Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

Ma mère du Nord

Ma mère du nordTerminer l’année avec Jean-Louis Fournier est un privilège rare dont je me suis régalée, une fois de plus. Merci à Sophie M. d’y avoir contribué en m’offrant pour mon anniversaire, qui tombe chaque année deux semaines pile avant Noël, son dernier opus : Ma mère du Nord, publié chez Stock.

Terminer l’année avec Jean-Louis Fournier est un privilège car je suis une fan absolu de cet écrivain, surtout quand il fait de sa vie un objet littéraire, comme il se plait à le répéter. Cette admiration a même fait l’objet il y a quelques mois d’une chronique sur ce blog, sous le titre « Le coup de foudre Jean-Louis Fournier ». Je laisse ceux que cela intéresserait s’y replonger.

Ma mère du Nord est le dernier d’une série de récits personnels que Jean-Louis Fournier a commencés en 1999 avec Il a jamais tué personne mon papa. Ont suivi Où on va Papa ? en 2008, Poète et paysan en 2010, Veuf en 2011 et La Servante du Seigneur en 2013. Avec Ma mère du Nord, Jean-Louis Fournier raconte la vie de sa maman, femme courage mariée à un médecin alcoolique, épousé par amour. « J’ai voulu garder le meilleur pour la fin », s’amuse Jean-Louis Fournier, jurant que ce récit personnel sera le dernier.

La plume de Jean-Louis Fournier n’est jamais aussi belle que lorsqu’elle raconte des fragments de sa vie. C’est encore vrai cette fois. Avec une économie de mots assez incroyable, l’écrivain fait passer une émotion extraordinaire, accentuée par l’humour pince-sans-rire dont il est coutumier. J’ai lu Ma mère du Nord d’une seule traite, emportée par l’histoire de cette femme, amoureuse d’un homme fragile qui oubliait le malheur des autres en s’enivrant du matin au soir, visitant ses patients quand il le pouvait, négligeant de se faire payer, souvent. Une femme-courage qui ne se plaint jamais et s’efforce de donner à ses trois fils et à sa fille une vie la plus normale qui soit, malgré les circonstances, malgré le diable que la famille tire par la queue, dans la grande maison bourgeoise d’Arras. C’est une belle femme, digne, dure à la tâche, veuve à pas même 40 ans, dont Jean-Louis Fournier dresse le portait. Et l’on sent qu’il est fier d’être le fils de cette femme qu’il a profondément aimée et admirée. On sent que cette femme lui a fait une enfance joyeuse et insouciante, belle et insoumise, heureuse et qu’à travers ce récit, Jean-Louis Fournier veut tout simplement lui dire « Merci ». Et « Je t’aime », sans doute aussi.

 

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Le coup de foudre Jean-Louis Fournier

Jean-Louis-Fournier
Photo parue dans le journal « Département Hérault »

On dit souvent que les histoires d’amour doivent beaucoup au hasard. Le fait est que c’est ainsi que j’ai rencontré Jean-Louis Fournier. C’était il y a une petite dizaine d’années. Je regardais le journal télévisé de 13 heures sur France 2. Il était venu y présenter son dernier livre « Il a jamais tué personne mon papa« . A l’époque, je ne connaissais pas du tout cet auteur, comparse de Pierre Desproges et créateur de la « Noiraude », le dessin-animé dont, petite fille, je me régalais devant le poste en noir et blanc de mes parents. Il avait pourtant déjà derrière lui une belle bibliographie.

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