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Le temps est assassin

le temps est assassinCette chronique pourrait s’appeler, parodiant un titre de roman célèbre, « Pour en finir avec Michel Bussi ». Je pense, en effet, qu’avec Le temps est assassin (édition Presses de la Cité), je viens de lire le dernier roman de cet auteur.

Cette chronique pourrait aussi s’appeler « Interrogation autour d’un auteur qu’on a tant aimé et qu’on n’aime plus aujourd’hui ». J’ai du mal, en effet, à comprendre comment j’ai pu autant dévorer les romans de Michel Bussi hier et les trouver tellement truffés d’invraisemblances aujourd’hui.

Mon histoire avec lui a commencé avec le roman qui lui a valu premier succès et reconnaissance du public, Comme un avion sans ailes. J’ai adoré et adoré peut-être plus encore les deux autres romans que j’ai lus ensuite : N’oublier jamais et Nymphéas noirs, plaçant Michel Bussi au firmament de mes auteurs préférés.Et puis, et puis… La belle mécanique s’enraille avec Ne lâche pas ma main, pénible et invraisemblable course-poursuite au coeur de l’île de la Réunion. D’ailleurs, je ne parviens même pas à en finir la lecture. Tout le monde a droit à un coup de « moins bien », me dis-je en me précipitant sur le dernier opus de l’auteur « Maman a tort ». Là encore, quelle déception avec cette fin complètement invraisemblable qui voit une femme, vivant dans un milieu ouvrier très modeste et n’étant jamais sortie de sa Normandie natale, trouver un passeport dans son sac pour elle et son fils (!!!), lui permettant ainsi de sauter dans le premier avion pour échapper à ses poursuivants…

J’avais déjà décidé de ne plus lire de roman de Michel Bussi quand j’ai trouvé à la médiathèque de ma ville Le temps est assassin. Comme je n’avais pas à débourser un centime pour le lire, je me suis dit : « Allez, je lui donne une dernière chance ». C’est ainsi que j’ai commencé la lecture de ce polar qui se passe en Corse. Je vous en fais ici un bref résumé : Clotilde, la quarantaine, mariée et mère d’une adolescente, revient pour la première fois en Corse sur les terres de sa famille paternelle 27 ans après un accident de la route qui a coûté la vie à ses parents et à son frère et dont elle fut la seule survivante. Le roman alterne les chapitres qui se passent à notre époque avec d’autres qui se passent au moment de l’accident sous la forme du journal intime de Clotilde alors adolescente de 15 ans. Alors que Clotilde vient d’arriver en Corse et qu’elle se rend sur le lieu de l’accident, des phénomènes étranges se produisent qui l’intriguent et lui suggèrent que sa mère ne serait, en réalité, pas morte. Où est donc la vérité ? Que s’est-il réellement passé il y a 27 ans ?

Que ce roman fut pénible à lire… Je passe sur l’écriture qui fait vraiment « roman de gare » et sur la description complètement caricaturale de la société corse. C’est long, c’est très long à démarrer cette histoire et l’on est d’autant plus agacé que les chapitres consacrés à l’écriture du journal de Clotilde adolescente sont carrément invraisemblables. Je ne connais aucune adolescente de 15 ans capable de décrire d’une façon aussi mature à la fois des événements et des sentiments. Quant à l’interview de plusieurs pages du grand-père corse de Clotilde parue dans Corse-Matin (sorte de « parrain local », façon « Michel Galabru dans Bienvenue chez les Ch’tis, c’est vous dire la crédibilité), que la jeune fille a intégralement recopiée à la main dans son journal (ce qui déjà en soi est assez incroyable), je ne connais pas un seul journal qui l’aurait publiée ainsi (Le gars y annonce quand même noir sur blanc que le premier qui s’attaque à ses propriétés acquises plus ou moins légalement sera passé par les armes immédiatement). Et que vous dire du dénouement et même de l’histoire, là encore, pas crédible pour deux sous. Difficile, hélas, de prouver mes dires sans déflorer l’intrigue…  Bref, un polar raté où l’on sent bien l’idée de l’auteur : Nous perdre le plus longtemps possible, nous emmener le plus loin possible pour que le dénouement n’en soit que plus incroyable. Sauf que là, ça ne fonctionne plus. A tel point que j’ai terminé ma lecture en lisant en diagonal…

Vous l’aurez sans doute compris, cette fois, j’en ai réellement fini avec Michel Bussi.

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