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La Maison du lys tigré

Il y a bien longtemps que je n’avais plus lu de polars de Ruth Rendell, une auteure britannique que j’apprécie beaucoup généralement. Aussi ai-je été contente d’en trouver un que je n’avais pas encore lu à la médiathèque de ma ville : La Maison du lys tigré, paru aux éditions des deux-terres il y a quelques années.

Le héros du roman est un jeune et beau Londonien, Stuart Font, qui vient d’acheter un appartement grâce à un héritage et qui compte bien continuer à procrastiner tant qu’il peut vivre dudit héritage. Empêtré dans une relation avec une femme mariée, Claudia, dont il voudrait se défaire sans y parvenir, Stuart est de plus en plus attiré par une mystérieuse et belle jeune Asiatique qui vit en face de chez lui et qu’il n’ose aborder. Il décide alors de se changer les idées en organisant une pendaison de crémaillère avec l’ensemble de ses voisins d’immeuble, qui tous semblent cacher une faille, un secret. Sans se douter des conséquences dramatiques qu’aura son initiative.

J’ai beaucoup aimé ce roman qui change vraiment des polars habituels de Ruth Rendell. D’ailleurs, ce roman est-il vraiment un polar dans le sens absolu du terme ? Le meurtre n’intervient en effet qu’aux deux-tiers du roman et l’enquête qui suit n’en devient pas l’intrigue principale. Au contraire, on dirait que les policiers ne mettent pas beaucoup d’entrain à faire leur travail. D’ailleurs, c’est un concours de circonstance qui permettra, à la toute fin du livre, alors que l’on pense que le meurtre restera impuni avec plusieurs coupables plausibles, de résoudre le mystère.

Plus qu’un polar, c’est surtout une peinture de la société londonienne que s’est employée à faire Ruth Rendell. Avec beaucoup de talent et de subtilité. Et sans caricature. Ici, l’important n’est pas le meurtre, ni même sa résolution mais plutôt toute une galerie de portraits, de l’étudiante fauchée au vieux lubrique, de la maîtresse envahissante à l’amoureuse transie, des anciens hippies à la vieille alcoolique. Chacun d’eux se trouvent aussi être les héros de ce roman très original qui doit sûrement décontenancer les amateurs des  polars classique de Ruth Rendell.  J’ai, moi aussi, été assez surprise par la construction de ce roman à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Mais j’ai adhéré immédiatement.

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Ragdoll

J’avais énormément entendu parler de ce thriller britannique sorti il y a quelques mois (collection La Bête Noire chez Robert Laffont, traduction française de Natalie Beunat). Ragdoll, premier roman de Daniel Cole, trentenaire, ancien ambulancier et résident à Bournemouth, était, de l’avis général : « Un coup d’essai, coup de maître, un thriller à couper le souffle, dans la même veine que Seven ». D’un roman précédé d’autant de louanges, j’attendais donc beaucoup. Trop, peut-être ? Parce que si j’ai aimé Ragdoll, il n’est pas non plus le coup de cœur que j’attendais.

Je vous en livre ici le résumé : Il y a quelques années, Naguib Khalid, tueur en série plus connu sous le surnom du « tueur crématiste » a tué et brûlé 27 enfants en 27 jours. Toutefois, lors de son procès très médiatique, son avocat arrive à insuffler le doute dans l’esprit des jurés. Malgré une enquête irréprochable et de nombreux faits concordants, Naguib Khalid n’a, en effet, jamais avoué. Jugé non coupable, Naguib Khalid est libéré. Quelques temps plus tard, il est pris en flagrant délit alors qu’il commet son 28ème crime…

Quelques années plus tard, l’inspecteur William Oliver Layton-Fawkes, plus connu sous l’acronyme de « Wolf », qui a concouru à faire tomber Naguib Khalid, est appelé sur les lieux d’un crime particulièrement odieux : La victime est, en fait, reconstituée à partir des morceaux de corps de six personnes. Les enquêteurs, qui s’aperçoivent très vite que sa tête est celle de Naguib Khalid, la surnomme « Ragdoll », « poupée de chiffon » en anglais. Dans le même temps, le mystérieux assassin dresse une liste de six prochaines victimes, avec la date de leur exécution. La sixième personne est l’inspecteur Wolf.

Pourquoi ai-je été déçue ? Pas par l’écriture, en tout cas. La traduction est parfaite et le livre se lit tout seul. Pas par le suspens, non plus : L’auteur excelle à faire monter la tension et à distiller, au compte-goutte, des indices. Sacrée trouvaille que ce décompte vers la mort de six personnes, dont on se demande à chaque fois si elles vont pouvoir être sauvées ou non et comment le tueur va s’y prendre pour les exécuter. Pas à cause du côté « gore » non plus. Daniel Cole n’est pas Franck Thilliez. Il ne s’amuse pas à décrire en long, en large et en travers les scènes de crime avec force détails glauques. Non, ce qui m’a déçue, c’est le dénouement. A mi-parcours du roman, j’avais deviné qui était aux manettes, par déduction, après avoir testé et recalé d’autres suspects. En revanche, je n’arrivais pas à comprendre comment « mon » tueur présumé s’y prenait pour tirer les ficelles. La réponse apportée par l’auteur quelques pages avant la fin ne m’a pas convaincue. J’ai trouvé cela un peu trop invraisemblable, comme si l’auteur, qui maîtrise pourtant parfaitement son scénario, avait voulu trop en faire pour son final. Pour résumé : C’est une lecture qui m’a passionnée pendant les 3/4 du roman et qui m’a laissée sur ma faim pendant le dernier quart. Dommage. Vraiment dommage.