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Il est grand temps de rallumer les étoiles

CVT_Il-Est-Grand-Temps-de-Rallumer-les-Etoiles_3853Je n’aime pas les romans dits « feel good » ou encore « chick lit », ces roman légers qui se lisent très vite, sensés nous mettre d’humeur joyeuse grâce à une histoire (d’amour) cousue de fil blanc, à de l’émotion factice et à des hasards trop faciles. Je n’aime pas qu’on me balade sur des sentiers improbables, dans un décor de carton-pâte, avec des personnages trop beaux (ou méchants) pour être vrais.

Virginie Grimaldi fait partie de ces auteurs de romans « feel good » qui vendent des centaines de milliers d’exemplaires à chaque nouvelle parution. Je savais qu’elle avait été lauréate il y a quelques années du prix littéraire « Ecrire au féminin » pour une nouvelle que j’avais adorée. C’est pour cette unique raison que je me suis laissée tenter par son dernier roman (le quatrième en à peine quatre ans !) Il est grand temps de rallumer les étoiles dont son éditeur Fayard a bien voulu m’envoyer une version numérique via la plateforme Netgalley. Ce dont je le remercie.

Il est grand temps de rallumer les étoiles raconte l’histoire d’Anna, la quarantaine, divorcée et mère de deux filles adolescentes, Chloé et Lily. Mise au chômage du jour au lendemain, croulant sous les dettes, asphyxiée par ses filles qu’elle ne comprend plus, Anna décide d’emprunter le camping-car de son père et de partir avec Chloé et Lily pour un road-trip jusqu’au cercle polaire en Finlande. Histoire de respirer, histoire de se sortir, pour quelques semaines, du « merdier » dans lequel elle se trouve. Originalité du récit (parce que pour l’originalité de l’histoire, on repassera) : Il est raconté successivement par la voix d’Anna, de Chloé et de Lily.

Premières impressions en début de lecture : C’est bien écrit, indéniablement, c’est plein d’humour. Un bon point, donc.

Hélas, très vite, la belle mécanique s’enraille. La faute à trop d’invraisemblances et de situations caricaturales. Comment croire à ces deux vieux, rencontrés au hasard du road-trip qui, à 80 balais passés, se sauvent en camping-car de la maison de retraite où ils résident ? Comment croire à ce jeune couple qui part en road-trip pour mieux accepter sa future parentalité qui lui est tombée dessus par accident ? Comment croire à ces parents issus de la haute bourgeoisie parisienne « François et Françoise » dont les enfants s’appellent « Louis et Louise » (whaaa, trop drôle !) qui entament un road-trip dans un fourgon aménagé pour apprendre la vie à leur fille trop gâtée ? Comment croire en ce père qui fait un road-trip pour son fils autiste alors que sa méchante femme vient de le quitter « car un fils autiste, c’est trop dur » ? Comment croire au récit de Lily, 12 ans, dont le style et les mots utilisés conviennent bien davantage à une adulte ? (Quant à lui faire déformer les expressions et les proverbes sans doute pour faire plus « enfant », c’est rigolo au début mais au bout de 10, ça lasse). Ces gens-là ne travaillent-ils donc pas qu’ils puissent, quasi sur un coup de tête, tout larguer ? Et combien y avait-il de chances pour que ce petit monde se rencontre sur la route ? Aucune ! Sauf dans un roman de Virginie Grimaldi. Ou un scénario de « Camping paradis ».

Vous me direz, ces rencontres un peu trop belles, ces hasards qui tombent un peu trop bien, cette réalité esquissée à très gros traits, n’est-ce-pas la loi du genre ? Si sans doute. Alors, pourquoi m’obstiner à en lire alors que je sais que je vais être déçue et que je ne pourrais donc qu’écrire une chronique sévère, alors même que ce genre littéraire ravit des milliers et des milliers de lecteurs et lectrices ? En ce qui concerne Virginie Grimaldi, je sais : Je croyais que son vrai talent d’écriture et son humour me feraient oublier la vacuité du scénario. Hélas, non.

Terminons sur une note positive, néanmoins : Alors que je me posais la question d’arrêter ma lecture tant la fin du roman me paraissait prévisible et tant l’histoire et les personnages m’agaçaient, j’ai finalement eu envie de continuer. J’ai bien fait. Car avec une jolie pirouette, à quelques chapitres de la fin, Virginie Grimaldi réussit un très beau retournement de situation complètement inattendu et bien vu.

Allons, tout n’est pas à jeter dans les romans de Virginie Grimaldi. A réserver toutefois aux vrais amateurs du genre.

 

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