Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

La disparue de Noël

la disparue de noëlVoici une lecture de circonstances que m’ont offerte les éditions Le Cercle.Belfond via le site Netgalley. La disparue de Noël est un thriller écrit par la Britannique Rachel Abbott. L’inspecteur Tom Douglas qui mène l’enquête est, apparemment, un habitué des romans de cette auteure. J’écris « apparemment » parce que, personnellement, je ne connaissais pas du tout Rachel Abbott et avant La disparue de Noël, je n’avais rien lu d’elle.

Quelques jours avant Noël, 8 ans avant le début du roman, quelque part en Angleterre, Caroline Joseph a un grave accident de voiture avec sa fille de 6 ans, Nathasha. La jeune mère est tuée sur le coup. Quant à Nathasha, elle disparaît avant l’arrivée des secours et reste introuvable malgré l’énorme dispositif mis en place.

8 ans après, David Joseph, veuf de Caroline et père de Nathasha, a épousé Emma. Ils ont un petit garçon d’à peine 18 mois, Oliver, dit « Ollie ». Très riche banquier d’affaires, David croit avoir enfin retrouvé le bonheur quand une jeune fille de 13 ans débarque un jour chez lui. Immédiatement, David reconnaît Natasha. La vie du nouveau couple bascule alors dans un cauchemar sans nom…

Selon les termes consacrés, ce thriller est vraiment des plus efficaces. Une fois qu’on l’a commencé, difficile de le lâcher. D’autant que plusieurs énigmes, dont l’une est directement liée à l’inspecteur Tom Douglas, viennent s’entremêler et que les rebondissements ne manquent pas. Les amateurs du genre seront conquis. Pour ma part, même si j’ai pris plaisir à lire ce roman et qu’il a été un excellent divertissement, j’avoue avoir été un peu déçue par l’impression d’invraisemblance qui se dégage de l’ensemble. Evidemment, l’enquête est menée tambour battant, sans temps mort, sans presque laisser le temps de respirer au lecteur mais, du coup, il y a comme une impression de « trop ». J’ai vraiment du mal à pouvoir imaginer un tel scénario « dans la vraie vie ».

En revanche, j’ai beaucoup aimé l’épilogue du roman, pas du tout en forme « d’happy end » à l’américaine. La très large place qu’il laisse à l’émotion et à l’espoir m’a réellement touchée.

Publicités
Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

L’affaire Protheroe

l'affaireL’affaire Protheroe n’est pas à proprement parlé un « grand » roman d’Agatha Christie, comme peuvent l’être Dix petits nègres, Le crime de l’Orient-Express, Le meurtre de Roger Ackroyd ou encore Mort sur le Nil, des romans dont je n’ai jamais rien oublié de l’intrigue une fois lus tant ils m’ont marquée. C’est un roman que j’avais lu il y a déjà longtemps (je crois avoir tout lu d’Agatha Christie) et que j’ai eu plaisir à retrouver dans ma bibliothèque. Je ne me souvenais absolument pas de l’histoire. Le plaisir de m’y replonger était donc deux fois plus grand.

L’affaire Protheroe est sorti en 1930 en Grande-Bretagne, en 1932 en France. J’en ai lu une vieille édition sortie chez France-Loisirs il y a plus de 10 ans. Ce roman met pour la première fois en scène la fameuse Miss Jane Marple, vieille demoiselle attachante dont le plus grand plaisir est de résoudre les meurtres qui ne manquent pas de se produire dans son petit village de St-Mary-Mead en Angleterre. Miss Marple adore rien moins que d’observer ses congénères. Certains diraient espionner. Cette occupation lui permet, en tous cas, de comprendre avant tout le monde (et surtout la police) qui est le meurtrier, en ne quittant quasiment pas sa petite maison au jardin impeccablement entretenu.

Le colonel Protheroe habite avec sa deuxième épouse et sa fille, jeune adulte, à St Mary-Mead où son caractère tatillon et grognon l’ont rendu impopulaire auprès de presque tous habitants du village. Alors qu’il vient de s’arroger le droit de contrôler les comptes de l’église pour s’assurer qu’il n’y a pas de détournement de fond, voilà qu’il est retrouvé assassiné d’une balle dans la tête, dans le bureau même du pasteur. Alors qu’un jeune artiste installé récemment au village, avec qui le colonel s’était violemment disputé, vient s’accuser du crime, Miss Marple décide de mener l’enquête en parallèle de celle de l’antipathique inspecteur Flem, dépêché sur place.

C’est vraiment un chouette moment de lecture que j’ai passé. Quel bonheur de replonger dans ses classiques, de retrouver l’ambiance campagnarde de l’Angleterre des années 30 et ses personnages récurrents :  le vieux major en retraite, le colonel acariâtre, les vieilles filles curieuses, les jeunes filles aux velléités d’émancipation, le doux pasteur et sa femme, l’amant ou l’amante qu’il faut cacher, le respectable notable qui s’avère être un escroc… Quel bonheur de se laisser porter par sa lecture et berner par l’auteur. Car Agatha Christie s’y entend à merveille -forcément- pour multiplier les fausses pistes et les rebondissements jusqu’à ce que, avec une simplicité déconcertante, Miss Marple ne dévoile le nom de l’assassin.

Une bien belle petite récréation littéraire.

Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

Le couple d’à côté

le couple d'à côtéAttention, lecture addictive ! Lorsque j’ai commencé la lecture de Le couple d’à côté de la canadienne (anglophone) Shari Lapena, paru en France aux éditions « Les presses de la Cité », je me m’attendais pas à dévorer ce polar psychologique parfaitement orchestré en si peu de temps. Je pense d’ailleurs ne pas avoir été scotchée autant à un polar depuis ma lecture de La fille du train de Paula Hawkins. (Chronique à retrouver ici).

Je vous livre ici un résumé de l’histoire : Anne et Marco Conti, un couple de trentenaires américains aisés et parents d’un bébé de six mois, Cora, passent la soirée chez leurs voisins mitoyens et amis. La baby-sitter s’étant décommandée au dernier moment, ils ont pris la décision de laisser leur fille dans son berceau chez eux et de venir voir toutes les demi-heures si tout se passe bien. Anne, mère fusionnelle en pleine dépression post-partum et Marco, homme d’affaires au bord de la faillite, traverse une grave crise de couple, qu’ils tentent de dissimuler à leur entourage. Mais tout vole en éclats quand, en rentrant chez eux à 1 h 20, ils s’aperçoivent que leur bébé a disparu.

Comme dans tous les bons polars, l’auteure distille au compte-gouttes des informations sur ses personnages, qui, au fil du roman, les donnent à voir sous un autre jour, donnant un éclairage nouveau à l’énigme. Bien évidemment, le livre comporte aussi ce qu’il faut de  rebondissements pour ménager le suspens et jusqu’à la dernière page alors que l’on pense que tout est désormais résolu.

Ce polar vaut aussi pour  ses personnages. J’ai trouvé Anne et Marco Conti tout à fait convaincants dans leur rôle de parents en plein désespoir, alternant les moments d’espoir et de doutes, les moments où ils sont soudés et ceux où se déchirent. Les rapports humains en situation de crise sont particulièrement bien vus. J’ai beaucoup aimé aussi le personnage de l’inspecteur, à la fois humain mais aussi précis, attentif, perspicace, ne dévoilant ses cartes qu’à la fin, alors qu’il semble être parti sur une mauvaise piste.

Bref, Le couple d’à côté est un vrai roman divertissant que vous aurez du mal à lâcher une fois commencé.

Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

Mrs Creasy a disparu

mrs creasyAlléchée par le titre, par la couverture très colorée et par le bandeau qui annonçait une analogie avec les romans d’Agatha Christie, j’ai fait une demande de service de presse de Mrs Creasy a disparu à son éditeur, HarperCollins, via le site Netgalley.

Ecrit par la Britannique Joanna Cannon, ce roman se passe sous la canicule de l’été 1976 dans une petite ville anglaise. Ou plutôt, il se passe dans une avenue de cette petite ville. Une avenue où les voisins vivent un peu en huis clos et en espionnant plus ou moins ouvertement ce qu’il se passe chez les uns et les autres. C’est dans cette atmosphère étouffante, au propre comme au figuré, qu’un événement vient secouer les habitants : Mrs Creasy, la voisine du n°4, a disparu ! La petite Grace et son amie Tilly, 10 ans, décident de mener l’enquête. Très vite, le voisin du n°11 est soupçonné. Il faut dire qu’il a déjà été mêlé à une étrange histoire, arrivée 10 ans plus tôt. Depuis, dans l’avenue, plus personne ne lui parle.

Ce roman m’a beaucoup surprise. Par sa construction d’abord : Certains chapitres sont narrés par l’auteur, d’autres le sont par la petite Grace. Ces chapitre ont été mes préférés tant l’auteur a réussi à transcrire la candeur de cette petite fille de 10 ans, dont les réactions sont parfaitement réalistes, comme les propos, d’ailleurs. De ce fait, on sourit souvent en les lisant. Par l’histoire elle même ensuite :  Partie pour lire une enquête à la Agatha Christie, dont je suis fan, je me suis retrouvée avec ce que l’on pourrait appeler « un roman psychologique » ou « un roman de moeurs ». Plus qu’une enquête sur une disparition, ce roman est surtout une étude de personnages, qui, tous, cachent une faille : alcoolisme, perte de mémoire, incapacité à quitter le giron maternel, secret honteux inavoué… Ce roman est aussi une étude sur la puissance du groupe, accentué par l’entre-soi dans lequel il évolue, un groupe capable du meilleur comme du pire.

Globalement, j’ai aimé ce livre, j’ai aimé ces personnages borderline. Deux bémols toutefois : Je me suis sentie perdue au début avec la multiplicité des personnages de la rue, désignés sous le nom de « numéro 4 »,  « numéro 11 », « numéro 6 », bref, par le numéro de la maison qu’ils habitent. Cela ne facilite pas la mémorisation. Enfin, j’ai trouvé parfois que ce roman manquait de rythme, que l’histoire traînait, un peu comme si la torpeur qui a gagné les habitants sous la canicule avait aussi gagné le livre.

 

Publié dans Une femme et des livres a lu et a été déçue

Louise…

J’ai rencontré Yvon Le Roy lors d’un salon du livre. Affable, n’hésitant pas à interpeller les visiteurs pour faire la réclame de ses romans, cet auteur m’avait paru bien sympathique. Convainquant, il m’avait en quelques minutes à peine vendu son avant-dernier livre, Louise…, un polar dont l’intrique se passe dans le Nord, ma région natale où je vis toujours, édité aux Editions « Riffle noir ».

Je vous en livre tout de suite ici l’intrigue : Un inconnu est retrouvé mort un beau matin tout à côté d’un des laboratoires de l’Université de Lille I à Villeneuve d’Ascq. Dans le même temps, le responsable informatique dudit laboratoire est porté disparu. C’est le commissaire Archangéli, fraîchement débarqué de sa Corse natale qui est chargé de l’enquête. Peu rompu aux habitudes locales, le commissaire est aussi pressé de résoudre l’affaire par sa hiérarchie, elle-même pressée par la présidence de l’Université, peu enthousiaste à l’idée d’un scandale qui pourrait éclabousser son établissement à quelques jours de la rentrée. L’auteur nous plonge alors dans les arcanes, pas toujours reluisantes, de la recherche universitaire.

J’ai commencé ce polar avec beaucoup d’enthousiasme. J’ai bien aimé l’amorce, les deux ou trois premiers chapitres prometteurs et puis… et puis… j’ai commencé à m’enfoncer dans un ennui profond, très profond. Jusqu’à avoir envie à plusieurs reprises d’abandonner ma lecture. Yvon Le Roy est un auteur néophyte. En lisant son polar, (par ailleurs,très bien écrit),  j’ai eu l’impression qu’il avait voulu trop bien faire. Par peur, peut-être que son lecteur ne perde le fil, il multiplie les dialogues où chacun redit, sous une autre forme, ce qui a déjà été dit quelques pages auparavant. Résultat : Une enquête qui n’avance pas et une histoire qui patine. C’est d’autant plus dommage qu’à la moitié du roman, le rythme s’accélère enfin. J’ai alors eu une pensée pour la journaliste Françoise Giroud, que j’admire beaucoup, et qui écrivait : « Ce n’est pas la peine d’avoir du talent à la cinquième ligne si le lecteur vous a abandonné à la quatrième ». Louise…, c’est exactement ça : Une histoire bien ficelée, avec un suspens bien amené et un rebondissement final bien trouvé… si l’on arrive à passer le cap des 200 premières pages. Dommage, vraiment trop dommage.

Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

Agatha Raisin enquête : La quiche fatale

Il y a déjà quelque temps que j’étais intriguée par la série Agatha Raisin enquête de la britannique M.C. Beaton, dont la traduction française est parue chez Albin Michel (mais désormais disponible en format poche). Le nom improbable de l’héroïne m’avait bien-sûr interpellée, de même que la couverture très colorée de chacun des ouvrages de la série. Pas assez, toutefois, pour me décider à acheter le premier tome. Il aura fallu la chronique élogieuse du tome 4 parue sur le blog de ChocolatCannelle dont vous trouverez le lien ici pour que je me laisse tenter. J’ai donc acheté La quiche fatale, premier tome de la série. Et ce fut un divertissement bien agréable que de le lire. J’écris « divertissement » car rien n’est jamais tout-à-fait sérieux avec Agatha Raisin. Evidemment, tout rapprochement avec Agatha Christie n’est pas du tout fortuit. Il y a le prénom, d’abord, mais aussi ce nom de famille, « Raisin » qui n’est pas sans rappeler le « Poirot » d’Hercule. Et puis, il y a dans cette Agatha Raisin un je ne sais quoi de Miss Marple, en beaucoup plus déjanté s’entend. Le village des Cotswolds (région de l’Ouest de l’Angleterre, au-dessus de la Cornouaille) où cette dynamique et tyrannique célibataire (elle est sans nouvelle de son mari depuis bien trop longtemps pour être encore considérée comme mariée), sans enfant, vient s’établir à l’âge de la retraite après avoir fait fortune en dirigeant une agence de communication et relations publiques à Londres, ressemble en tous points au Saint Mary Mead de Miss Marple. Mêmes cottages coquets, mêmes jardins bien entretenus et verdoyants, même révérend, mêmes dames patronnesses soucieuses du qu’en dira-t-on et de leurs bonnes oeuvres, même major à la retraite, mêmes concours de villages, mêmes pubs où l’on vient refaire le monde devant une pinte ou deux, mêmes rituels autour du thé… Ambiance british à 200 %. Seulement, Agatha Raisin est beaucoup plus rock’n Roll que Miss Marple ne le fut. Pourtant, si son arrivée ne passe pas inaperçue, elle ne révolutionne pas non plus plus la vie du village. Pour tuer l’ennui, Agatha Raisin tente le tout pour le tout : Participer au concours de quiches maison organisé par le comité des dames local. Hélas, le président du jury meurt après avoir avalé un morceau de la quiche qu’Agatha avait achetée chez un traiteur londonien. Notre héroïne, obligée d’avouer sa supercherie, décide de laver son honneur en découvrant l’assassin.

Bien-sûr, la série Agatha Raisin enquête est une série policière. Mais je ne suis pas sûre que les « vrais » amateurs de polars bien ficelés, d’intrigues alléchantes et de suspens se retrouvent dans cette série, dont le principal atout est son humour et les situations improbables dans lesquels Agatha Raisin ne manquent pas de se fourrer. Le meurtre, l’intrigue policière ne sont que des prétextes pour croquer, avec talent, la vie d’un petit village anglais, perdu au fin fond de nulle part et de dessiner des personnages de fort belle manière. Je le redis : Cette série offre un très agréable divertissement, si tant est que l’ambiance so british soit votre tasse de thé. En ce qui me concerne, je compte bien m’attaquer à tous les tomes de la série, qui en compte plus de vingt (le premier est sorti en 1992 en Angleterre), même si, actuellement, quatre seulement ont été traduits en français.

Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

Piège en Ombrie

Les éditions du 38 m’ont offert, une nouvelle fois, le plaisir de découvrir une talentueuse auteure. Claire Arnot, Française qui vit et travaille en Italie, nous entraîne avec Piège en Ombrie dans un joli suspens, servi par une belle plume et une atmosphère à l’Italienne parfaitement rendue. A chaque ligne, on sent l’attachement de l’auteure pour l’Ombrie,région italienne proche de Rome où elle habite depuis de nombreuses années. Moins touristique que sa voisine, La Toscane, l’Ombrie a sans doute un charme plus confidentiel, plus authentique que Claire Arnot décrit à merveille. A tel point que, le livre à peine refermé, je me suis prise à rêver de prochaines vacances en Italie…

Mais il seraitpiege-en-ombrie bien trop réducteur de parler de Piège en Ombrie comme d’un guide touristique. Ce roman est d’abord et avant tout un polar bien ficelé qui ne ménage son lecteur ni en termes de suspens et ni en termes de rebondissements. En voici l’histoire : Hélène Fontayne, Française, la quarantaine, mariée à un avocat italien, deux enfants -toute ressemblance avec l’auteure du roman n’est pas du tout fortuite- vit dans un petit village d’Ombrie. Sa petite vie tranquille et sans histoire se trouve bousculée le jour où le sulfureux directeur de la Maison de retraite locale est retrouvé mort dans sa voiture bizarrement accidentée. Or, au même moment, Irina, la jeune femme de ménage russe de la vieille institutrice infirme du village disparaît sans laisser de traces. Il n’en faut pas plus à Hélène, qui, disons-le, s’ennuie un peu dans sa petite vie bien rangée, pour décider de mener -discrètement- l’enquête, au nez et à la barbe des « Carabinieri ».

Je l’ai dit : L’intrigue est parfaitement bien ficelée. Pas d’invraisemblances ou de hasards un peu trop providentiels qui viennent gâcher la lecture. Au fil des pages, les personnages se révèlent bien plus compliqués, bien moins lisses qu’ils n’y paraissaient au départ. Et nos certitudes de lecteur ne manquent pas d’être bousculées au fil des rebondissements. Le dénouement final -sous forme d’épilogue- est une réelle surprise. Bref, j’ai réellement passé un très bon moment de lecture, le joli voyage en Italie en plus.