Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

French Girl

Après m’être ennuyée avec le polar scolaire et sans rythme de Yvon Le Roy, après avoir subi les circonvolutions torturées et pseudo-intellos de Delphine de Vigan, quel bonheur de me plonger dans French Girl, la romance sur fond d’Amérique de Julie Derussy publiée dans la nouvelle collection « Corail » des Editions du 38.

Je connaissais Julie Derussy essentiellement pour ces nouvelles érotiques. Je constate qu’en se lançant dans un nouveau genre, « la romance avec scènes épicées », l’auteure n’a rien perdu de son talent. Bien au contraire. J’oserai dire que sa plume n’en est que meilleure. Vous l’aurez compris : J’ai été plus que séduite par French Girl, l’histoire de Charlène, une jeune française, fraîchement diplômée d’un cursus littéraire, qui arrive pour une année à l’université de Yale à New Haven aux Etats-Unis en tant qu’assistante en français. Ce que la jeune femme n’avait pas prévu, toutefois, c’est de devoir, suite à un contretemps de dernière minute, cohabiter avec Warren et Finn. Lesquels se relèvent être aussi séduisants et sympathiques l’un que l’autre. Très vite, notre étudiante se trouve dans un dilemme à la « Jules et Jim » de François Truffaut. Amoureuse du sage Warren, elle ne résiste pas au charme du « bad boy » Finn. Jusqu’à se mettre dans une situation quelque peu compliquée…

Si ce livre a tous les codes de la romance, il a su garder un côté très réaliste. Je pense que c’est pour cette raison que j’ai passé un si bon moment de lecture. Pas de pathos, pas de sentimentalisme dégoulinant, pas de hasards un peu trop faciles, pas de dialogues artificiels et creux à la « Plus belle la vie », pas de situations caricaturales… Tout sonne vrai dans French Girl. Cette impression de réalité est accentuée encore par les nombreux dialogues en anglais-américain (Rassurez-vous, parfaitement compréhensible avec un niveau d’anglais scolaire et sinon, la traduction est assurée en fin de livre). Julie Derussy a réellement passé une année aux Etats-Unis à la fin de ses études il y a une dizaine d’années. Cela se sent dans les descriptions des lieux, dans sa façon de raconter « la vie à l’américaine ». On a complètement l’impression d’y être. Rien que pour ce passionnant voyage aux Etats-Unis, ce livre vaut le coup d’être lu. Enfin, j’ai beaucoup aimé aussi l’humour subtil dont fait preuve l’auteure. J’ai souvent souri en lisant ce livre. Et j’ai même parfois ri.

Un vrai livre de vacances à emporter dans ses valises !

 

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Publié dans Une femme et des livres se dévergonde

Légendes érotiques arthuriennes

legendes-erotiques-arthuriennesJe ne suis pas une spécialiste des légendes arthuriennes. Celles-ci n’évoquent pour moi que quelques prénoms -Arthur, Viviane, Lancelot, Merlin…- et de bien jolies promenades en forêt de Brocéliande en Bretagne ou dans les ruines du château de Tatingel, au fin fond de la Cornouaille, au milieu de paysages à couper le souffle, battus par les vagues…

Le titre du recueil de nouvelles écrites par Julie Derussy et Clarissa Rivière, et très joliment illustré par Tonino Della Bianca, Légendes érotiques arthuriennes, m’a d’autant intriguée et donné envie de m’y plonger. Ce que j’ai fait sans plus attendre. Et ce fut une excellente idée. Légendes érotiques arthuriennes, ouvrage paru dans la collection e-ros des Editions Dominique-Leroy se lit d’une traite et revisite sous un jour très inattendu la légende de ces héros médiévaux. Il commence avec La Demoiselle du lac, de Julie DerussyLa nouvelle s’ouvre sur la belle Viviane, jeune fille aussi délurée que téméraire, qui n’aime rien mieux que de braver l’interdit paternel en se baignant nue dans un lac de la forêt de Brocéliande. Sous les yeux affolés de Merlin dont l’apparence trompeuse d’un vieillard n’a en rien entamé la virilité . « Immédiatement, Merlin banda prodigieusement. Il avait pourtant emprunté, ce jour-là, l’apparence d’un vieillard. Cela n’empêcha pas le désir de monter, puissant comme la sève dans les arbres. Il eut envie d’arracher ses vêtements, de se jeter dans le lac et de la posséder comme une bête. Il l’aurait prise, tout de suite, sans attendre son consentement, il aurait mordu ses seins et sa bouche, violé sa virginité. Car, oui, elle était vierge. Cela aussi, il le sut tout de suite. La première fois que Merlin vit Viviane, il parvint, par miracle, à dominer ses sens : il prit la fuite », écrit d’une très jolie plume teintée d’humour, Julie Derussy. S’ensuit, entre les deux protagonistes, un jeu de séduction très érotique où l’auteure excelle à faire monter la sensualité et le désir, tout en s’amusant de ses personnages. Le dénouement, très charnel, laisse aussi une grande place aux sentiments. J’ai vraiment beaucoup aimé cette nouvelle admirablement porté par la plume talentueuse de son auteure.

La seconde nouvelle du recueil a pour titre Pour l’amour de son roi. Elle a pour auteure Clarissa Rivière, dont plusieurs nouvelles ont déjà été chroniquées sur ce blog. Pour l’amour de son roi met en scène la toute jeune Guenièvre, escortée par le preux Lancelot, auprès d’Arthur qu’elle doit épouser sans même l’avoir déjà vu. « Depuis leur départ, Lancelot prenait sa mission très à coeur, il en faisait même un peu trop. Il ne quittait pas la jeune fille, freinant son cheval pour se maintenir au niveau du lourd chariot de luxe qui la transportait. Guenièvre n’était pas en reste. Accoudée à sa petite  fenêtre, elle levait son charmant minois vers le chevalier et le bombardait de questions, pour le seul plaisir de contempler son visage ouvert, ses yeux clairs. Le sourire du jeune homme la réchauffait d’un feu inconnu et la consolait de quitter le château de son enfance », écrit Clarissa Rivière. Ne vous fiez pas à ce très sage récit… La suite l’est beaucoup moins. L’auteure s’entend à merveille pour faire monter le désir entre Guenièvre et Lancelot, qui ne tardent pas à succomber, au hasard d’une halte sur la route. Le sentiment de culpabilité qu’ils ressentent l’un et l’autre exacerbent leurs sens. Mais voilà que Guenièvre rencontre Arthur, tout rougissante et mal à l’aise, sous l’œil désespéré de Lancelot. Je vous laisse deviner comment ce trio là va parvenir à trouver un terrain d’entente très charnel, assurément, très libéré, évidemment, très amoureux, également, émoustillant, sans doute. La plume de Clarissa Rivière ne m’a pas déçue cette fois encore.

Ce recueil de nouvelles, et beaucoup d’autres, peuvent être achetés en ligne auprès des Editions Dominique-Leroy en cliquant ici