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Aux Fils du Calvaire

CVT_Aux-Fils-du-Calvaire_5993Jean-Luc Manet est un auteur parisien qui excelle dans l’art de la « longue nouvelle » ou du « court roman », c’est selon. Je l’ai découvert, avec bonheur, il y a une bonne année, grâce à Trottoirs dont la chronique est à retrouver ici. J’ai donc été très contente d’apprendre qu’il donnait vie, une nouvelle fois à son héros SDF parisien, Romain, dans sa dernière publication Aux Fils du Calvaire (Editions Antidata).

J’ai lu la cinquantaine de pages qui compose cette nouvelle en une soirée. Et j’ai, une nouvelle fois, été séduite par l’écriture de Jean-Luc Manet, les personnages qu’il met en scène et ses descriptions de Paris, qui devient, elle aussi, personnage de l’intrigue. Je l’ai peut-être déjà dit dans ma première chronique, alors tant pis si je me répète, Jean-Luc Manet connaît Paris par coeur et c’est un vrai plaisir pour la « parisophile » (j’ose le néologisme) que je suis, de suivre son héros à travers ses déambulations dans la capitale au gré de ses haltes pour faire la manche et de ses abris de fortune. Romain, 49 ans, SDF depuis des années, est un personnage sympathique et tellement réel qu’on a l’impression de l’avoir déjà croisé « en vrai ». Après avoir été mêlé à une sombre histoire de meurtres de SDF dans Trottoirs, il fait, ici, la connaissance d’une jeune journaliste stagiaire, embarquée dans un reportage sur les SDF parisiens. Alors qu’il tente de lui ouvrir les portes de sa vie, voilà qu’il est rattrapé par de mystérieuses disparitions de SDF, dont celle de son compagnon de galère, son voisin de la rangée de box de chantier désaffectés qu’ils squattent depuis quelques jours.

Au delà même de l’intrigue, et de sa chute complètement inattendue (comme le veut le genre), Aux Fils du Calvaire vaut aussi et surtout par le talent d’écriture de son auteur, pour les dialogues, pour les décors, pour l’atmosphère qu’il décrit. Bref, ce n’est pas une nouvelle qu’on lit. C’est un film qu’on regarde. Mais pas n’importe quel film. Non. Plutôt un film de gangsters à l’ancienne mode qui aurait Jean Gabin ou Lino Ventura dans le rôle principal.

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Aux plaisirs de Déborah

déborahAux plaisirs de Déborah est une nouvelle de littérature érotique écrite par Chocolat Cannelle. Initialement publiée sur la plateforme numérique « Rose Bonbon » aujourd’hui disparue, elle est désormais accessible à la vente sur la plateforme d’autoédition Smashwords. Accès direct en cliquant ici.

Qui connaît Chocolat Cannelle sera peut-être étonné en lisant cette nouvelle (18 pages environ en format numérique), globalement beaucoup plus soft que celles qu’elle a l’habitude de publier. Bien-sûr, et je veux rassurer les amateurs du genre, cela reste de la littérature érotique, et tous les codes sont bien présents. Mais là, point de nymphettes à la sexualité débridée, point de jeunes filles qu’il faut « éduquer », point de maîtresses dominantes et de mâles dominés, point de libertinage sans complexe… Non, simplement Lydia, une cinquantenaire qui s’ennuie avec Claude, son mari depuis plusieurs décennies. Et qui rêve, sans trop oser l’avouer, de mettre un peu de piquant dans sa vie sexuelle au point mort. En osant vaincre sa gêne, en osant passer outre son éducation, ses principes, Lydia réapprend le plaisir. Mais pas de la façon dont on pourrait l’imaginer. Pas en se lançant dans une sexualité à tout-va mais plutôt en réapprenant à s’aimer et à séduire. En dire plus m’amènerait à dévoiler la chute de l’histoire. Or, l’art de la chute est tellement important dans une nouvelle, qu’elle soit érotique ou pas, d’ailleurs, que je ne voudrais pas gâcher le plaisir de la lecture par trop de détails. Chocolat Cannelle n’avait pas habitué ses lecteurs à des histoires qui se terminent bien, à des histoires d’amour tout court. Elle devrait le faire plus souvent car sa nouvelle est une vraie réussite et sa plume toujours aussi plaisante à lire.

Laissez-vous tenter par les Plaisirs de Déborah. Lisez ce texte pour ce qu’il est : Une charmante et émoustillante récréation.

La Coiffeuse et le pépé (Correspondance intime)

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La Coiffeuse et le pépé est une nouvelle drôle, originale et très subtilement érotique que nous propose l’auteur François-Fabien dans la collection e-ros des éditions Dominique Leroy. Elle commence par une annonce : « Jeune femme – 25 ans – cherche correspondance suivie avec vieux cochon – 65 ans minimum – à allumer avec des mots, des récits, des photos, etc. Aucun espoir de concrétisation sexuelle ». La jeune femme en question recevra 76 propositions. Et à ce petit jeu, c’est Alain, parisien retraité de 72 ans et vieux cochon revendiqué qui gagnera. S’ensuit un échange de 11 lettres avec l’auteur de l’annonce, Alicia, coiffeuse à domicile. Alicia est une habituée des petits vieux, qui forment une grande partie de sa clientèle. Coquine, elle n’aime rien mieux que de les faire saliver à grands renforts de décolletés profonds, de jupes moulantes et de sous-vêtements évocateurs (quand elle en met). Mais Alicia est curieuse. Elle s’est mis en tête de savoir ce que ses vieux clients ressentaient en sa présence, ce qu’elle provoquait chez eux. Et elle compte bien sur ce vieux cochon d’Alain, qui a beaucoup d’expérience en la matière, pour le savoir.

J’ai beaucoup aimé cette nouvelle pleine d’humour, très bien écrite, et finalement  érotique dans le plus pur sens du terme puisque les héros sont tous deux beaucoup plus dans la suggestion que dans l’action. J’ai beaucoup aimé la gouaille d’Alicia à laquelle répond la délicatesse d’Alain. J’ai adoré la chute, tellement inattendue, et toute en finesse. Une vraie belle découverte que je conseille tout spécialement aux lecteurs qui souhaiteraient, tout doucement, entrer dans le monde de la littérature érotique.

Envie de commander cette nouvelle ? Envie d’en découvrir beaucoup d’autres ? Rendez-vous ici sur le site des Editions Dominique Leroy