Catégorie : Une femme et des livres donne la parole

Laëtitia Constant, hyperactive de la lecture et de l’écriture

Laëtitia Constant, Parisienne, 34 ans, est publiée chez « J’ai lu » (la collection « poche » de l’éditeur Flammarion). Aliénor Mc Kanaghan, l’héroïne de sa saga fantastique qu’elle a créée en 2009, a séduit l’éditeur. La jeune auteure a accepté de parler de son parcours littéraire, de ses romans, de son univers, de ses coups de cœur… et même de sa vie. Rencontre avec une hyperactive de l’écriture et de la lecture.

Bonjour Laëtitia Constant et merci de vous prêter au jeu de l’interview. Et si vous commenciez par vous présenter brièvement ?

« Volontiers. Je suis née à Paris il y a 34 ans mais j’ai grandi à Palaiseau, dans l’Essonne. Maman d’une petite fille de 9 ans et demi, j’ai la chance d’écrire à plein temps depuis 2011. Auparavant, j’ai exercé dans plusieurs secteurs d’activités comme les Assurances, l’Administratif et le Tourisme. Je suis une grande lectrice, même si j’ai moins le temps maintenant. J’adore les livres, je les trouve rassurants. Si je m’écoutais, j’en achèterais tout le temps. Des romans, des livres de cuisine, de voyage… J’aime me dire qu’ils mettent le monde à ma portée. Je suis également une grande fan de séries TV et une curieuse de la vie en général ».

Photo Laetitia Constant (2)

Qu’est ce qui fait que vous en êtes venu à écrire des romans ? Est ce que ce fut un long cheminement avant de vous lancer ? Est ce la lecture qui vous a amené à l’écriture ?

« Je pense que la lecture m’a amenée à l’écriture. Enfant, j’écrivais en cachette. J’avais honte de mettre par écrit ce que je ressentais. Une fois adolescente, avec mes études, j’ai dû mettre ce mode d’expression ainsi que les livres de côté. Des années plus tard, j’y suis revenue un peu par la force des choses. Suite à un problème de santé, j’avais besoin de fuir mon quotidien alors je me suis replongée dans les livres. Une chose en entraînant une autre, mon personnage d’Aliénor est née et je me suis accrochée à elle comme à une bouée de sauvetage. En toute sincérité, j’ai mis mes tripes dans cette histoire. Au début, je ne visais pas la publication. C’était juste un exutoire. Lorsque je me suis rendue compte que j’avais écris un roman, j’ai commencé à me demander : « Et pourquoi pas moi ? ». A partir de ce moment, j’ai travaillé dur pour parvenir à me faire publier ».

Diriez-vous que l’écriture est un vrai besoin au quotidien ?

« Pas au quotidien, non. Mais écrire fait partie intégrante de mon mode de vie. Même quand je ne suis pas devant mon clavier, mon esprit tourne à 100 à l’heure, tout le temps et partout. C’est parfois épuisant ».

Avez-vous des auteurs en modèle ? Des auteurs qui vous ont donné envie d’écrire ?

« Oui, j’aime, par exemple, beaucoup le style dynamique d’auteurs comme Jennifer L. Armentrout, Jamie McGuire ou encore Emilie Blaine. Peu importe le genre, il faut que ça bouge.  Je suis une lectrice hyperactive ».

 

Quel est votre source d’inspiration ? D’après ce que j’ai pu lire, vos romans se passe dans un univers fantastique. Pourquoi ce choix ?

« Les univers fantastiques m’ont toujours entourée que ce soit à la télévision ou au cinéma. Je fais partie de la génération « Trilogie du samedi soir » sur M6. J’ai grandi avec Buffy contre les vampires, Charmed, X-Files, Les contes de la Crypte ou encore l’Histoire sans fin, Beetlejuice, la famille Adams… Je pourrais citer des dizaines de titres qui me suivent depuis toujours. Le fantastique s’affranchit des barrières qu’impose le réel. Les possibilités de chemin  y sont quasi infinies et les codes sont souvent bousculés. C’est la liberté, en somme. Ecrire une histoire dans cet univers était une évidence mais je ne m’y cantonne pas ».

 

Vous avez déjà publié deux romans, le troisième de la série « Aliénor MacKanaghan » va sortir prochainement. Parlez-nous un peu de cette héroïne. Qui est-elle ? Quelles aventures vit-elle ? Vous ressemble-t-elle ? Etes-vous attachée à cette héroïne au point de poursuivre l’aventure avec de nouveaux tomes ?

« Aliénor, c’est mon personnage chouchou. Parce qu’elle est le premier que j’ai créé et que c’est grâce à elle que mon aventure avec mon éditeur -Flammarion pour sa collection « J’ai lu »- a débuté. C’est une jeune fille de 18 ans qui tente de faire abstraction du fait qu’elle ne vit pas comme tout le monde. Elle essaye de vivre normalement jusqu’à ce qu’un évènement, ainsi qu’une rencontre avec un certain Milàn, transforme sa vie pour toujours. A partir de ce moment, elle se débat pour se reconstruire et sa quête n’est pas un long fleuve tranquille. Elle n’est pas épargnée (le lecteur non plus), ses convictions sont souvent remises en question et elle s’en sort rarement indemne. Malgré tout, elle en tire des choses positives et sa relation avec Milàn en est un exemple même si comme dans la vie, ce n’est pas toujours rose. C’est une histoire d’amour qui se veut la plus réaliste possible. Dans le premier tome, Litha, Aliénor jeune, puis on suit ses aventures sur quatre tomes, puisque, oui, un 4ème tome est déjà prévu. Par certains aspects, je pense que cette série est un peu un miroir de ma vie. J’ai souffert avec elle comme elle a souffert avec moi ».

Votre parcours d’auteur : Avez-vous « galéré » avant de trouver une maison d’édition ?

« Mon parcours n’a pas été simple, loin de là. Il a été chaotique et j’ai même failli abandonner plus d’une fois l’idée de devenir écrivain. L’édition est un milieu difficile où il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. J’ai créé mon personnage d’Aliénor en 2009. Ensuite,  je n’ai eu de cesse d’améliorer mon texte. Mes efforts ont fini par payer puisque j’ai réussi à intéresser un éditeur. Je prends cela comme une chance inestimable. Nombre d’auteurs de manuscrits ne l’ont pas »

.

Vous participez souvent à des salons du livres et des rencontres d’auteurs.  Que vous apportent ces rencontres ? Avez-vous été plus particulièrement touchée par l’une de ces rencontres ?

« La création littéraire est une activité solitaire. Imaginer que son livre, le fruit de son travail, peut impacter d’une manière ou d’une autre la vie de quelqu’un est difficile à mesurer. Les salons sont des moments particuliers car ils permettent de mettre des visages sur le mot« lecteur ». Certains sont très expressifs et montrent leur joie, d’autres sont plus timides ou impressionnés. Dans tous les cas, je ne sais pas qui est le plus nerveux. Eux, ou moi. C’est aussi le moment où l’on retrouve les amis écrivains. Nous sommes éparpillés sur le territoire -voire même au-delà- et ces évènements sont pratiquement les seuls moments où l’on peut passer du temps ensemble.  Je me souviens qu’un jour, quelqu’un m’a dit que grâce à mon roman il avait repris goût à la lecture. J’ai été touchée et j’y pense à chaque fois que je doute de moi ».

Pour terminer, avez-vous des projets littéraires dont vous voudriez parler ?

« Je travaille actuellement à la sortie du tome 3 de la série « Aliénor McKanaghan », puis j’enchaînerai avec l’écriture du dernier tome. Par ailleurs, j’ai écrit une romance complètement indépendante de la série « Aliénor Mc Kanaghan » qui doit paraître au premier semestre 2017″.

Alexandra Le Dauphin, l’écriture comme catharsis

Vous avez forcément croisé en librairie l’un des trois livres qu’elle a publiés depuis deux ans. Avec Au boulot chômette et Célibataire ? Faut pas t’en faire !, deux romans humoristiques, Alexandra Le Dauphin a connu bien plus qu’un succès d’estime. La jeune auteure, rédactrice web dans le civil, a accepté de se dévoiler un peu plus pour les lecteurs de ce blog.

Stand (3)

Alexandra Le Dauphin, si nous commencions par vous présenter brièvement ? D’où êtes-vous ? Quelle est votre profession ? Et qu’aimez-vous dans la vie, à part l’écriture ?

« Alors, je suis une Bordelaise trentenaire. J’ai créé mon autoentreprise de rédaction web Drôle de Plume il y a 5 ans.  Je suis aussi chargée de communication à temps partiel pour l’enseigne Galaxy Concept depuis plus de deux ans. J’ai donc un double emploi après avoir galéré pendant plus d’un an pour trouver du travail. . Je suis également maman de deux enfants de 9 et 6 ans, mes rayons lumineux de chaque instant. Et pour terminer, je pratique la course à pied et le tennis, deux disciplines sportives indispensables à mon équilibre pour moi qui ai constamment besoin de bouger ».

Qu’est ce qui fait que vous en êtes venu à écrire des romans ? Est-ce que c’est parce que vous êtes passionnée par l’écriture depuis longtemps (et qui vous a peut-être aussi amené aussi à ce métier de rédactrice) ?

« Effectivement, l’écriture m’a aidée sur bien des plans. Elle était sûrement là depuis longtemps mais je n’avais pas encore pu mesurer son importance. Ce sont des événements personnels difficiles qui ont été le catalyseur de mon envie d’écrire. Comme lorsque ma fille est née très grande prématurée, avec un pronostic vital engagé. J’ai eu si peur de la perdre qu’à la sortie de l’hôpital, j’ai lâché toute mon angoisse, toute ma frustration en écrivant un premier texte que j’ai partagé avec des inconnus. Deux ans après, un licenciement pour motif économique a chamboulé toutes mes croyances : Et si, tout compte fait, je n’étais pas faite pour être assistante commerciale ? Et si l’écriture pouvait être plus qu’un simple passe-temps ? J’ai commencé à écrire sur ma recherche d’emploi sur un blog. Encouragée par mes amis et mon réseau, j’ai réussi à transformer ce chapitre de ma vie en livre.  Au boulot, Chômette !, mon premier roman, était né ! »

Diriez-vous que l’écriture est un vrai besoin au quotidien ?

« Oui, clairement ! Je passe ma journée à rédiger que ce soit pour les clients de ma petite boîte ou pour l’entreprise qui m’emploie. À aucun moment je ne vois cela comme une contrainte, bien au contraire ! J’ai enfin trouvé ma voie et j’ai besoin d’écrire ! »

Avez-vous des auteurs en modèle ? Des auteurs qui vous ont donné envie d’écrire ?

« J’adore Stephen King, c’est un maître ! Je serai bien incapable de décortiquer l’horreur comme il excelle à le faire : il est juste exceptionnel… Je communique ponctuellement avec l’écrivain Maxime Chattam qui est, pour le coup, un vrai modèle. J’aime ses écrits et sa façon de vivre. C’est un auteur résolument humain qui s’intéresse aux autres ! C’est d’ailleurs pour cette raison que je le remercie dans mon nouveau livre ».

Photo pro (1)

Quel est votre source d’inspiration ?

« Je m’inspire des scènes de la vie courante, de ce que me racontent mes amis. C’est une façon pour moi d’être proche du lecteur et de lui rappeler des choses qu’il connaît pour qu’on soit sur la même longueur d’ondes ! »

Et si nous parlions de vos livre ? Depuis 2014, vous en avez publié trois, deux sur le registre de l’humour et un autre pour le jeune public.

« Au boulot, Chômette !, sorti en juin 2014 aux éditions « La boîte à Pandore », est un témoignage humoristique sur le chômage. Je l’ai écrit en pensant à tous les demandeurs d’emploi qui vivent la même galère que celle que j’ai vécue. Je suis sûre que certains s’y sont retrouvés même s’il n’a pas d’autre prétention que celle de faire rire. Le chômage est une spirale négative qui a vite fait de nous aspirer vers le bas. Je voulais partager mon expérience et montrer comment je l’ai contournée en créant mon propre emploi. Il fallait véhiculer un message positif car les demandeurs d’emploi ont besoin d’y croire tout en restant pragmatiques et réalistes ! Avec Matéli fait son tri, paru en novembre 2015 chez Verte Plume éditions,  j’ai voulu traiter de l’écologie et du tri afin de sensibiliser les enfants à la protection de l’environnement. Enfin, mon tout dernier roman, Célibataire ? Faut pas t’en faire, vient de sortir en début d’année aux éditions Pixl. Il s’agit là encore d’un témoignage humoristique, sur le célibat cette fois. A l’heure où il y a une réelle pression sociale sur les célibataires, qui peut être très lourde à porter d’ailleurs, j’ai voulu surtout faire sourire avec des anecdotes improbables ».

Votre parcours d’auteur : Avez-vous galéré, comme la grande majorité des auteurs qui n’ont encore rien publié, avant de trouver une maison d’édition ? Comment cela s’est-il passé pour concrétiser vos différents projets littéraires ?

« Et bien bizarrement et heureusement, je n’ai pas vraiment galéré pour me faire éditer. Je suis consciente que c’est une chance incroyable. Pour Matéli et Au boulot, Chômette, plusieurs éditeurs étaient intéressés. Et pour Célibataire, faut pas t’en faire ! la maison d’édition avec laquelle j’ai signé l’a adopté de suite. Il m’a juste fallu remanier quelques phrases. Quant à savoir avec qui signer, je me suis fiée à mon instinct, tout simplement ».

Allez-vous à la rencontre de vos lecteurs ? Participez-vous à des séances de dédicaces ? Si oui, que vous apportent ces rencontres ? Avez-vous été plus particulièrement touchée par l’une d’entre elles ?

« Oui, j’essaie, même si c’est difficile. Je travaille dur en semaine puisque je gère à la fois la communication autour de mes livres mais aussi mes deux emplois. De ce fait, le week-end, j’ai surtout envie de profiter de mes enfants qui sont encore petits. Je ne peux donc pas toujours participer aux salons ou aux séances de dédicaces que l’on me propose. Mais il est évident que j’aime ces rencontres avec mes lecteurs. Ils ont tous leur anecdote à raconter et se livrent parfois facilement, en me faisant confiance. Je prends cela comme une belle récompense. J’ai été particulièrement touchée de rencontrer les parents d’une amie lors du dernier salon auquel j’ai participé. Ils sont venus me soutenir alors que je ne les avais pas vu depuis plus d’une décennie. Quel choc ! J’ai accusé le coup pendant plusieurs secondes, c’était une merveilleuse surprise ! »

Pour terminer, parlons de votre actualité : Avez-vous un manuscrit sur le feu en ce moment ?

« En réalité, j’ai trois projets d’histoires dans la tête, mais malheureusement,  je manque de temps pour m’atteler à leur rédaction  en ce moment. Il va sans doute falloir que je m’organise d’une autre façon si je veux réussir à écrire de nouveaux romans ! »

Merci Alexandra le Dauphin d’avoir répondu à mes questions. Si les lecteurs de ce blog souhaitent encore mieux vous connaître, je les invite à se rendre sur votre site : http://www.alexandra-ledauphin.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Luc Manet, entre rock n’roll et littérature

Jean-Luc Manet est un homme qui aime la discrétion et l’élégance. Parisien, écrivain et critique musical au magazine culturel Les Inrockuptibles, il a accepté de nous parler de la passion qu’il voue à l’écriture et à la littérature, de ses modèles en écriture, de ses envies, de ses choix. Et de Paris aussi, son « village » dont il adore arpenter les trottoirs en quête de… En quête de quoi ? Lisez… Jean-Luc Manet a beaucoup de jolies choses à vous dire. Belle rencontre que cette rencontre !

JLM (photo Jérôme Soligny) (1)
Photo : Jérôme Soligny

Jean-Luc Manet, vous êtes écrivain et critique musical, notamment pour le magazine culturel Les Inrockuptibles, depuis de très nombreuses années. De la musique ou des livres, qui est entré en premier dans votre vie ?

Jean-Luc Manet : « Enid Blyton et son Club des Cinq ont dû précéder le rock’n’roll d’une courte tête, mais j’ai l’impression de n’avoir jamais vécu sans livres ni musique. Du reste, J’ai souhaité leur donner le même genre de prolongement personnel, écrire sur la musique, écrire des histoires. Y participer en somme ».

 Depuis quand écrivez-vous ? J’entends par là, quand vous êtes-vous lancé dans l’écriture de nouvelles ? Est-ce votre métier de critique musical qui vous a mené à cette écriture ?

« La musique et l’écriture sont indissociables, depuis toujours. Je me suis passionné pour le rock et pour la presse musicale quasi simultanément. Très jeune. Le côté « Tintin aux premières loges » des critiques rock me fascinait. Je voulais absolument faire ça, être au cœur du volcan et le raconter. Et puis je viens d’un milieu d’enseignants où l’écrit, livres et journaux, est quelque chose qui compte. C’était assez naturel que je relie musique et écriture. J’écris sur le rock depuis 1979 et reste très attaché à ces rythmes. Par contre, si j’écoute toujours autant de musique, je dois bien avouer que son environnement m’intéresse moins depuis une paire de décennies. Le milieu a changé, comme si les maisons de disques privilégiaient aujourd’hui l’actionnaire plutôt que l’artiste. Les groupes sont devenus interchangeables et défilent sans avoir le temps d’écrire une histoire. Et sans histoire à raconter, il est difficile d’enflammer le lecteur. Alors, grosso modo au changement de siècle, il m’a fallu trouver une autre piste, juste pour combler l’envie d’écrire. Et la fiction s’est imposée sans même y réfléchir. Bien sûr, mes romans et nouvelles sont truffés de références à la musique : ils ont tous une sorte de bande-son. Sans parler des recueils « Rock & Noirs », qu’avec mon ami Jean-Noël Levavasseur, nous consacrons aux groupes qui nous sont chers. Là c’est l’ombilic ultime entre tout ce que j’aime : écrire, raconter des histoires, et rallier d’autres auteurs du noir à la cause rock’n’roll. Nous en sommes à onze recueils, dont ce London Calling, 19 histoires rock et noires, publié chez Buchet-Chastel et consacré au double album culte de Clash, qui a connu un joli succès en librairies ».

JLM (Tulle 2)

La musique, l’écriture sont-ils pour vous des besoins vitaux, au même titre que manger ou dormir ?

« Pas à ce point. Ce sont mes jouets en fait. J’ai besoin d’eux, mais je peux ponctuellement m’en passer. Ça peut sembler très prétentieux, mais j’aime bien dire que j’ignore l’angoisse de la page blanche. Plus sérieusement, si je n’ai rien à raconter, je n’insiste pas, je préfère partir me balader. Et c’est d’ailleurs souvent en promenade que les idées viennent. De fait, vous remarquerez que mes personnages marchent beaucoup ».

 La nouvelle semble être votre mode d’expression favori. Pourquoi ?

 « C’est vrai que j’aime bien le rythme des textes courts, toujours au plus près de l’essentiel, sans gras. Et puis j’y vois aussi un lien évident avec le rock’n’roll. Une chanson doit tout dire en trois minutes, une nouvelle se plie aux mêmes règles d’urgence et de concision ».

 Pas envie de vous lancer dans l’écriture d’un roman plus long ?

 « J’y pense bien sûr mais mon temps est trop fractionné actuellement pour me permettre de tenir la tension sur 300 pages. J’ai un métier de grand garçon (je suis postier) qui m’oblige à majoritairement écrire en vacances ou dans les transports. Et je crois qu’il est important d’écrire vite, quasiment sans respirer, ne rien lâcher, pour que le texte se tienne et frappe juste. Si on lève la tête, c’est foutu, la cohésion se fendille. Il ne faut rien lâcher tant que le point final n’est pas posé. Je ne dispose donc pas des deux mois minimum de liberté qu’il me faudrait pour mener à bien un projet au long cours. La retraite approche et avec elle un horizon sans doute plus propice. On verra… »

 Vous excellez dans l’écriture de polar. Pourquoi avez-vous choisi ce genre littéraire ? Parce que vous êtes vous-même lecteur de polar ?

« Oui, je suis un grand consommateur de romans noirs, américains et français surtout. Là sont mes racines, je ne peux pas le nier. Et tant pis si on me compare régulièrement à des gens comme Marc Villard ou Jean-Bernard Pouy. Je considère d’ailleurs qu’il est essentiel de garder une attitude de lecteur en écrivant. Lire ses phrases comme si elles étaient d’un autre, écouter et juger leur mélodie, virer tout ce qui en casse le rythme… »

Rock et polar sont deux univers qui vont bien ensemble, je trouve.

 « Le roman noir est avant tout le miroir de son époque. Les grands auteurs classiques américains comme David Goodis ou Dashiell Hammet l’ont longtemps affilié au jazz. Le rock a naturellement prit le relais, mais les musiques n’en écrivent que la bande-originale au bout du compte. Elles peuvent donner le tempo, souligner une ambiance ou ancrer un décor, comme au cinéma, mais n’ont que rarement une véritable incidence sur les récits ».

 Avec Les Honneurs de Sophie  (e-book aux éditions Dominique Leroy), vous vous êtes autorisé une incursion dans la littérature érotique. Pourquoi ?

 « En fait, c’était une sorte de pari face au déferlement médiatique engendré par les 50 nuances de guimauves. Un genre de « pourquoi pas moi ? ». Le plus drôle est que je me suis lancé sans avoir jamais côtoyé ce domaine, sans la moindre idée des conventions du genre. Je ne savais pas du tout où je mettais les pieds, mais j’ai trouvé en ChocolatCannelle (directrice de la collection e-ros) une interlocutrice sérieuse et attentive. C’était très rassurant, comme l’ont été les commentaires de lecteurs ».

Pensez-vous y revenir ?

 « Vraisemblablement, mais toujours de façon ludique. Je tiens à ce que cela demeure une récréation, aussi bien pour moi que pour mon héroïne. Jamais il n’arrivera quoi que ce soit de fâcheux à Sophie, ni viol ni aucune autre de forme de violence physique ou psychologique faite aux femmes. Sans son sourire et ses formes solaires, ces contrepoints roses de mes écrits noirs, elle n’aurait aucune raison d’exister. Son insouciance, sa fraîcheur, la légèreté de ses aventures et de ses tenues m’amusent, mais elle seule décide de son destin. Elle est libre, c’est elle qui me chuchotera une « Saison 2 », le moment venu ».

 Trottoirs , votre dernier ouvrage sorti en septembre 2015 aux éditions In8 (dont les lecteurs peuvent retrouver la chronique sur ce blog) retrace avec beaucoup de justesse et de sensibilité le parcours d’un SDF dans les rues de Paris, confronté aux meurtres de compagnons de galère. Le thème n’est pas banal. Comment cette idée vous est-elle venue ?

 « En me promenant bien-sûr. En prenant les transports en commun aussi. Romain est un de ces fantômes que je croise quotidiennement. J’ai imaginé l’histoire de l’un d’entre eux, sans démagogie, sans excès d’empathie, juste raconter. Trottoirs n’est en aucun cas un slogan social, un constat tout au plus. On ne peut pas être juge et partie, je ne suis donc pas le mieux placer pour parler de mes livres, mais j’ai bien aimé que de nombreuses chroniques parlent de poésie ».  

 Votre ville, Paris, devient en quelque sorte l’un des personnages central de ce livre. La description que vous en faites sonne particulièrement vrai. Votre ville natale est-elle souvent une source d’inspiration ?

« Tout à fait. Trottoirs est une autre preuve qu’elle n’est pas parfaite, mais j’aime ma ville, c’est indéniable. J’y suis né, j’y suis chez moi, surtout dans ce quartier autour de Bastille qui était déjà celui de mes grands-parents. Alors oui, j’aime écrire Paris, au gré de mes pérégrinations. Pour autant, j’espère ne pas en donner une image de carte postale. Je me contrefous de « la ville lumière » pour touristes ou bobos : je raconte mon village, c’est tout. Je le picore, par petites touches que je retranscris en mots. Pour donner un exemple : le banc de Trottoirs existe vraiment. Le livre y est né ».

 Quel lien entretenez-vous avec vos lecteurs ? Etes-vous, par exemple, un adepte des salons du livre et séances de dédicaces ?

« Si l’on m’invite, je me rends disponible. Ça fait partie du  SAV. Mais je ne cours pas après. C’est toujours un peu étrange d’être assis derrière une table et de regarder les badauds défiler. Comme l’impression d’être au zoo, mais pas du bon côté des barreaux. Ceci-dit, on enregistre aussi régulièrement de jolies rencontres, voire des contacts ou des amitiés qui perdurent ».

 Avez-vous de nouveaux projets d’écriture ?

 « A cette question, je réponds toujours non. D’une part, lapalissade, ce n’est pas parce qu’on a commencé un texte qu’on va le finir. Si le truc ne pétille pas, ou pas assez, il est parfois préférable de le ranger dans les cartons, en attendant qu’il trouve un regain de sens. Mais surtout, je trouve pathétique ces musiciens ou auteurs qui annoncent toujours l’œuvre de leur vie pour demain. Systématiquement envie de leur dire « ben écoute coco, termine d’abord, on jugera après ». Donc non, je n’ai pas de projets, ou presque…  »

Merci Jean-Luc Manet d’avoir accepté de répondre à mes questions.

Corpus Delecta, une certaine idée du mystère

Vous l’avez découverte à travers Les talons rouges, son recueil de nouvelles épistolaires érotiques que j’ai chroniqué ici. Je vous propose de la découvrir un peu plus aujourd’hui.  Corpus Delecta a accepté de se dévoiler avec fraîcheur et de spontanéité, à la condition de laisser beaucoup de mystère parce qu’elle le cultive avec gourmandise. Corpus Delecta a entrouvert la porte. Entrez vite ! Elle pourrait changer d’avis !  

Corpus Delecta, et si vous commenciez par vous décrire brièvement ?

« Que vous dire, donc… Que je vis dans le Sud. Que quoi qu’il arrive je vis toujours près de la mer, et que je ne pourrais pas faire autrement. Là où d’autres ont besoin d’oxygène, moi, il me faut de l’iode… Me décrire brièvement? J’en suis bien incapable! La digression est mon mode de communication préféré. Et puis, quel « moi » voulez-vous que je décrive? Je suis si multiple! Bon, pour ne pas trop vous laisser sur votre faim, disons que ma principale qualité est une certaine légèreté. Quant  à mon physique, que chacun (et chacune) se l’imagine comme il (ou elle!) l’entend. Après tout, Corpus Delecta vit de l’imaginaire, et du fantasme ».

HQN Corpus Avatar (1)
Photo choisie par Corpus Delecta pour illustrer son interview.

Dans la vie, qu’aimez-vous ? Que n’aimez-vous pas ? Qu’est ce qui vous fait avancer ?

« Vous ai-je déjà dit que je digressais facilement? Commençons par la fin.  Je dirais que ce qui me fait avancer, mon moteur si vous voulez, c’est la curiosité. Je suis une vraie gamine, toujours à vouloir regarder ce qui se cache derrière les portes, derrière les gens, toujours à vouloir lire entre les lignes. J’aime jouer, je n’ai peur de rien, à la fois naïve et lucide. Ce que j’aime? Ma vie. Ca paraît facile, comme réponse, et pourtant, c’est essentiel. Quant à ce que je n’aime pas… Les contraintes. J’ai horreur des contraintes, quelles qu’elles soient ! »

Depuis combien de temps écrivez-vous ? Quel a été le déclic ? Pourquoi écrivez-vous ? Est ce un besoin au même titre que boire et manger ?

 » Je crois que j’ai toujours écrit. J’imagine que j’aurais pu faire des milliers d’autres choses, mais l’écriture s’est pour ainsi dire imposée à moi. Je ne dirais pas que c’est un besoin. Plutôt une évidence. J’écris. C’est comme ça ».

 L’érotisme : Pourquoi écrivez-vous dans ce genre littéraire, qui ne s’adresse pas à tous les publics ? Avez-vous été, avant, lectrice de textes érotiques ? Que cherchez vous à faire passer à vos lecteurs à travers vos textes ?

« Je ne suis pas une grande lectrice de littérature érotique, non.  Je ne saurais vous dire pourquoi, mais c’est comme ça: j’adore en écrire, mais j’en lis très peu. J’ai commencé l’érotique pour séduire, tout simplement. Adolescente, déjà, j’adorais écrire des lettres très osées à mes amoureux. C’est certainement une histoire de pouvoir, aussi. Troubler un homme avec des mots… c’est une sensation exquise! Mais mon « vrai » travail d’écriture érotique a commencé lorsque je suis tombée follement amoureuse d’un homme. Nous nous étions rencontrés sur Internet, écrire était la seule chance qu’il m’offrait de le séduire. Hélas! il n’a jamais cédé à mes avances. Alors j’ai décidé de tenter de publier les textes que je lui avais offerts, plutôt par jeu, au début. Comme une nouvelle étape dans mes tentatives de l’attirer dans mes filets! Il n’est jamais devenu mon amant, il est resté ma muse. La seule chose que je veux transmettre, avec mes textes, c’est du plaisir. Celui de la lecture, avant tout. Et plus si affinité

Avez-vous déjà rencontrer certains de vos lecteurs ? Si oui, que vous ont apporté ces rencontres ?

« Rencontrer mes lecteurs? Vous n’y pensez pas! Evidemment, j’ai un petit cercle d’intimes qui me lisent, et me connaissent. Mais même si je vis au soleil, l’ombre est mon domaine, du moins celui de Corpus Delecta. L’érotisme, à mon sens, se nourrit aussi du secret, ou plutôt, du mystère ».

Vous voulez donc rester anonyme. Est ce qu’au delà du goût du mystère, est-ce parce que cette écriture là doit rester votre jardin secret ? Votre échappatoire ? Qu’il y a comme un gout d’interdit ?

« Parfois, les choses sont bien plus simples qu’elles ne paraissent. Aucun goût d’interdit, l’interdit n’est pas dans ma nature. Non, je veux rester anonyme un peu par jeu, et beaucoup parce que je ne cours pas après la notoriété. J’écris de l’érotique par plaisir. J’aime ça. J’ai la chance d’être publiée, et d’être lue, et bien qu’il soit peu probable que j’en vive un jour, c’est une situation qui me convient. Je n’ai pas besoin de voir mon visage ailleurs que dans mon miroir! Et puis, finalement, le « Mystère Corpus Delecta » permet aux lecteurs de me fantasmer à leur goût, ce qui est un petit plus non négligeable, je pense »

Ecrivez-vous pour d’autres genres littéraires ? Si oui,toujours sous pseudo ?

« Oui, j’écris, et suis publiée dans d’autres genres littéraires. De la fiction, toujours, et sous pseudo, aussi, même si là, je suis nettement moins secrète ».

 Parlez-nous de votre dernier livre Le club, édité aux éditions Dominique Leroy, dans la collection e-ros. De son univers, d’où vous avez tiré votre inspiration. A quels lecteurs s’adresse-t-il ? Y a t -il des points communs avec votre propre vie ? Est-ce une réponse à certains de vos fantasmes ?

Le Club … A vrai dire, je ne me souviens pas comme l’idée m’est venue. Une conversation? Un article? Je ne sais plus. De même que je ne pourrais pas dire à qui il s’adresse, précisément. Ce n’est pas une question que je me pose avant d’écrire. J’ai une idée, une scène de départ pour une histoire, je commence à écrire, c’est tout. Ensuite, pour en revenir à votre question, celle du lien entre la vie, les fantames et les histoires qu’écrivent les auteurs érotiques se pose, tout naturellement! J’imagine que beaucoup de lecteurs se demandent si nous vivons toutes ces choses que nous racontons, où s’arrête l’autobiographique, et où commence la fiction! Aucune idée de ce qu’il en est pour mes consoeurs et confrères, pour ma part, disons que tout s’entremêlent et se mélange, réel, fiction, fantasmes… En revanche, et au risque de vous décevoir, les Clubs échangistes ne font pas partie de mes expériences réelles! Ils ont certes un fort pouvoir évocateur, bien sûr qu’il y a un côté très attirant dans cette idée de débauche, de liberté absolue qu’ils représentent, le manque de tabous… C’est juste que j’ai une conception bien plus intimiste de l’érotisme. Ce qui ne m’a pas empêchée d’écrire une histoire sur un Club. Mais écrire, c’est justement ça, aussi: une liberté absolue, aucun tabou. Du plaisir ! »

Avez-vous d’autres projets d’écriture sur le feu ?

« A vrai dire, en ce moment, j’ai presque trop de projets en cours! Là, je viens de décider de mener ceux-ci à bout avant de me lancer dans autre chose! J’ai trois manuscrits en cours de lecture, deux érotiques, et un roman; j’ai un recueil de textes humoristiques pour lequel il va falloir que je mette en quête d’éditeur (un aspect terriblement chronophage et frustrant, dans une vie d’auteur!) et j’ai une sorte d’essai sur lequel je travaille depuis presque un an dont je me dis qu’il serait bon que le termine, un de ces jours! Comme pour la digression, j’ai une fâcheuse tendance à me disperser ! »

Si vous souhaitez aborder un thème que j’aurais oublié, n’hésitez pas à en parler ici. Cette interview est la vôtre !

« Je crois que si quelque chose m’importe, en tant que Corpus Delecta, c’est que mes textes soient aussi de vrais textes littéraires. Au delà de l’excitation qu’ils peuvent éveiller, du moins je l’espère, j’ai pour ambition que mes écrits procurent un vrai plaisir de lecture. Le langage m’importe énormément. Dans « auteur érotique » il y a érotique, certes. Mais il y a aussi « auteur ». C’est une notion essentielle, pour moi ».

Merci beaucoup, Corpus Delecta, d’avoir répondu à ces questions. Si des lecteurs souhaitent connaître vos textes, je les invite à se rendre sur le site des éditions Dominique Leroy, http://www.dominiqueleroy.fr

 

 

 

Coco Camel, pétillante, passionnée et enthousiaste !

Coco camel

Coco Camel, enthousiaste, pétillante et passionnée vit à cent à l’heure du côté de Toulouse. De son sud natal, elle a gardé une pointe d’accent qui ensoleille sa voix. Coco Camel a publié un premier roman il y a quelques mois, Je reste zen, d’abord en auto-publication, puis aux éditions parisiennes « J’ai lu ». Cette belle histoire littéraire, Coco Camel a accepté de la raconter ici, à son image : Avec enthousiasme et passion. Sans oublier l’accent.

« Coco Camel, comment l’écriture est-elle entrée dans votre vie ? »

« Tout bêtement grâce à un licenciement en 2001 ! (Grand éclat de rire). C’est vrai que pour la très grande majorité des gens, le licenciement est toujours une épreuve. Moi, j’oserais dire qu’il a été ma chance. Il m’a permis de m’ouvrir à d’autres horizons et de comprendre que la voie professionnelle que j’avais choisie n’était peut-être pas la bonne. J’ai décidé de faire un bilan de compétences. Le résultat était sans appel. J’étais une créative. Ah bon ? Je ne le savais pas ! Vous ajoutez l’une de mes amies qui n’arrêtait pas de me dire qu’il fallait que j’écrive toutes les anecdotes de boulot ou familiales que je lui racontais avec humour, et vous obtenez le projet de me lancer dans l’écriture d’un roman qui fait doucement son chemin dans ma tête ».

« Et ce projet, vous le concrétisez tout de suite ? »

« Non, pas du tout ! Il m’a fallu 10 ans pour parvenir à finaliser mon roman. J’avais le scénario, j’avais les situations, les personnages. Tout ou presque était dans ma tête. Mais il me fallait trouver le temps pour coucher le tout sur le papier. Ce n’est pas si simple. Dans l’intervalle, j’ai eu ma nouvelle vie professionnelle dans l’enseignement à mener, mes enfants à élever, mon couple à préserver. Bref, j’avais toujours une bonne raison de remettre au lendemain. Jusqu’au jour où j’ai fait de ce projet ma priorité, allant jusqu’à partir quelque temps hors de la maison, au calme, pour parvenir à le finaliser. Sans cette coupure radicale, je ne suis pas certaine que je l’aurais terminé ».

« Et ce roman, Je reste zen, que raconte-il finalement ? Etes-vous restée sur votre première idée de raconter la vie comme elle va, avec ses bonheurs et ses galères ? »

« Oui, complètement. Mon roman se passe dans le milieu de la publicité et raconte la vie quotidienne d’une jeune femme dans la trentaine et tout ce qui va avec : le boulot, le patron, les enfants, les amis, le mari. J’ai essayé d’y mettre beaucoup d’humour, sans toutefois tomber dans la caricature. Je pense que beaucoup de mes lectrices peuvent se retrouver dans les situations vécues par mon héroïne. Evidemment, de nombreuses anecdotes du livres sont inspirées de ma propre vie mais ce n’est pas une autobiographie. Les personnages ressemblent aussi à des personnes de mon entourage, sans être elles totalement. Ce qui me fait sourire parfois, ce sont d’ailleurs leurs réactions. Comme cette amie qui m’a dit avoir retrouvé une amie commune dans tel personnage alors qu’en fait, c’était elle que j’avais décrite. (Rires) ».

« Vous parlez de lectrices. Est-ce à dire que votre roman est réservé aux femmes ? »

« Non, pas du tout ! C’est vrai que mes lecteurs sont majoritairement des femmes. Mais dans les salons du livre auxquels je participe, je vois de plus en plus de messieurs qui me disent que ce livre leur a appris à mieux comprendre leur épouse parce qu’il traite aussi des rapports hommes-femmes et de leurs difficultés parfois. Donc, non, je le répète, les hommes ont aussi le droit et le devoir de lire Je reste zen ».

« Vous avez commencé par publier votre roman en auto-édition, c’est-à-dire sans passer par un éditeur. Pourquoi ce choix ? »

« Tout simplement parce que n’étant pas connue dans le milieu de l’édition et n’ayant pas de scandales à dénoncer ou du croustillant à raconter, je suis partie du principe que mon roman n’intéresserait pas les éditeurs. Je n’ai donc pas tenté de leur envoyer mon manuscrit. Je suis passée directement par un imprimeur local. C’est moi qui ai payé l’impression. Je n’avais de toute façon pas dans l’idée de gagner ma vie avec mon roman. Je voulais juste avoir le plaisir de le tenir entre les mains. J’en ai fais imprimer 400 exemplaires et j’ai organisé une grande soirée avec ma famille et mes amis pour lancer mon roman. A ma plus grande joie, leur retour a été excellent. Le bouche-à-oreille a commencé à fonctionner et mes 400 exemplaires ont été vendus en neuf mois. J’en ai fait réimprimer et, devant ce premier succès, j’ai eu le courage d’aller démarcher les grandes surfaces et les libraires de Toulouse et sa région. Un peu septiques au départ, ils ont fini par accepter de prendre mon roman dans leurs rayons. Au bout de quelques mois, 1 500 exemplaires avaient été écoulés. Ce fut une période de ma vie assez intense où je devais m’occuper de mes commandes et de mes livraisons de livres, tout en donnant mes cours. Mais j’ai adoré ! »

« Et ensuite, la maison d’édition « J’ai lu » entre dans votre vie ».

« Oui. Par le biais des enseignes où mon livre était vendu, je suis entrée en contact avec un commercial des éditions « J’ai lu », filiale de Flammarion. Mon histoire lui a plu, mon livre aussi, sans doute, parce que j’ai été contactée ensuite par cette maison d’édition. Elle me proposait d’éditer mon roman, en format « semi-poche ». Editer un inédit est une première pour cette Maison, plus habituée à publier en format poche des romans à succès. Je suis donc entrée de plein pied dans le monde de l’édition. C’est une grande fierté pour moi. Désormais, mon roman a quitté sa région natale de Toulouse. Il est vendu dans toute la France. Il y a peu, j’ai passé les 3 000 exemplaires écoulés. On me dit que pour un premier roman, c’est un très bon score ! ».

« Comment vivez-vous cette belle aventure littéraire ? »

« Avec un bonheur indescriptible ! Ma plus grande joie est de rencontrer mes lecteurs dans les salons du livre auxquels je participe régulièrement dans toute la France, d’échanger avec eux sur mon roman, mes personnages. C’est tellement chouette de se rendre compte que ce que l’on a écrit peut procurer du bonheur et des moments de plaisir, qu’il fait du bien à ceux qui le lise. J’aime beaucoup aussi discuter avec d’autres auteurs ou avec des Maisons d’édition. C’est tellement enrichissant ! Je suis vraiment comblée ! »

« Et la suite ? »

« La suite du roman, probablement dans quelques mois. Mais sur ce sujet, je reste muette. Je veux surprendre mes lecteurs ! (Eclat de rire final)  »

Merci Coco Camel d’avoir répondu à mes questions. Votre livre Je reste zen, aux éditions J’ai lu, est vendu dans toutes les librairies et sur internet. Si mes lecteurs souhaitent mieux vous connaître, je les invite à liker vos pages Facebook : « Coco Camel » et « Je reste zen ». Ou à se rendre sur votre site : http://www.jerestezen.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Isabelle Lorédan, attachante auteure franc-comtoise

I. LorédanAu téléphone, c’est une belle voix rauque et assurée qui répond. Isabelle Lorédan, auteure franc-comtoise, a accepté d’ouvrir la rubrique « Une femme et des livres donne la parole ». Sans condition et sans filet. Elle nous parle de ses blessures, de ses livres, de ses projets. Rencontre avec une femme attachante qui vit par et pour les livres.

« Isabelle Lorédan, racontez-nous comment l’écriture est entrée dans votre vie ».

Isabelle Lorédan : « J’ai toujours adoré lire. Les livres font partie de ma vie depuis toute petite. J’ai fait une première tentative d’écriture quand j’avais une vingtaine d’années. Elle s’est arrêtée nette quand ma mère a voulu y mettre son nez : J’ai brûlé toutes les pages que j’avais écrites. Je me suis remise à l’écriture il y a une quinzaine d’années, à l’issue d’une psychothérapie. J’avais besoin de coucher sur le papier mes émotions, mon ressenti. C’était une sorte d’exutoire qui m’a fait énormément avancer. En même temps, j’ai commencé à écrire de courts textes érotiques que j’ai publiés sur des forum sur internet. L’accueil des lecteurs n’a pas été mauvais, bien au contraire. Cela m’a incitée à persévérer vers des textes plus construits et des nouvelles. C’est ainsi que ma première nouvelle a été publiée en 2010 aux Editions Blanches, fondées par Franck Spengler, le fils de l’écrivaine Régine Deforges, au sein d’un ouvrage collectif ».

« Quand vous commencez à écrire, ce sont des textes érotiques. Pourquoi ce choix ? »

Isabelle Lorédan : « Cela part d’abord d’une démarche militante. J’avais envie de casser l’image de la femme qui doit forcément être amoureuse pour pouvoir se donner. Je voulais montrer la femme telle qu’elle est, avec ses désirs, ses fantasmes, ses envies. Certaines de mes héroïnes sont de grandes sentimentales, d’autres non. Elles vivent leur sexualité sans tabou et sont prêtes à toutes les expériences. Et cela ne fait pas d’elles des femmes méprisables. Cela dit, je sais que la littérature érotique est une littérature de niche qui n’a pas vocation à devenir grand public, même après le phénomène d’édition 50 nuances de grey, qui m’a personnellement consternée. Je suis triste que ce livre soit, pour beaucoup de lecteurs, l’unique référence en terme de littérature érotique. C’est en tout cas un genre qui me correspond et dans lequel je suis parfaitement à l’aise ».

« Depuis votre première collaboration avec les Editions Blanches en 2010, vous semblez avoir tracé votre chemin dans le petit monde de la littérature érotique ».

Isabelle Lorédan : « Effectivement ! En 2011 et 2012, mes nouvelles ont été publiées au sein de deux autres ouvrages collectifs, toujours chez Blanche. Parallèlement, j’ai publié des nouvelles aux Editions La Musardine à Paris. Plus récemment, cinq de mes textes sont parus dans la collection e-ros chez Dominique Leroy Edition et j’ai participé à un ouvrage collectif pour la collection Paulette aux Editions du 38. Enfin, j’ai publié un roman mêlant érotisme et fantastique chez HQN, Harlequin. Mon écriture a évolué depuis mes premières publications. On apprend toujours beaucoup en écrivant, en lisant les autres aussi, ce dont je ne me prive pas. Chacun de mes éditeurs m’a appris aussi. Nous ne sommes pas liés par un seul contrat financier. Un éditeur, c’est d’abord quelqu’un qui conseille, qui met ses compétences au service de son auteur. Oui, vraiment, j’ai beaucoup avancé depuis 5 ou 6 ans ».

« Diriez-vous que l’écriture remplit une grande partie de votre vie ? »

Isabelle Lorédan : « Oh oui ! L’écriture, la lecture, ce sont mes deux univers. Ce sont eux qui me donnent le sourire chaque matin. Même mes loisirs sont liés à ces deux passions puisque je suis bénévole à la bibliothèque de ma ville et que j’y anime des cafés littéraires ».

« Parlez-nous de votre actualité ».

Isabelle Lorédan : « En janvier 2015, j’ai publié un récit sous format numérique Les bleus au corps aux éditions Take your chance. Il est désormais disponible en format papier. Ce récit, c’est celui de ma vie d’ancienne femme battue. Ca a duré quatre ans et demi. C’est peu, en soi, mais c’est assez pour détruire une vie. J’ai écrit ce livre parce que, 20 ans après les faits, j’avais pris assez de recul pour pouvoir le faire avec détachement, sans que les émotions prennent le dessus. J’ai écrit ce livre aussi parce que j’entends trop souvent autour de moi les gens prétendre qu’il suffit de s’en aller quand on est maltraité. Comme si les choses étaient aussi simples. Comme si on oubliait l’emprise psychologique. Modestement, j’espère juste que ce livre a aidé des femmes qui vivent ce que j’ai vécu et qu’il a contribué à faire changer le regard que l’on porte sur les femmes battues qui restent encore aujourd’hui de grandes incomprises ».

« Des projets peut-être ? ».

Isabelle Lorédan : « Oui bien-sûr ! J’ai depuis des années un polar érotique en cours d’écriture que je vais bien finir un jour ! Plus sérieusement, je vais sortir prochainement un recueil de contes et légendes de Franche-Comté, qui n’auront rien d’érotiques. Je prépare également avec quatre autres auteurs franc-comtois -Isabelle Brühl-Bastien, Sandrine Décembre, Ghislain Gilberti et Annie Ramos- un recueil de nouvelles qui mêlera des genres littéraires complètement différents ».

Isabelle Lorédan, merci d’avoir accepté d’inaugurer cette rubrique. Si des lecteurs veulent mieux vous connaître, je les invite à se rendre sur votre blog : http://www.isaloredan.wordpress.com