Publié dans Une femme et des livres a lu et a été déçue

La fille de Brooklyn

Alléchée par les critiques dithyrambiques écrites sur la 4ème de couverture (« Un thriller palpitant, écrit avec beaucoup d’élégance », France Info, « Inattendu et bouleversant, AFP, « Le nouveau roman de Guillaume Musso est aussi son meilleur », Lire), je me suis décidée à acheter La fille de Brooklyn de Guillaume Musso (XO Editions), oubliant instantanément que j’avais juré de ne plus jamais lire de Musso lors d’une précédente chronique à retrouver ici.

Quid de La fille de Brooklyn, donc. Tout commence comme un roman sentimental, avec deux héros, l’un écrivain à succès, l’autre médecin en devenir, qui passent un week-end en amoureux sur la Côte d’Azur, quelques semaines avant de passer devant Monsieur le maire. Nos deux héros se connaissent depuis six mois seulement mais la passion est telle qu’ils veulent déjà se marier, sans connaître grand chose de l’autre. Oui, se marier avec quelqu’un qu’on connaît à peine, « dans la vraie vie », ça n’arrive pas si souvent. Voire même jamais. Mais dans un roman, cela permet de créer du mystère à moindre frais, tant pis si cela nuit à la vraisemblance de l’histoire. Donc, Anna et Raphaël sont amoureux, sans trop de connaître. C’est le moment que choisit Anna pour demander à son amant : « Si j’avais commis le pire, m’aimerais-tu malgré tout ? » tout en lui dévoilant la photo de trois corps carbonisés, puis de disparaître, devant le regard ahuri de Raphaël. Evidemment, Raphaël choisit de partir à la recherche de celle qu’il aime, quoi qu’elle ait pu faire. Une quête qui le conduira jusqu’à New-York, avec son voisin, Marc Caradec, ancien flic (c’est pratique), pressé de reprendre du service.

Voilà pour l’histoire. Pour être claire, je ne prétends pas que ce roman soit mauvais de bout en bout. Le suspens, avec des rebondissements réguliers et inattendus, est plutôt bien amené. Il nous tient effectivement en haleine. Mais il m’a néanmoins beaucoup déçu, eu égards aux critiques très élogieuses que j’ai pu lire. Tout fait trop factice dans ce roman. Raphaël et Marc résolvent beaucoup trop facilement des faits cruciaux à partir d’indices, somme toute bien maigres. Jusqu’à résoudre une enquête vieille de 10 ans, avec des ramifications aux Etats-Unis, dans les plus hautes sphères du pouvoir en… trois jours et quatre nuits. Le dénouement final est d’une naïveté incroyable, que Guillaume Musso noie dans un sentimentalisme assez insupportable. Bref, ça sent le roman écrit vite et bien, pour faire pleurer dans les chaumières.

Ce qui m’a passablement agacée aussi dans ce roman, c’est la façon dont Guillaume Musso s’y met en scène, avec une détestable arrogance. Raphaël, son héros, est un écrivain à succès qui vend des centaines de milliers de romans à chacune de ses publications. Raphaël (Guillaume) est riche, Raphaël (Guillaume) a la belle vie, Raphaël (Guillaume) va à New-York comme la ménagère moyenne va au Super U, Raphaël (Guillaume) a les moyens de partir sur un coup de tête à Manhattan et de loger dans un hôtel de luxe… Ce côté (voyez un peu ce que c’est que d’être comme moi un écrivain à succès, nananèreuh) m’a été assez vite insupportable.

Allez, cette fois, c’est vrai (promis, juré, croix de bois, croix de fer, etc, etc…), Guillaume Musso ne viendra plus jamais s’installer dans ma bibliothèque.

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Publié dans Une femme et des livres a lu et a été déçue

Meurtre sur la lande

Choisir un livre parce que l’intrigue se passe justement dans la région où vous venez de passer un excellent séjour, ce n’est pas forcément une bonne idée. Pour preuve, Meurtre sur la lande de Martha Grimes que j’ai trouvé chez un bouquiniste de l’Ancienne bourse à Lille et que j’ai acheté parce que l’histoire se passait en Devon-Cornouailles, région que j’adore et dont je voulais retrouver les paysages enchanteurs au fil des pages. Cruelle déception ! Alors, certes, j’ai effectivement retrouvé l’ambiance si typically british que j’aime tant sous la plume de Martha Grimes, mais comme je me suis ennuyée en lisant ce livre ! J’ai d’ailleurs mis des semaines à en venir à bout, avec la désagréable impremeurtre-sur-la-landession de faire du surplace.

L’intrigue était prometteuse pourtant : Richard Jury, le commissaire-enquêteur héros de tous les polars de Martha Grimes, assiste, impuissant, à l’assassinat d’un homme par sa femme au beau milieu d’une salle de restaurant, perdu au milieu de la campagne anglaise. Stupéfait par l’audace de cette femme, subjugué par sa beauté, décontenancé par le peu de motivation qu’elle met à se défendre, Richard Jury décide de mener l’enquête, persuadé que la clé de l’énigme se trouve dans son passé. Il est aidé dans sa quête par son ami Melrose Plant, aussi déjanté et original qu’à l’habitude. Et pourtant, rien ne fonctionne dans ce polar qui s’étire sur des pages et des pages sans que l’histoire ne donne l’impression d’avancer. C’est lent, c’est lent… Même Melrose Plant, dont on ne comprend pas bien ce qu’il vient faire dans l’histoire, ne nous fait plus rire. Je vous l’avoue, j’allais abandonner, arrivée, à peu près, à mi-parcours du livre, quand, enfin, l’intrigue devint un peu plus palpitante : Révélations… deuxième meurtre… Sauf que le début d’enthousiasme du lecteur retombe très vite devant le nombre d’incohérences qui permettent à Richard Jury de résoudre l’énigme. Et même devant le nombre d’incohérences tout court. Je ne vais rien « spoiler » ici, s’il s’avérait que des lecteurs du blog, fan de Martha Grimes, aient quand même envie de se plonger dans ce polar, mais même le mobile du crime (et l’identité du responsable de l’enlèvement de deux enfants, intrigue qui vient se greffer sur le premier meurtre), ne m’ont absolument par convaincue. Je crains qu’il ne se passe pas mal de temps avant que je replonge dans un « Martha Grimes », dont j’aime habituellement beaucoup la plume.