Publié dans Une femme et des livres a lu et a été déçue

Ma mère avait raison

ma mère avait raison bisJe n’avais lu jusqu’à présent qu’un seul livre d’Alexandre Jardin et c’était il y a très longtemps. Dans mon souvenir, j’avais beaucoup aimé Bille en tête même si, en toute franchise, je ne me souviens plus du tout de l’histoire. Quand j’ai vu que Ma mère avait raison du même Alexandre Jardin était proposé sur la plateforme Netgalley par son éditeur Grasset, je me suis dit que c’était le moment d’en lire un deuxième.

Alexandre Jardin a déjà souvent écrit sur sa famille, très artiste et très peu conventionnelle. Avec Ma mère avait raison, il brosse le portrait de sa mère, femme égoïste, issue d’un milieu bourgeois bohème, qui vécut toute sa vie en se moquant des conventions et qui put se le permettre parce qu’elle ne manquait pas d’argent. Oisive, artiste, libertaire, elle habitait la grande maison familiale de Verdelot avec son mari et quatre de ses amants, artistes eux aussi, sous les yeux de ses trois enfants qu’elle aimât tièdement parce qu’il ne fallait pas qu’ils viennent contrarier sa vie qu’elle avait vouée au plaisir et à la jouissance sans entrave. Dans ce qu’il appelle un « roman » mais qui ressemble furieusement à une autobiographie, Alexandre Jardin décrit, avec force anecdotes, ce que fut sa relation avec cette mère presqu’indigne mais qu’il admire et continue d’aimer sans condition. Parce que cette mère lui a appris à ne pas se contenter de l’à peu près et du presque bonheur, parce que cette mère l’a obligé à se dépasser et à vivre sans peur.

La mère d’Alexandre Jardin est une très vieille dame maintenant, qui n’a sans doute plus beaucoup de temps à passer sur notre terre. Ce livre est donc aussi le cri d’amour d’un fils qui pense ne pas pouvoir vivre sans sa mère qui l’a pourtant si mal aimé. Paradoxe qui n’a pas manqué de me mettre mal à l’aise.

Au final, ai-je aimé ce livre ? Il est indéniable qu’Alexandre Jardin écrit bien, qu’il sait manier l’humour et que son livre est empli d’émotion. Toutefois, j’avoue avoir eu du mal à aimer l’héroïne du roman, dont l’inconstance, l’égoïsme, les caprices et la dureté envers ses enfants m’ont véritablement indisposée. J’avoue également que certains chapitres du livre m’ont semblé très longs et que l’ennui m’a souvent guettée. Ce cri d’amour presque désespéré d’Alexandre Jardin pour sa mère ne méritait peut-être pas de s’étaler sur 200 et quelques pages.

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Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

La fille à la voiture rouge

voiture rougeJe n’irai pas par quatre chemins : Cette fille à la voiture rouge m’a agacée de bout en bout. Je ne parle pas du livre en lui-même, mais bien de l’héroïne de ce roman dont l’auteur, Philippe Vilain, dissèque jusqu’à la lie le sentiment amoureux. Je remercie d’ailleurs l’éditeur, Grasset, qui m’a offert la lecture de ce livre, par le biais du site Netgalley.

Mais, commençons par l’histoire : Un écrivain à succès, dont on peut penser qu’il est Philippe Vilain lui-même, la petite quarantaine, rencontre à la Sorbonne une étudiante en lettres de 20 ans. Elle s’appelle Emma Parker, elle est belle, fille d’un diplomate américain, roule en Porsch rouge et côtoie la jeunesse dorée germanopratine. Avec insolence, avec désinvolture et en petite fille gâtée. D’entrée, l’auteur est subjugué par la jeune femme. Une liaison se noue, passionnée, inattendue qui bouleverse l’auteur. Mais un jour, Emma apprend à son amant qu’elle est condamnée à courte échéance, depuis qu’un accident de voiture dans lequel son fiancé de l’époque est mort, lui a provoqué un hématome non opérable au cerveau. La liaison prend alors une toute autre tournure.

Ce livre me laisse perplexe… Pour tout vous dire, je ne sais pas vraiment où le classer. Certains aspects m’ont déçue ou à tout le moins, ennuyée, d’autres m’ont énormément plu. D’où ce sentiment bizarre, ce goût d’inachevé. Il faudrait que je pense à ouvrir une nouvelle rubrique « Une femme et des livres a moyennement aimé ».

Ce qui aurait dû conduire tout droit ce roman à la rubrique « Une femme et des livres a lu et n’a pas aimé »

  • L’héroïne. J’ai détesté son immaturité, son côté très enfant gâté, son égoïsme, cette façon de se comporter comme si tout lui était dû, son inconstance… Bref, elle m’a énervée de bout en bout et ça fait beaucoup pour un seul livre.
  • Le héros. Lui, c’est plus le côté : « Je me complais dans la souffrance…  » qui m’a été très pénible. Résumons : Je sais qu’elle me fait souffrir mais je reste quand-même, je sais que je devrais partir mais je reste quand-même, nous n’avons plus rien à faire ensemble mais je reste quand-même, elle n’est pas faite pour moi, elle me ment, elle se joue de moi mais je reste quand-même… Bref, je l’aime alors j’attends qu’elle me quitte. Le mode : « Ne me quitte pas » (Jacques Brel), ça va bien un peu. Une moitié de roman -même court- ça commence à être lourd.
  • La lenteur du roman. Avant d’être romancier, Philippe Vilain est essayiste et cela se sent. Plus qu’un roman, on a l’impression de lire un essai sur le sentiment amoureux : Comment il commence, comment il se vit avant de s’enrayer et de se terminer. Du coup, il n’y a pas vraiment d’action. On écoute l’auteur nous raconter une histoire, son histoire. Parfois, cela m’a semblé bien long.
  • Sa vision très méprisante de la province que l’auteur dit malgré tout aimer « parce qu’il est sûr de ne plus jamais y habiter ». Mention spéciale pour sa description de Limoges, assurément nommée dans la catégorie : « ville la plus plouc de l’année ». Je n’y ai personnellement jamais mis les pieds mais je pense que les Limougeauds apprécieront -ou pas.

Ce qui sauve le roman de la rubrique « Une femme et des livres a lu et n’a pas aimé »

  • L’écriture de Philippe Vilain : sensible et émouvante. Ses descriptions des deux personnages, les situations qu’ils vivent qui sonnent tellement justes, sa façon de décrire les sentiments amoureux mais aussi les doutes et les peurs qui assaillent les nouveaux amants.
  • Le dernier chapitre du livre : Il m’a tout simplement bouleversé.
  • Le rebondissement spectaculaire qui intervient à la moitié du roman.

Maintenant, à vous de voir !