Publié dans Une femme et des livres a lu et a été déçue

Meurtre sur la lande

Choisir un livre parce que l’intrigue se passe justement dans la région où vous venez de passer un excellent séjour, ce n’est pas forcément une bonne idée. Pour preuve, Meurtre sur la lande de Martha Grimes que j’ai trouvé chez un bouquiniste de l’Ancienne bourse à Lille et que j’ai acheté parce que l’histoire se passait en Devon-Cornouailles, région que j’adore et dont je voulais retrouver les paysages enchanteurs au fil des pages. Cruelle déception ! Alors, certes, j’ai effectivement retrouvé l’ambiance si typically british que j’aime tant sous la plume de Martha Grimes, mais comme je me suis ennuyée en lisant ce livre ! J’ai d’ailleurs mis des semaines à en venir à bout, avec la désagréable impremeurtre-sur-la-landession de faire du surplace.

L’intrigue était prometteuse pourtant : Richard Jury, le commissaire-enquêteur héros de tous les polars de Martha Grimes, assiste, impuissant, à l’assassinat d’un homme par sa femme au beau milieu d’une salle de restaurant, perdu au milieu de la campagne anglaise. Stupéfait par l’audace de cette femme, subjugué par sa beauté, décontenancé par le peu de motivation qu’elle met à se défendre, Richard Jury décide de mener l’enquête, persuadé que la clé de l’énigme se trouve dans son passé. Il est aidé dans sa quête par son ami Melrose Plant, aussi déjanté et original qu’à l’habitude. Et pourtant, rien ne fonctionne dans ce polar qui s’étire sur des pages et des pages sans que l’histoire ne donne l’impression d’avancer. C’est lent, c’est lent… Même Melrose Plant, dont on ne comprend pas bien ce qu’il vient faire dans l’histoire, ne nous fait plus rire. Je vous l’avoue, j’allais abandonner, arrivée, à peu près, à mi-parcours du livre, quand, enfin, l’intrigue devint un peu plus palpitante : Révélations… deuxième meurtre… Sauf que le début d’enthousiasme du lecteur retombe très vite devant le nombre d’incohérences qui permettent à Richard Jury de résoudre l’énigme. Et même devant le nombre d’incohérences tout court. Je ne vais rien « spoiler » ici, s’il s’avérait que des lecteurs du blog, fan de Martha Grimes, aient quand même envie de se plonger dans ce polar, mais même le mobile du crime (et l’identité du responsable de l’enlèvement de deux enfants, intrigue qui vient se greffer sur le premier meurtre), ne m’ont absolument par convaincue. Je crains qu’il ne se passe pas mal de temps avant que je replonge dans un « Martha Grimes », dont j’aime habituellement beaucoup la plume.

Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

Vertigo 42

martha grimesOn dit l’été souvent propice à des lectures plus légères. Est-ce pour cette raison que j’ai eu envie de retrouver mes auteurs de polars fétiches : Martha Grimes, Elizabeth George et P.D. James que j’avais délaissés depuis quelques temps ? Peut-être. En tous les cas, j’ai commencé l’été avec le dernier polar de Martha Grimes (une valeur sûre du genre), Vertigo 42, paru aux éditions Les Presses de la Cité. Et ce fut un réel bonheur de retrouver le fameux commissaire Richard Jury, flanqué de son éternel second, Wiggins, et de toute sa bande de copains aussi désoeuvrés qu’originaux, en premier lieu desquels Melrose Plant, comte Ardry, parfaite figure du lord anglais victorien et suranné mais qui n’a pas son pareil pour aider le commissaire dans ses enquêtes.

Dans ce dernier opus, Martha Grimes entraîne son héros de commissaire sur les traces du passé. Richard Jury accepte, en effet, d’enquêter sur la mort prétendument accidentelle de Tess Williamson survenue quelque 16 ans plus tôt, à la demande de son mari, veuf inconsolable. Cette mort est-elle liée à celle d’une fillette de 10 ans, retrouvée le crâne fracassé dans le jardin alors qu’elle participait avec d’autres enfants à une partie de cache-cache chez les Williamson six ans auparavant ? Une mort restée inexpliquée qui aurait pu donner des idées de vengeance… Mais son enquête à peine commencée, voilà notre commissaire confronté à deux nouveaux meurtres : Une jeune femme que l’on a jetée du haut d’une tour et un homme vraisemblablement « livreur » de chien pour un site internet qui met en relation propriétaires de chiens et familles adoptantes.  Un homme et une femme apparemment sans lien direct entre eux. Apparemment sans lien direct avec son enquête. Apparemment…

De Londres au fin de fond du Devon, Richard Jury mène l’enquête sur tous les fronts. Avec un flegme et une décontraction toute britannique, le commissaire interroge les témoins, fouille le passé, échafaude des hypothèses, boit du thé et retrouve sa bande de copains au pub. C’est cela que j’apprécie particulièrement dans les romans de Matha Grimes : L’atmosphère qui s’en dégage et le temps que prend Richard Jury pour dénouer les fils d’une énigme, sans jamais se mettre la pression, et en prenant s’il le faut des chemins tortueux pour y arriver. Fausses-pistes nombreuses, rebondissements, suspens, mais aussi humour, tout est diablement bien construit pour tenir le lecteur en haleine jusqu’à la dernière ligne. Car, oui, la solution de l’énigme n’est pas toujours celle que l’on croit… Franchement, un roman de Martha Grimes de très bonne facture, très bien ficelé dont on a même du mal à décrocher. Une lecture idéale pour se changer les idées pendant les vacances.