Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

Le fils prodigue

le-fils-prodigueAvec Le fils prodigue paru aux Editions du 38, Jean-Baptiste Ferrero signe le grand retour de son héros, le détective privé Thomas Fiera, qui traîne son cynisme, sa sensibilité à fleur de beau, son aigreur, sa détestation des cons de tous bords et sa prompte envie de cogner depuis cinq romans. Ce don pour la critique facile ajouté à la très haute opinion qu’il a de lui-même pourraient rendre Thomas Fiera fort peu sympathique. Et pourtant, c’est tout le contraire qui se produit au fil des rencontres avec ce héros pas ordinaire. Parce qu’il suffit de gratter un peu pour découvrir un homme profondément blessé par la vie, qui consacre la sienne à aider autrui, avec un enthousiasme qui frise le jusqu’auboutisme, une propension à attirer les ennuis assez exceptionnelle et une bande d’amis aussi (voire plus) déjantés que lui. Bref (comme dirait Thomas Fiera).

Avec Le fils prodigue, Thomas Fiera se voit entraîner dans une aventure que n’aurait pas renié James Bond. Un vieil ami, gangster ayant fricoté avec l’ETA, et qui, au passage, lui a piqué son premier amour, l’appelle à l’aide : Son fils vient d’être jeté en prison après avoir été retrouvé à côté du corps sans vie d’un homme chez Biotec, un laboratoire réputé où il était employé comme laborantin. Bizarrement, le fils de son ami se laisse accuser et accepte son sort, sans réagir. Comme s’il avait peur. Ou comme s’il voulait protéger quelqu’un. Intrigué, Thomas Fiera met sa rancœur de côté (rapport au premier amour volé) et accepte de voler au secours du fils de son ancien ami. Mais, est-ce vraiment le fils de son ami ?

Pour démêler le vrai du faux de cette sombre histoire où certains se plaisent à faire joujou avec la génétique en dehors de toute éthique, Thomas Fiera devra sortir les gros moyens. De Paris à Barcelone, de Barcelone aux Pyrénées, des Pyrénées à Paris, et de Paris à l’Andalousie, ça va cogner vite, fort et bien, selon les méthodes désormais bien rodées de Thomas et de sa bande de potes. Pas de temps mort dans ce récit haletant qui tient toutes ses promesses en termes de suspens et de rebondissements. Avec un Thomas Fiera qui laisse tomber l’armure, qui ose accepter un amour très inattendu, et qui retrouve, un peu, l’envie de faire confiance à la vie. Comme si Jean-Baptiste Ferrero avait voulu montrer une autre facette de son héros, qui est aussi, par bien des aspects son double littéraire. Une belle réussite.

Cette chronique vous donne envie de mieux connaître l’auteur Jean-Baptiste Ferrero ? Retrouvez son interview ici !

 

 

Publié dans Une femme et des livres donne la parole

Jean-Baptiste Ferrero/Thomas Fiera : Double-je ?

Jean-Baptiste Ferrero, homme du Sud, amoureux de la Méditerranée, avoue un certain goût pour la démesure et un côté sombre qu’il cultive précieusement. Auteur de plusieurs polars parus aux Editions du 38, il est le créateur de Thomas Fiera, détective gouailleur, anar, franc-tireur grinçant mais tellement sympathique. Jean-Baptiste Ferrero a accepté de se dévoiler -un peu, beaucoup et aussi passionnément- pour Une femme et des Livres.

Bonjour Jean-Baptiste Ferrero et d’abord, merci d’avoir accepté de répondre à mes questions. Si nous commencions par parler de vous ?

« Hou là, là ! Vous avez deux heures ? Non, plus sérieusement, je suis un homme du sud, avec des origines espagnoles. Je suis profondément attaché à la Méditerranée. J’ai aussi des origines pied-noir qui font que je ne suis pas toujours dans la mesure. Je dirais même que j’ai un certain goût pour l’exagération. Et sans doute aussi une part d’ombre. J’ai été journaliste, consultant et suis maintenant directeur de la communication. La communication est mon moteur, elle me fascine au sens linguistique du terme. J’aime aussi beaucoup le monde de l’entreprise qui est pour moi une sorte de laboratoire qui concentre tous les comportements humains, les plus nobles comme les plus détestables ».

Jean Baptiste ferrero

– Pourquoi écrivez-vous et depuis combien de temps ?

« J’ai tout le temps écrit. J’ai dû commencer quand j’avais 8 ans ou quelque chose comme ça. J’ai toujours aimé les histoires. Mais je me suis beaucoup cherché. J’ai commencé par écrire des petits textes, puis des nouvelles et enfin des romans. Je me suis essayé à la poésie aussi mais j’ai très vite compris que je n’avais aucun talent dans ce domaine et qu’il serait vain de poursuivre. J’ai écrit beaucoup d’histoires narcissiques avant de me rendre compte que c’était grotesque et sans intérêt, comme quelqu’un qui veut jouer à l’artiste sans l’être. Et puis, j’ai trouvé ma voie dans le polar… où paradoxalement, il y a sans doute beaucoup plus de moi que dans aucun des bouquins que j’avais pu écrire avant ».

Pourquoi les polars, justement ? Peut-être parce que vous êtes vous-même un gros lecteur de ce genre de littérature ?

« C’est vrai que j’ai lu énormément de polars, plusieurs milliers sans doute, donc, à force, on connaît un peu tous les codes. Maintenant, si j’ai trouvé ma voie dans ce genre, c’est juste par hasard. J’étais arrivé à un moment de ma vie où j’avais besoin de m’évader, de penser à autre chose alors j’ai repris la plume. Et j’ai écrit 150 pages en quelques jours. Je me suis alors aperçu que c’était la trame d’un polar. Et j’ai continué. Parce que je sentais que c’était bien meilleur que ce que j’avais écrit jusqu’à présent. Sans doute aussi parce que le héros que je venais de créer, Thomas Fiera, me plaisait bien ».

– Thomas Fiera est le héros des trois polars que vous avez publiés. On sent que vous êtes très attaché ce personnage. Qui est donc Thomas Fiera ?

« Thomas Fiera a beaucoup de Nestor Burma et d’Arsène Lupin, deux héros que j’apprécie énormément et qui m’ont forcément influencé quand j’ai créé mon personnage. Thomas Fiera -Fiera veut dire « fauve » en espagnol- est un anar, gouailleur, persifleur, ironique aussi. C’est un franc-tireur qui peut parfois être incontrôlable, voire border-line. Avec un tel profil, il ne pouvait être ni commissaire ni inspecteur. C’est pour cela que j’en ai fait un détective aux méthodes très personnelles qui déroutent souvent ses clients, d’ailleurs. C’est aussi quelqu’un qui a beaucoup d’humour. C’est important pour moi que mon héros puisse faire rire mes lecteurs ».

Vous animez un blog au nom de « Thomas Fiera », vous lui avez créé un profil Facebook, comme si ce personnage existait réellement. Alors, dites-moi, Thomas Fiera, c’est vous aussi ?

« C’est amusant ce blog. J’y échange avec pas mal de lecteurs et c’est vrai que ça crée parfois la confusion. Qui écrit ? Moi ou Thomas Fiera ? Certains lecteurs s’y perdent… Alors, oui, Thomas Fiera me ressemble par certains côtés. Mais c’est surtout un personnage qui me permet de dire certaines vérités que je ne pourrais pas dire en tant que Jean-Baptiste Ferrero. J’ai par exemple en projet la publication d’un dictionnaire du management qui va s’appeler « Le petit Fiera illustré ». Il y aura dedans quelques idées franchement politiquement incorrectes. Mais ce n’est pas moi qui les écris, c’est Thomas Fiera. En fait, il est très pratique ce Thomas Fiera ! »

Vous êtes publié par Les Editions du 38 depuis quelques années. Avez-vous cherché longtemps avant de trouver une Maison d’édition qui vous fasse confiance ?

« Oui, clairement, ça n’a pas été simple. J’ai envoyé mon premier polar à pas mal d’éditeurs. J’ai même eu le culot de l’envoyer chez Gallimard, qui me l’a renvoyé sans même l’avoir lu. Il y a une grande part de chance dans l’édition. Avoir un réseau dans le milieu, quelqu’un qui met le manuscrit « en haut de la pile » peut aussi aider. Bref, j’avais fini par renoncer quand on m’a offert une liseuse. Par ce biais, j’ai découvert l’édition numérique que je ne connaissais pas du tout. Je suis d’abord allé sur la plateforme d’autoédition d’Amazon, puis j’ai fait la connaissance d’Anita Berchenko qui venait de créer la maison d’édition numérique Les Editions du 38. Elle m’a fait confiance. Je lui ai fait confiance aussi. Je ne le regrette pas. C’est une petite maison d’édition en pleine expansion qui, désormais, publie également en format papier. Il y règne une ambiance familial où je me sens très bien ».

Vos lecteurs auront-ils bientôt le plaisir de retrouver Thomas Fiera dans de nouvelles aventures ?

« Oui, tout à fait ! Mon prochain polar Le fils prodigue sort en septembre en format papier, toujours aux Editions du 38, et toujours avec Thomas Fiera en meneur d’enquête. Et je suis en cours d’écriture du prochain polar. C’est toujours un plaisir pour moi de commencer un nouveau manuscrit, de faire revivre Thomas Fiera et toute sa petite bande d’amis. Quand je suis trop longtemps sans écrire, ils me manquent, comme des membres de la famille qu’on n’aurait pas vu depuis longtemps ».

Thomas Fiera n’est donc pas prêt de disparaître ?

« Vous avez tout compris ! »