Le ravissement de Britney Spears

Je ne suis pas parvenue à terminer le roman de Jean Rolin, pourtant porté aux nues par la critique, Le ravissement de Britney Spears, paru aux éditions P.O.L. il y a quelques années (et désormais disponible en format poche chez Folio). Ce roman est pourtant plein de qualités, en premier lieux desquelles, un humour certain et une virulente critique de la société « du vide » idéalement représentée par Britney Spears et autres stars ou starlettes internationalement connues.

Pour dénoncer ces travers avec un art consommé du second degré, Jean Rolin invente un personnage d’agent secret français, complètement looser, que ses services envoient suivre nuit et jour Britney Spears dont on pense qu’elle pourrait être enlevée par un groupuscule terroriste islamiste. Voilà donc notre agent secret débarqué à Los-Angeles, une ville qu’il ne connaît absolument pas, pour une mission incongrue dont il se demande si, finalement, elle n’est pas un leurre destiné à tromper les services secrets américains. On n’est pas dans Le Grand Blond cher à Francis Weber mais pas loin. Pour réussir sa mission, notre agent secret qui, comble du malheur, ne sait pas conduire, s’adjoint les services d’un certain « Fuck », paparazzi français qui, du matin au soir, tourne dans Los Angeles au volant de sa voiture pour coller aux basques de Britney Spears afin d’essayer de l’immortaliser sur LA photo qui pourrait lui apporter gloire et argent, à défaut de la beauté et de l’amour. Vous l’aurez compris, Fuck attend LA photo comme d’autres attendent LA vague.

Ceci posé, le roman nous entraîne dans une histoire loufoque (et donc, non dénuée d’humour) mais qui, finalement, m’aura ennuyée. Car, pour dénoncer l’absurdité d’une situation qui consiste à s’exciter sur les moindres faits et gestes de Britney Spears ou d’une autre (même lorsque ceux-ci consistent à entrer commander un hamburger dans le resto du coin), Jean Rolin nous entraîne dans une course dans Los Angeles faite de vide aux trousses de Britney Spears, nous détaillant par le menu et sur plusieurs pages, les rues et boulevards qu’il emprunte, les lignes de bus qu’il prend. Je comprends complètement l’idée mais finalement, à force de dénoncer le « brassage de vide » de certaines stars et starlette et la bêtise de celles et ceux qui s’y intéresse, Jean Rolin a fini par me perdre dans un grand sentiment d’ennui. Je ne terminerai donc pas ce roman, tout en admettant, paradoxalement, qu’il a de nombreuses qualités et que j’adhère complètement à ce qu’il dénonce. Paradoxe, quand tu nous tiens…

 

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