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Confessions d’une cleptomane

Je ne connaissais pas du tout l’auteure, Florence Noiville, journaliste au journal Le Monde et encore moins le dernier roman qu’elle ait écrit : Confessions d’une cleptomane, récemment paru aux éditions Stock. C’est le titre, rigolo et intrigant, qui m’a fait me pencher sur ce livre et, finalement, décider à le lire. Il raconte l’histoire de Valentine de Lestrange, grande bourgeoise parisienne, femme de ministre qui, malgré son statut ultra-privilégié, ne peut s’empêcher de voler dans les magasins  qu’elle fréquente. Tout comme sa mère et sa grand-mère avant elle. Articles de luxe comme broutilles dans un magasin d’alimentation, tout y passe. Non pas par nécessité mais par plaisir. Plaisir de sentir l’adrénaline monter, plaisir de ressortir s’en s’être fait prendre… Un plaisir tel que Valentine ne peut s’empêcher de recommencer, même si à chaque fois, elle promet que ce sera la dernière. Jusqu’au jour où elle dérobe l’objet qu’elle n’aurait jamais dû voler. Et que sa vie bien ordonnée s’en trouve toute retournée.

Confession d’une cleptomane se lit sans déplaisir. C’est un livre léger, bien écrit qui se dévore très facilement. L’histoire est originale et aborde un thème peu souvent exploité en littérature. La lecture de ce livre offre aussi d’intéressantes explications sur la cleptomanie et tente de comprendre les raisons de cette « névrose », « déviance » qui touche moins de  1 % de la population mondiale, les femmes en étant plus souvent victimes. On apprend, par exemple, que le fait de voler répond à une angoisse extrême qui ne peut être calmée que par le vol et le soulagement qu’il procure. On sent derrière l’auteure de roman poindre la journaliste qui a réellement beaucoup travaillé son sujet, s’est renseigné et a recoupé ses informations avant d’écrire. Bref, un sympathique roman dont j’ai particulièrement aimé la fin très surprenante et qu’on ne voit pas arriver une seule seconde.

Un mariage anglais

mariage anglaisJ’ai terminé Un mariage anglais (éditions Stock) de la Britannique Claire Fuller la semaine dernière, avec des sentiments confus. C’est la raison pour laquelle sans doute, j’ai attendu quelques jours avant d’écrire cette chronique. Parce que je dois bien avouer que je ne sais pas si j’ai aimé ou pas ce livre. En y réfléchissant, je pense que ce roman m’a surtout indifférée et ennuyée et que, finalement, je suis plutôt contente d’en avoir terminé la lecture pour pouvoir passer à autre chose, une lecture bien plus intéressante, par exemple.

Ce roman, qui raconte les désillusions maritales d’une mère de famille mystérieusement disparue, est pourtant très bien écrit et construit. Il y a une belle part de suspens et les rebondissements ne manquent pas. Mais cela ne suffit pas toujours à faire un livre intéressant. Enfin, à mes yeux.

Au fil des chapitres d’Un mariage anglais, l’histoire actuelle d’une famille composée d’un père vieillissant et malade et de ses deux filles, dans la vingtaine, se mêle avec celle, ancienne, de leur épouse et mère, sous forme de lettres que celles-ci a écrites avant de les cacher dans des livres de l’immense bibliothèque de la maison familiale… et de disparaître. C’était 10 ans plus tôt et cela se passe dans une toute petite île du sud de l’Angleterre. De lettre en lettre, on comprend le naufrage que le mariage de ce couple a été, après des débuts pourtant passionnels. Et on se demande s’il y a un lien avec cette disparition mystérieuse. Noyade accidentelle ? Suicide ? Disparition volontaire ? Personne ne sait, d’autant qu’aucun corps n’a jamais été retrouvé. De lettre en lettre, on sent aussi la profonde détresse de cette épouse, qui n’a jamais réussi à fuir un mari paresseux, bohème, menteur et volage (oui, oui, tout ça !) de 20 ans son aîné, et que la vie de mère au foyer insupportait. De lettre en lettre, j’ai fini par détester moi aussi ce père de famille, vieux-beau arrogant et insupportable, soutenu jusqu’au bout de sa maladie par ses filles, qui semblent ignorer tout de la triste vie que leur mère a vécue à cause de son inconsistance, lui, l’écrivain qui connut son heure de gloire avec un unique roman, avant de voir l’inspiration le fuir. De lettre en lettre, on espère enfin comprendre ce qui est arrivé à cette mère de famille. Et pourquoi ? Je dois préciser que mon intérêt pour ce roman s’est réveillé alors que j’atteignais sa trentaine de dernières pages, pensant avoir enfin la réponse à ce « pourquoi » ? Hélas, la fin très ouverte choisie par l’auteure permet toutes les suppositions et a contribué à rendre ce roman encore plus insaisissable à mes yeux.

Bref, un roman qui a beaucoup de qualités, qui décrypte très bien les relations de couple et les désillusions du mariage à côté duquel je suis visiblement passée et dont le souvenir s’effacera très vite de ma mémoire. Dommage… Je remercie néanmoins la plateforme Netgalley et l’éditeur Stock de m’avoir permis de découvrir ce roman.