Publié dans Une femme et des livres donne la parole

Corpus Delecta, une certaine idée du mystère

Vous l’avez découverte à travers Les talons rouges, son recueil de nouvelles épistolaires érotiques que j’ai chroniqué ici. Je vous propose de la découvrir un peu plus aujourd’hui.  Corpus Delecta a accepté de se dévoiler avec fraîcheur et de spontanéité, à la condition de laisser beaucoup de mystère parce qu’elle le cultive avec gourmandise. Corpus Delecta a entrouvert la porte. Entrez vite ! Elle pourrait changer d’avis !  

Corpus Delecta, et si vous commenciez par vous décrire brièvement ?

« Que vous dire, donc… Que je vis dans le Sud. Que quoi qu’il arrive je vis toujours près de la mer, et que je ne pourrais pas faire autrement. Là où d’autres ont besoin d’oxygène, moi, il me faut de l’iode… Me décrire brièvement? J’en suis bien incapable! La digression est mon mode de communication préféré. Et puis, quel « moi » voulez-vous que je décrive? Je suis si multiple! Bon, pour ne pas trop vous laisser sur votre faim, disons que ma principale qualité est une certaine légèreté. Quant  à mon physique, que chacun (et chacune) se l’imagine comme il (ou elle!) l’entend. Après tout, Corpus Delecta vit de l’imaginaire, et du fantasme ».

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Photo choisie par Corpus Delecta pour illustrer son interview.

Dans la vie, qu’aimez-vous ? Que n’aimez-vous pas ? Qu’est ce qui vous fait avancer ?

« Vous ai-je déjà dit que je digressais facilement? Commençons par la fin.  Je dirais que ce qui me fait avancer, mon moteur si vous voulez, c’est la curiosité. Je suis une vraie gamine, toujours à vouloir regarder ce qui se cache derrière les portes, derrière les gens, toujours à vouloir lire entre les lignes. J’aime jouer, je n’ai peur de rien, à la fois naïve et lucide. Ce que j’aime? Ma vie. Ca paraît facile, comme réponse, et pourtant, c’est essentiel. Quant à ce que je n’aime pas… Les contraintes. J’ai horreur des contraintes, quelles qu’elles soient ! »

Depuis combien de temps écrivez-vous ? Quel a été le déclic ? Pourquoi écrivez-vous ? Est ce un besoin au même titre que boire et manger ?

 » Je crois que j’ai toujours écrit. J’imagine que j’aurais pu faire des milliers d’autres choses, mais l’écriture s’est pour ainsi dire imposée à moi. Je ne dirais pas que c’est un besoin. Plutôt une évidence. J’écris. C’est comme ça ».

 L’érotisme : Pourquoi écrivez-vous dans ce genre littéraire, qui ne s’adresse pas à tous les publics ? Avez-vous été, avant, lectrice de textes érotiques ? Que cherchez vous à faire passer à vos lecteurs à travers vos textes ?

« Je ne suis pas une grande lectrice de littérature érotique, non.  Je ne saurais vous dire pourquoi, mais c’est comme ça: j’adore en écrire, mais j’en lis très peu. J’ai commencé l’érotique pour séduire, tout simplement. Adolescente, déjà, j’adorais écrire des lettres très osées à mes amoureux. C’est certainement une histoire de pouvoir, aussi. Troubler un homme avec des mots… c’est une sensation exquise! Mais mon « vrai » travail d’écriture érotique a commencé lorsque je suis tombée follement amoureuse d’un homme. Nous nous étions rencontrés sur Internet, écrire était la seule chance qu’il m’offrait de le séduire. Hélas! il n’a jamais cédé à mes avances. Alors j’ai décidé de tenter de publier les textes que je lui avais offerts, plutôt par jeu, au début. Comme une nouvelle étape dans mes tentatives de l’attirer dans mes filets! Il n’est jamais devenu mon amant, il est resté ma muse. La seule chose que je veux transmettre, avec mes textes, c’est du plaisir. Celui de la lecture, avant tout. Et plus si affinité

Avez-vous déjà rencontrer certains de vos lecteurs ? Si oui, que vous ont apporté ces rencontres ?

« Rencontrer mes lecteurs? Vous n’y pensez pas! Evidemment, j’ai un petit cercle d’intimes qui me lisent, et me connaissent. Mais même si je vis au soleil, l’ombre est mon domaine, du moins celui de Corpus Delecta. L’érotisme, à mon sens, se nourrit aussi du secret, ou plutôt, du mystère ».

Vous voulez donc rester anonyme. Est ce qu’au delà du goût du mystère, est-ce parce que cette écriture là doit rester votre jardin secret ? Votre échappatoire ? Qu’il y a comme un gout d’interdit ?

« Parfois, les choses sont bien plus simples qu’elles ne paraissent. Aucun goût d’interdit, l’interdit n’est pas dans ma nature. Non, je veux rester anonyme un peu par jeu, et beaucoup parce que je ne cours pas après la notoriété. J’écris de l’érotique par plaisir. J’aime ça. J’ai la chance d’être publiée, et d’être lue, et bien qu’il soit peu probable que j’en vive un jour, c’est une situation qui me convient. Je n’ai pas besoin de voir mon visage ailleurs que dans mon miroir! Et puis, finalement, le « Mystère Corpus Delecta » permet aux lecteurs de me fantasmer à leur goût, ce qui est un petit plus non négligeable, je pense »

Ecrivez-vous pour d’autres genres littéraires ? Si oui,toujours sous pseudo ?

« Oui, j’écris, et suis publiée dans d’autres genres littéraires. De la fiction, toujours, et sous pseudo, aussi, même si là, je suis nettement moins secrète ».

 Parlez-nous de votre dernier livre Le club, édité aux éditions Dominique Leroy, dans la collection e-ros. De son univers, d’où vous avez tiré votre inspiration. A quels lecteurs s’adresse-t-il ? Y a t -il des points communs avec votre propre vie ? Est-ce une réponse à certains de vos fantasmes ?

Le Club … A vrai dire, je ne me souviens pas comme l’idée m’est venue. Une conversation? Un article? Je ne sais plus. De même que je ne pourrais pas dire à qui il s’adresse, précisément. Ce n’est pas une question que je me pose avant d’écrire. J’ai une idée, une scène de départ pour une histoire, je commence à écrire, c’est tout. Ensuite, pour en revenir à votre question, celle du lien entre la vie, les fantames et les histoires qu’écrivent les auteurs érotiques se pose, tout naturellement! J’imagine que beaucoup de lecteurs se demandent si nous vivons toutes ces choses que nous racontons, où s’arrête l’autobiographique, et où commence la fiction! Aucune idée de ce qu’il en est pour mes consoeurs et confrères, pour ma part, disons que tout s’entremêlent et se mélange, réel, fiction, fantasmes… En revanche, et au risque de vous décevoir, les Clubs échangistes ne font pas partie de mes expériences réelles! Ils ont certes un fort pouvoir évocateur, bien sûr qu’il y a un côté très attirant dans cette idée de débauche, de liberté absolue qu’ils représentent, le manque de tabous… C’est juste que j’ai une conception bien plus intimiste de l’érotisme. Ce qui ne m’a pas empêchée d’écrire une histoire sur un Club. Mais écrire, c’est justement ça, aussi: une liberté absolue, aucun tabou. Du plaisir ! »

Avez-vous d’autres projets d’écriture sur le feu ?

« A vrai dire, en ce moment, j’ai presque trop de projets en cours! Là, je viens de décider de mener ceux-ci à bout avant de me lancer dans autre chose! J’ai trois manuscrits en cours de lecture, deux érotiques, et un roman; j’ai un recueil de textes humoristiques pour lequel il va falloir que je mette en quête d’éditeur (un aspect terriblement chronophage et frustrant, dans une vie d’auteur!) et j’ai une sorte d’essai sur lequel je travaille depuis presque un an dont je me dis qu’il serait bon que le termine, un de ces jours! Comme pour la digression, j’ai une fâcheuse tendance à me disperser ! »

Si vous souhaitez aborder un thème que j’aurais oublié, n’hésitez pas à en parler ici. Cette interview est la vôtre !

« Je crois que si quelque chose m’importe, en tant que Corpus Delecta, c’est que mes textes soient aussi de vrais textes littéraires. Au delà de l’excitation qu’ils peuvent éveiller, du moins je l’espère, j’ai pour ambition que mes écrits procurent un vrai plaisir de lecture. Le langage m’importe énormément. Dans « auteur érotique » il y a érotique, certes. Mais il y a aussi « auteur ». C’est une notion essentielle, pour moi ».

Merci beaucoup, Corpus Delecta, d’avoir répondu à ces questions. Si des lecteurs souhaitent connaître vos textes, je les invite à se rendre sur le site des éditions Dominique Leroy, http://www.dominiqueleroy.fr

 

 

 

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Publié dans Une femme et des livres se dévergonde

Les Talons rouges

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Avec Les Talons rouges , publié dans la collection e-ros aux éditions Dominique Leroy, Corpus Delecta signe un recueil de nouvelles authentiquement sensuelles et libérées, impudiques et provocantes. Cinq nouvelles épistolaires servies par la plume magnifique de leur auteur. Une plume qui sait se faire brûlante souvent, crue parfois, mais grossière jamais. Une plume qui s’autorise l’humour aussi et ne s’interdit pas non plus de pointer les travers de ses contemporains. Bref, j’ai aimé cette rencontre avec ces talons rouges que portent les héroïnes de ces cinq nouvelles, comme un accessoire de séduction et un appel à réaliser leurs fantasmes les plus inavouables.

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