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Théa

théaLorsque Mazarine Pingeot a sorti Théa en début d’année (janvier 2017- Editions Julliard), j’avais failli l’acheter. Et puis, non. D’autres lectures m’attendaient… Alors, lorsque je suis tombée dessus à la médiathèque de ma ville, je n’ai pas hésité longtemps avant de l’emprunter.

Théa, c’est le prénom que décide de donner Antoine à l’héroïne de ce roman, écrit à la première personne du singulier. Théa, en fait, s’appelle Josèphe, un curieux prénom pour une fille, dont elle a hérité quand elle est née quelques années après la mort de son jeune grand frère, Joseph. Théa-Josèphe vit à Paris, elle est étudiante en Lettres à la Sorbonne. Nous sommes en 1982.  Chez des amis d’extrême-gauche, elle rencontre Antoine, bel Argentin qui a fui la dictature de Vidéla. Coup de foudre réciproque. Seulement, Antoine n’est pas un amoureux paisible et sans souci. Torturé par son passé, il disparaît, puis revient, puis disparaît à nouveau. Pendant ce temps, Théa-Josèphe se morfond, essaie de comprendre. D’autant plus qu’elle est, elle aussi, rattrapée par son passé, ou plutôt par celui de ses parents, Pieds-Noirs, qui ne se sont jamais remis d’avoir dû quitter l’Algérie et d’avoir dû y laisser la tombe de leur fils aîné. Pieds-Noirs qui ont peut-être commis l’irréparable… Comment ces deux grands blessés de la vie vont-ils pouvoir construire ? Se construire ? C’est là tout l’enjeu de ce beau roman d’apprentissage…

En commençant Théa, j’ai vraiment eu peur qu’il ne vienne rejoindre la pile des livres inachevés dans ma bibliothèque. Le ton très intello de l’héroïne, son mépris -très affiché- pour ses parents, banlieusards de Bourg-la-Reine sans grande culture, sans grande ambition, sa conviction profonde qu’hors de Paris, point de salut, m’ont profondément dérangée pendant les trois ou quatre premiers chapitres. Et puis, l’histoire s’est mise en place et je n’ai plus lâché le roman. Je me suis attachée à Théa et à Antoine, qui souffrent l’un et l’autre, sans pouvoir l’exprimer. J’ai particulièrement aimé aussi l’évolution de la relation entre Théa-Josèphe et ses parents. J’ai trouvé que les dialogues, les émotions, les ressentis, les souffrances, les non-dits, les malentendus étaient parfaitement bien rendus. Encore plus que l’histoire d’amour entre Théa-Josèphe et Antoine, c’est cette partie du roman que j’ai le plus apprécié. Et puis, je dois avouer aussi que l’ambiance « année 80 » (J’étais enfant, à l’époque) du roman ne m’a pas déplu non plus. Le fil du téléphone avec lequel on peut jouer, la R5 de l’héroïne et son auto-radio-cassette, les cassettes audio, le tourne-disque et ses vinyls, le TGV que l’on regarde passer comme un OVNI… tous ces petits détails ont contribué à créer une ambiance vintage très sympathique et à me faire encore plus apprécié ce livre.

 

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French Girl

Après m’être ennuyée avec le polar scolaire et sans rythme de Yvon Le Roy, après avoir subi les circonvolutions torturées et pseudo-intellos de Delphine de Vigan, quel bonheur de me plonger dans French Girl, la romance sur fond d’Amérique de Julie Derussy publiée dans la nouvelle collection « Corail » des Editions du 38.

Je connaissais Julie Derussy essentiellement pour ces nouvelles érotiques. Je constate qu’en se lançant dans un nouveau genre, « la romance avec scènes épicées », l’auteure n’a rien perdu de son talent. Bien au contraire. J’oserai dire que sa plume n’en est que meilleure. Vous l’aurez compris : J’ai été plus que séduite par French Girl, l’histoire de Charlène, une jeune française, fraîchement diplômée d’un cursus littéraire, qui arrive pour une année à l’université de Yale à New Haven aux Etats-Unis en tant qu’assistante en français. Ce que la jeune femme n’avait pas prévu, toutefois, c’est de devoir, suite à un contretemps de dernière minute, cohabiter avec Warren et Finn. Lesquels se relèvent être aussi séduisants et sympathiques l’un que l’autre. Très vite, notre étudiante se trouve dans un dilemme à la « Jules et Jim » de François Truffaut. Amoureuse du sage Warren, elle ne résiste pas au charme du « bad boy » Finn. Jusqu’à se mettre dans une situation quelque peu compliquée…

Si ce livre a tous les codes de la romance, il a su garder un côté très réaliste. Je pense que c’est pour cette raison que j’ai passé un si bon moment de lecture. Pas de pathos, pas de sentimentalisme dégoulinant, pas de hasards un peu trop faciles, pas de dialogues artificiels et creux à la « Plus belle la vie », pas de situations caricaturales… Tout sonne vrai dans French Girl. Cette impression de réalité est accentuée encore par les nombreux dialogues en anglais-américain (Rassurez-vous, parfaitement compréhensible avec un niveau d’anglais scolaire et sinon, la traduction est assurée en fin de livre). Julie Derussy a réellement passé une année aux Etats-Unis à la fin de ses études il y a une dizaine d’années. Cela se sent dans les descriptions des lieux, dans sa façon de raconter « la vie à l’américaine ». On a complètement l’impression d’y être. Rien que pour ce passionnant voyage aux Etats-Unis, ce livre vaut le coup d’être lu. Enfin, j’ai beaucoup aimé aussi l’humour subtil dont fait preuve l’auteure. J’ai souvent souri en lisant ce livre. Et j’ai même parfois ri.

Un vrai livre de vacances à emporter dans ses valises !

 

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La pensionnaire du bourreau

 La Pensionnaire du bourreau, roman historique écrit par Olivier Dutaillis (sorti aux éditions Albin Michel en 2014 et désormais disponible en format poche) était l’un des coups de cœur de la petite librairie où je vais souvent traîner le samedi après-midi. Il n’en fallait pas plus pour que je jette mon dévolu sur ce livre (et sur d’autres aussi, mais cela, c’est une autre histoire).

J’aime assez les romans historiques. Je trouve qu’en lire est un moyen de se replonger dans l’Histoire de France d’une manière plus abordable qu’en lisant un livre d’Histoire classique. C’est pour cette raison que j’ai adoré, par exemple, la trilogie Le Siècle de Ken Follett qui retrace toute l’histoire du 20ème siècle en Europe et aux Etats-Unis à travers le destin de plusieurs familles. Si le cœur vous en dit, ma chronique écrite voici tout juste un an est à retrouver ici.

Tout autre moment historique pour La pensionnaire du bourreau qui plonge le lecteur au cœur de la Révolution française, période que j’avais beaucoup aimé aborder au lycée mais dont, finalement, il me restait peu de souvenirs. Manon, jeune paysanne vendéenne, arrive à Paris en avril 1789, sans le sou. Embauchée comme serveuse dans une taverne près du Palais-Royal, elle trouve à se loger chez Sanson, le célèbre bourreau parisien. Initiée à la politique et à l’amour par un jeune député des Etats-Généraux, Benjamin, elle côtoie les grands révolutionnaires que sont Desmoulins, Danton et Robespierre. Modèle pour le célèbre peintre David, Manon s’enflamme pour la Révolution. Devenue rédactrice dans le journal créé par son amant, elle y défend bec et ongle la condition des femmes, grandes oubliées de la Révolution, quitte à se mettre en grand danger. De la convocation des Etats-Généraux en 1789 à l’exécution de Robespierre en 1794, Olivier Dutaillis revisite cette période exaltante parmi les plus importantes de notre histoire récente.

Ce roman est un vrai coup de cœur. Je me suis vraiment passionnée pour l’histoire de Manon et Benjamin, tout comme je me suis passionnée pour cette plongée dans la Révolution française, sur laquelle, j’ai appris ou plutôt réappris, énormément de choses. Je connaissais bien-sûr le peintre David pour ces immenses tableaux de la Révolution et de l’Empire que l’on peut voir au Louvre. En revanche, je ne savais pas à quel point il avait été impliqué dans la Révolution. David a été l’un de ceux qui ont voté la mort du roi, Louis XVI, ce qui lui coûtera, d’ailleurs son mariage, son épouse étant une royaliste convaincue (qui a pu remercier malgré tout les Révolutionnaires qui ont instauré le divorce). Je connaissais bien-sûr La Terreur mais je ne me souvenais pas qu’elle fut aussi horrible, jusqu’à envoyer à la guillotine n’importe quel citoyen sans procès, juste sur la base du soupçon, avec, parfois, rien qu’à Paris, plus de 150 exécutions par jour.

La pensionnaire du bourreau est un roman populaire, dans ce qu’il a de meilleur. Mêlant avec talent petite et grande histoire, ce récit est un vrai bonheur de lecture. Les détails dans les descriptions et les nombreuses anecdotes en font un roman vivant, très agréable à lire. Un roman à recommander à ceux qui aime l’Histoire et les belles histoires !

 

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L’amie prodigieuse

l'amie prodigieuseJe ne connaissais pas du tout Elena Ferrante. J’en ai seulement entendu parler lorsqu’elle a sorti il y a quelques mois le 3ème tome de sa trilogie largement autobiographique L’amie prodigieuse, dont l’émission littéraire de France 5 « La grande librairie » s’est fait l’écho. Le fait qu’Elena Ferrante soit le pseudonyme d’une auteure italienne dont on ne sait rien, qui n’a jamais montré son visage, qui a même refusé un prix littéraire prestigieux pour rester incognito, malgré les centaines de milliers de livres qu’elle vend partout dans le monde, m’a fascinée et intriguée. J’ai donc acheté le premier tome de la trilogie, L’amie prodigieuse, initialement sorti chez Gallimard, mais désormais disponible en format poche.

La libraire m’avait mise en garde, me précisant que le premier tome de la saga servait aussi à installer toute une série de personnages, ce qui avait découragé certains lecteurs, perdus au milieu de personnages dont ils avaient du mal à retenir les noms et les liens les uns avec les autres. Alors, oui, c’est vrai. Beaucoup de familles à rallonge se croisent dans ce quartier populaire de Naples des années 50, entassées dans leur petit appartement au confort sommaire. Il y a les fils et les filles du garagiste, du pâtissier, du cordonnier, du conducteur de train, poète à ses heures. Il y a aussi les fils d’un riche caïd dont on dit qu’il pourrait être lié à la Camorra napolitaine. Et puis, il y a Elena, fille d’un portier de la mairie de Naples, la narratrice de cette histoire, et sa meilleure amie, Lila. C’est de cette amitié entre deux enfants, puis deux adolescentes dont il est question dans ce premier tome. Une amitié très forte, presque fusionnelle entre deux filles, issues du même milieu populaire mais dont les destinées vont suivre des chemines différents, l’une poussée par son institutrice à poursuivre ses études, l’autre se mariant à 16 ans avec un riche artisan du quartier. L’une échappant à son milieu, l’autre s’y complaisant, en toute connaissance de cause. Voilà résumée en quelques lignes l’histoire de L’amie prodigieuse.

Je dois avouer que le livre à peine refermé, je n’avais qu’une envie : me précipiter sur le 2ème tome afin de savoir comment Elena et Lina allaient évoluer et devenir adulte. Parce qu’Elena Ferrante a une très belle plume, parce qu’elle décrit avec un talent extraordinaire la Naples populaire des années 50, dont elle en restitue l’ambiance avec bonheur, parce qu’elle sait faire aimer ses personnages, mêmes les moins sympathiques, parce qu’elle relate avec beaucoup de finesse les hauts et les bas des relations humaines et parce qu’elle glisse des touches d’humour jubilatoire au fil des pages. Si vous êtes fan des grandes sagas familiales, si vous avez envie de vous plonger dans l’ambiance populaire du Naples des années 50, alors, précipitez-vous sans tarder sur L’amie prodigieuse. Vous ne pourrez pas être déçus. Pour ma part, je m’en vais me plonger dans le tome 2.

A noter que cette trilogie est en passe de devenir une quadrilogie puisque le quatrième et dernier tome de la saga doit sortir cet automne. Il vous reste quelques mois pour avaler les trois premiers !

 

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Syndrome O

Syndrome O, roman écrit par Bénédicte Vidor-Pierre m’a été aimablement envoyé par sa maison d’édition, Les Editions abordables. Intriguée par le titre, j’étais très curieuse de découvrir ce roman. Je dois dire, après en avoir refermé la dernière page hier, que je n’ai rien lu d’aussi étrange -voire d’aussi déstabilisant parfois- depuis bien longtemps.

L’étrangeté tient d’abord dans le sujet même du roman : Ben, primatologue asociale, ne se sent bien qu’entourée des singes du parc zoologique de Lyon où elle travaille et avec lesquels elle communique par une sorte de langue des signes. De l’avis de ses deux amies, Châle, qui noie sa solitude et sa peur de vieillir dans de multiples histoires sentimentales sans lendemain et Marie-Céline, bourgeoise catholique coincée assumée, Ben est carrément border-line avec cette idée fixe selon laquelle les primates seraient bien plus humains que certains humains, qu’ils seraient même plus intelligents que certains d’entre eux. Bref qu’ils seraient les égaux de l’Homme. D’ailleurs, ne considère-t-elle pas Milka, une femelle qu’elle a vue grandir depuis son plus jeune âge comme sa sœur ? « Un jour, tu vas finir par baiser avec un de tes singes », lui assène Châle, avec la crudité de langage qui la caractérise. De fait, Ben en rêve une nuit après avoir fait l’amour avec Jean, que ses amies lui ont mis dans les pattes dans l’espoir de la voir se sociabiliser.

Derrière cette histoire peu banale, Bénédicte Vidor-Pierre livre une réflexion très intéressante sur la place des animaux dans notre civilisation qui place le mammifère « Homme » au-dessus de toutes les autres espèces. De quel droit ? Parce qu’il a la faculté de communiquer, de réfléchir ? Les primates aussi ! revendique-t-elle. Parce qu’ils n’auraient pas d’âme ? Et en quoi cela a -t-il été prouvé ? Ben est prête à tout pour élever ses singes au rang d’humain. Quitte à bousculer sa très catholique amie Marie-Céline. Et à énerver très fort son amie Châle qui vit façon « carpe diem » en se posant beaucoup moins de questions.

Un roman curieux, qui se lit très vite, et qui vaut aussi pour l’écriture enlevée, quoi que parfois un peu brute, de Bénédicte Vidor-Pierre. A lire aussi pour ces trois beaux portraits de femmes.

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Qui veut la peau d’Anna C. ?

Les Editions City m’ont très aimablement adressé un exemplaire du dernier roman de Sophie Henrionnet, Qui veut la peau d’Anna C. ?, roman que je viens de terminer et dont je vous propose la chronique aujourd’hui.

Je ne connaissais pas du tout ce roman et je le confesse, en lisant sur la 4ème de couverture, « comédie romantique », j’ai eu un a-priori négatif. Pour moi « comédie romantique » = roman à l’eau de rose, plein de bons sentiments aux hasards qui toqui veut la peaumbent un peu trop bien et à la fin forcément heureuse. Bref, pas du tout mon bonheur de lecture. J’ai néanmoins commencé la lecture de ce roman et j’ai vite compris que les a-priori pouvaient parfois se tromper. Parce que, si Qui veut la peau d’Anna C. ? est une comédie qui se termine bien, c’est aussi un roman écrit d’une plume alerte, très drôle, et  qui se lit comme une récréation bien sympathique. En voici le résumé : Marie, parisienne, trentenaire, célibataire de fraîche date et bibliothécaire, voit sa vie complètement bousculée le jour où elle prétend s’appeler « Anna Costello » dans le brouhaha d’un café pour se débarrasser d’un jeune boutonneux qui veut absolument obtenir son numéro de téléphone. Anna Costello semble cacher un bien étranger secret si l’on en croit les intimidations et autres tentatives d’enlèvement dont Marie est soudainement victime. Aidée par un jeune SDF séduisant au mystérieux passé (oui, on est quand même dans une comédie romantique), la jeune femme décide de mener l’enquête, qui s’avère très vite rocambolesque.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Marie, dont on se sent proche immédiatement. Sa vie de célibataire, ses ennuis de boulot, ses amis, sa mère envahissante… On a toutes, à un moment ou à un autre, vécu les mêmes choses et c’est très plaisant de les retrouver dans un roman. J’ai moins aimé le personnage de Grégoire (le séduisant SDF) parce que,  trop bien, trop beau, trop prince charmant, bref, trop caricatural à mon goût mais sans doute indispensable à toute comédie romantique… J’ai toutefois passé un très bon moment de lecture, tant Sophie Henrionnet fait preuve d’humour dans son roman. On sourit souvent à la lecture des aventures de Marie et de ses réactions. L’auteure a assurément une très bonne plume et finalement, on est vraiment pris par l’histoire et cette mystérieuse Anna Costello, dont on brûle de connaître le secret. Et si finalement Qui veut la peau d’Anna C. ? m’avait réconciliée avec les comédies romantiques ?

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D’après une histoire vraie

Sorti en 2015 chez Jean-Claude Lattès (mais désormais disponible en format poche), D’après une histoire vraie a valu à son auteure, Delphine de Vigan, le prix Renaudot et le prix Goncourt des lycéens. Je connaissais Delphine de Vigan comme une auteure à succès « à la mode » mais je n’avais encore rien lu d’elle, peut-être parce que je la trouvais un peu trop à la mode, justement. Argumentation un peu courte, j’en conviens, et parfaitement injustifiée. Le premier roman que je lis de cette auteure  m’a, en effet, proprement happée. Je dirais même plus (comme dirait l’autre), D’après une histoire vraie est sans doute le thriller qui m’a le plus déstabilisée, interrogée et émue aussi, depuis très longtemps. Même une fois le livre refermé, j’ai continué d’y penser, de m’interroger encore et encore. Avec en fond : Où est la vérité ? Où est la fiction ? Qui a menti ? Qui a dit vrai ? Et finalement, qui a écrit ce livre ?

D’après une histoire vrai met en scène Delphine, auteure à succès d’une quarantaine d’années, qui vient de connaître un nouveau succès avec son dernier roman, très largement autobiographique. Toute ressemblance avec Delphine de Vigan n’est pas du tout fortuite. Et c’est cela qui trouble le lecteur dès les premières pages : Est-on en train de lire une histoire qui est réellement arrivée à Delphine de Vigan ? Alors que Delphine réfléchit à l’écriture d’un nouveau roman, elle rencontre L. lors d’une soirée chez des amis. Charmée par le charisme de cette jeune femme, par son assurance, son allure,  Delphine ne voit pas combien elle s’immisce petit à petit dans sa vie. Insidieusement. Jusqu’à la contrôler complètement. Jusqu’à faire de Delphine sa marionnette… Et jusqu’où encore ?

L’histoire commence gentiment et puis, une mécanique, redoutable, se met en place. Qui est vraiment Delphine ? Qui est L., à la fois si présente et si fictive ? Le lecteur, impuissant, n’a pas d’autre choix que de se laisser embarquer sans vraiment savoir où cela va le mener. Et quand, à une cinquantaine de pages de la fin, il pense être arrivé au dénouement (qui, pour ma part, m’avait un peu déçue, sur le mode « tout ça, pour ça »), il s’aperçoit très vite que ce dénouement n’est qu’un leurre, une étape supplémentaire pour lui faire perdre ses dernières certitudes… Et là, on est vraiment obligé de se dire que Delphine de Vigan a du talent. Beaucoup de talent.