe première d’Auxerre, alors l’un des plus grands clubs de ligue 1. Dans le même temps, une histoire d’amour se noue entre Léa et lui, sous l’oeil un peu jaloux de François, lui aussi amoureux de la jeune fille. Jusqu’à ce qu’un drame intervienne, faisant basculer Hamed dans un monde où seule la violence fait loi et anéantissant tous ses projets personnels et professionnels. Dans quel état revient-on de l’enfer ?

Guillaume Para a incontestablement un vrai talent d’écriture. On est littéralement happé par cette histoire et ses personnages si bien construits auxquels on ne peut que s’attacher. Comme je l’ai dit en préambule, pas de guimauve ici, pas de hasards qui tombent trop bien. Non, en bon journaliste, Guillaume Para excelle à décrire des situations qui sonnent vrais, tant dans son traitement de la banlieue que de l’univers carcéral. Prise par l’histoire, je n’ai rien vu venir non plus des deux rebondissements du récit qui m’ont saisie par surprise.

Au delà, Guillaume Para nous plonge aussi dans l’univers du football et ses codes qui m’étaient jusqu’alors complètement inconnus. C’est un aspect du roman qui m’a beaucoup plu. Il est certain que je ne regarderai plus désormais les footballeurs comme des crétins illettrés qui courent derrière un ballon mais comme des athlètes de haut niveau qui travaillent et sacrifient beaucoup pour arriver là où ils sont. Merci donc à l’auteur de m’avoir ouvert l’esprit et les yeux.

Lisez ce roman qui fait du bien. Et ne soyez pas étonnés, dans les dernières pages, de sentir une grande émotion vous gagner. Si cette histoire avait été un film, j’aurais pleuré à la fin.

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