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Nous dormirons ensemble

Nous dormirons ensemble est un roman très court que j’ai avalé en deux soirées, d’un auteur dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’alors, Pierre Lagier, paru aux éditions Buchet-Chastel. Un livre plaisant, nostalgique, poétique et tendre,  qui intrigue tout au long de la lecture, avec un joli point final mais qui ne me laissera pas non plus un souvenir impérissable. Sans doute parce que l’ensemble manque un peu de vraisemblance tout de même. A moins de le prendre comme un conte, une fable dont la morale pourrait être la suivante : Vis ta vie et dis aux gens que tu les aimes avant qu’il ne soit pas trop.

En voici le résumé : Au seuil de sa mort, le grand-père du narrateur lui remet une grosse lettre à envoyer à une destinatrice dont il n’a jamais entendu parler. Intrigué, évidemment, le narrateur décide d’en savoir plus sur cette destinatrice, un peu triste que son grand-père, dont il était si proche, ait pu avoir un secret dont il ne lui aurait jamais parlé. Ce secret nous emmène au milieu des années 60, dans un petit village du centre de la France où le grand-père, alors âgé d’une trentaine d’années avait l’habitude de passer des vacances avec sa résidence secondaire familiale. Il y fait une rencontre qui va bouleverser sa vie, sans que personne s’en sache rien. Jusqu’à sa mort.

Un beau secret, une jolie histoire mais, comme je l’ai dit plus haut, qui souffre d’un manque crédibilité. De quoi passer, néanmoins, deux bonnes soirées de lecture.

 

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Le secret du mari

le secret du mariCe roman de l’Australienne Liane Moriarty (disponible en édition Le Livre de poche) me faisait de l’oeil depuis longtemps. J’ai finalement craqué il y a quelques semaines mais ressors de cette lecture avec un sentiment mitigé.

L’intrigue se passe dans la banlieue « chic » de Melbourne où se côtoient des familles issues de la classe moyenne supérieure. Il y a d’abord Cécilia, mère de famille accomplie, mariée à un « businessman », redoutable démonstratrice « Tuperwaere » et présidente de l’association des parents d’élèves de l’école privée de ses trois filles.  Il y a Rachel, veuve, mère de famille elle aussi, secrétaire de direction dans l’école précédemment citée, qui pleure toujours sa fille brutalement décédée 30 ans plus tôt. Et enfin, Tess, jeune maman trentenaire qui revient vivre à Melbourne avec son jeune fils chez sa mère, le temps de digérer la trahison de son mari, tombé éperdument amoureux de sa propre cousine. Ces trois familles apparaissent les unes après les autres, sans lien apparent. Et puis, au fil des chapitres, on se rend compte que leurs histoires sont intimement liées par un drame. Ce drame, c’est le fameux « secret du mari » de Cécilia qui donne son titre au livre. Le secret nous est révélé à la moitié du roman (mais personnellement, j’avais deviné bien avant). La suite raconte comment la révélation de ce secret va avoir des conséquences en cascades… jusqu’à la survenue d’un autre drame. Rédempteur.

Si ce livre se laisse lire et offre un très bon suspens, je ne comprends pas comment il a pu susciter autant d’éloges et autant de ventes. « Plus d’un million de lecteurs aux Etats-Unis » annonce même la couverture. Comme indiqué plus haut, on devine assez vite quel est le secret du mari. Et pour ce qui est de la finesse de la psychologie des personnages, on repassera. Globalement, tout est un peu trop gros pour qu’on puisse vraiment y croire. Enfin, j’ai été particulièrement dérangée par le côté très « moralisateur catholique » de l’ensemble. Le roman se passe pendant la semaine sainte, juste avant Pâques. Et ce calendrier est loin d’être anodin. Le dénouement, en effet, repose sur un nouveau drame qui vient en quelque sorte punir le coupable d’un précédent drame pour lequel il n’avait jamais été inquiété. Celui-ci comprend alors tout le mal qu’il a fait et reçoit le pardon de la famille de la victime sur le mode : « Tes péchés t’ont conduit à être puni par Dieu alors nous ne pouvons que te pardonner ». Je caricature un peu mais l’idée est là. En y repensant, on est bien là dans la culture d’une certaine Amérique. Ce n’est peut-être pas si étonnant finalement que ce roman ait connu un tel succès là-bas.