Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

Les jours d’après

les jours d'aprèsC’est un livre qui se lit vite, un peu comme une récréation, et qui devrait plaire à toutes celles et tous ceux qui, comme moi, aiment regarder la politique et leurs actrices et acteurs depuis le rideau des coulisses. Paru aux éditions de l’Observatoire, Les jours d’après, écrit à quatre mains par Patrice Duhamel et Jacques Santamaria, raconte, en effet, les jours d’après la débâcle, la défaite ou encore la trahison d’hommes et de femmes politiques depuis le Général-de-Gaulle et jusqu’à François Hollande, Alain Juppé, François Fillon, Manuel Valls ou Nicolas Sarkozy, pour les plus contemporains, « victimes » de la dernière campagne présidentielle.

Pour se faire, les deux auteurs sont partis du postulat que « toute vie consacrée à l’action publique se trouve bouleversée par un moment douloureux : celui où tout s’arrête ». Ils se sont appuyés aussi sur de nombreux livres écrits par les personnalités elles-mêmes ou leurs proches, sur des interviews données dans les journaux de l’époque, sur des documentaires télévisuels, ou sur les témoignages de proches qui ont vécu les événements au plus près . Le résultat est très plaisant. Car au delà de ses anecdotes, parfois croustillantes, ce livre dévoile des caractères, des stratégies, des rébellions, des sursauts, des fuites, des retours-gagnants, des retours-perdants, des douleurs, des démissions, des colères, des trahisons et montre combien l’adversité peut transcender les hommes et les femmes… ou pas. De la célèbre fuite à Baden-Baden du général-de-Gaulle en 1968, à la traversée du désert de François Mitterrand au début des années 60, en passant par la dépression de Giscard d’Estaing en 1981 et celle de Jacques Chirac en 1995, la stupeur et la tristesse de Juppé au soir du premier tour de la Primaire de la droite en novembre 2016 ou celles de Jospin au soir du 21 avril 2001, la descente aux enfers et le déni de François Fillon en avril 2017, le retour raté et la rage de de Nicolas Sarkozy en 2016. Mais, à son corps défendant sans doute, ce livre démontre aussi, s’il était besoin, combien la politique est aujourd’hui encore, largement dominée par les hommes puisque sur les 23 personnalités présentées, seules trois sont des femmes : Marine Le Pen, Ségolène Royal et Simone Veil, dont les auteurs s’attardent longuement sur le combat pour le droit à l’avortement, que cette femme d’Etat vécu comme un chemin de croix.

Comparant l’histoire avec la politique à une histoire d’amour, les deux auteurs avancent finalement un constat : Le défaut des hommes et des femmes politiques n’est-il pas de ne pas vouloir se préparer à ce jour où le pouvoir les quittera ?

 

 

 

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Jamais sans elles

Ce sont des soeurs, des filles, des épouses, des maîtresses, des nièces, des collaboratrices… Elles ont toutes gravité dans l’entourage de « grands » hommes et toutes ont influencé leur vie personnelle, leur prise de position, leur carrière d’une façon ou d’une autre. On oserait même dire que, sans elles, le destin de ces hommes n’auraient peut-être pas été aussi glorieux. « Cherchez la femme », dit l’adage populaire… Toutes ces femmes, Patrice Duhamel , journaliste, et Jacques Santamaria, réalisateur et scénariste, en brossent de jolis portraits dans leur dernier ouvrage, Jamais sans elles, sorti chez Plon. 

Chaque portrait forme un chapitre très plaisant à lire, pour qui aime l’histoire et la politique. C’est mon cas. Les portraits consacrés à François Mitterrand, François Hollande, Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy ne sont pas les plus intéressants, tant leur histoire, et les femmes qui les ont accompagnés, est connue. En revanche, j’ai beaucoup aimé me replonger dans l’histoire tumultueuse de Talleyrand, amoureux à un âge vénérable de sa nièce par alliance, Dorothée, dont il aura d’ailleurs un enfant, et dont l’influence sur ses décisions politiques, et donc sur l’histoire de notre pays, est indéniable. J’ai aimé aussi la relation épistolaire très touchante qui se noue entre Emile Combes, président du conseil en 1902, laïcard convaincu, et la princesse Jeanne Bibesco, prieure du couvent des carmélites d’Alger. Lequel avoue alors n’être « plus maître de lui comme avant » et risquant sa place à tout moment si cette correspondance venait à être connue.  Mon coeur de midinette a aussi été touché par la relation fusionnelle entre Vincent Auriol et son épouse Michelle, entre Georges Pompidou et son épouse Claude ou encore entre René Coty et son épouse, l’inénarrable Germaine, qui déclara à la journaliste venue l’interviewer, alors que son mari venait d’être élu président de la République : « Et dire que j’ai rentré mon charbon pour l’hiver ».

Au delà de ses anecdotes, parfois très drôles, cet ouvrage vaut le coup d’être lu pour la plongée dans l’histoire de France qu’il propose. Rigoureux, instructif et divertissant.