Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

Syndrome O

Syndrome O, roman écrit par Bénédicte Vidor-Pierre m’a été aimablement envoyé par sa maison d’édition, Les Editions abordables. Intriguée par le titre, j’étais très curieuse de découvrir ce roman. Je dois dire, après en avoir refermé la dernière page hier, que je n’ai rien lu d’aussi étrange -voire d’aussi déstabilisant parfois- depuis bien longtemps.

L’étrangeté tient d’abord dans le sujet même du roman : Ben, primatologue asociale, ne se sent bien qu’entourée des singes du parc zoologique de Lyon où elle travaille et avec lesquels elle communique par une sorte de langue des signes. De l’avis de ses deux amies, Châle, qui noie sa solitude et sa peur de vieillir dans de multiples histoires sentimentales sans lendemain et Marie-Céline, bourgeoise catholique coincée assumée, Ben est carrément border-line avec cette idée fixe selon laquelle les primates seraient bien plus humains que certains humains, qu’ils seraient même plus intelligents que certains d’entre eux. Bref qu’ils seraient les égaux de l’Homme. D’ailleurs, ne considère-t-elle pas Milka, une femelle qu’elle a vue grandir depuis son plus jeune âge comme sa sœur ? « Un jour, tu vas finir par baiser avec un de tes singes », lui assène Châle, avec la crudité de langage qui la caractérise. De fait, Ben en rêve une nuit après avoir fait l’amour avec Jean, que ses amies lui ont mis dans les pattes dans l’espoir de la voir se sociabiliser.

Derrière cette histoire peu banale, Bénédicte Vidor-Pierre livre une réflexion très intéressante sur la place des animaux dans notre civilisation qui place le mammifère « Homme » au-dessus de toutes les autres espèces. De quel droit ? Parce qu’il a la faculté de communiquer, de réfléchir ? Les primates aussi ! revendique-t-elle. Parce qu’ils n’auraient pas d’âme ? Et en quoi cela a -t-il été prouvé ? Ben est prête à tout pour élever ses singes au rang d’humain. Quitte à bousculer sa très catholique amie Marie-Céline. Et à énerver très fort son amie Châle qui vit façon « carpe diem » en se posant beaucoup moins de questions.

Un roman curieux, qui se lit très vite, et qui vaut aussi pour l’écriture enlevée, quoi que parfois un peu brute, de Bénédicte Vidor-Pierre. A lire aussi pour ces trois beaux portraits de femmes.

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3 commentaires sur « Syndrome O »

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