Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

Ahlam

ahlamMarc Trévidic, célèbre juge anti-terroriste désormais affecté à d’autres fonctions que l’on a beaucoup vu sur les plateaux de télévision ces derniers temps, signe avec Ahlam (paru aux éditions JC Lattès) son premier roman. Un juge écrivain, ce n’est pas si courant, j’étais donc curieuse de savoir comment Marc Trévidic allait s’en sortir. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’en sort très honorablement. Il est vrai qu’il a choisi un thème qu’il connaît par cœur : la radicalisation islamique.

Nous voici donc en Tunisie, sur l’île de Karkennah au début des années 2000 où un célèbre et jeune peintre français, Paul, a choisi de s’installer. Il fait la connaissance de Farhat, pêcheur tunisien, et de ses deux jeunes enfants, Issam et Ahlam, dont il devient un proche. La vie y est plutôt douce, même sous le régime corrompu du président Ben Ali. Paul s’émerveille des dispositions exceptionnelles pour la musique et la peinture d’Issam et Ahlam à qui il prédit un grand destin artistique. Dix ans passent. Issam et Ahlam sont devenus de jeunes adultes, le président Ben Ali a été renversé et les Islamistes sont aux aguets pour instaurer une république islamique et la charia dans le pays. Dans ce contexte de tension, Issam se laisse endoctriner par les Islamistes, alors que sa sœur, prenant le contrepied, se bat pour la laïcité et l’égalité entre les hommes et les femmes, petit-à-petit remise en cause sous la pression des Islamistes. Par la force de l’endoctrinement et l’influence de ses « frères », on voit alors se transformer un jeune homme charmant, à l’aube d’une grande carrière de pianiste, en une véritable machine à tuer, uniquement guidé par ce qu’il croit être le « véritable » Islam. Jusqu’à renier sa propre famille, au mœurs trop « légères » à son goût, et à être complice du plus abjecte des meurtres. C’est absolument glaçant.

J’ai beaucoup aimé ce roman, qui explique très bien les mécanismes de la radicalisation islamique, thème peu encore exploité en littérature me semble-t-il. Marc Trévidic a une plume efficace et agréable. Son roman se lit donc très vite, d’autant que l’auteur sait ménager le suspens. J’ai aussi beaucoup aimé l’épilogue, auquel je ne m’attendais pas du tout, qui laisse entrevoir une lueur d’espoir…

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2 commentaires sur « Ahlam »

  1. Bonsoir,

    Vous avez eu la gentillesse de dire de belles choses sur l’une de mes nouvelles,

    Je vous offre ce soir l’un des textes de mon second recueil de nouvelles, à paraître en octobre; une grande partie de ces textes rendront hommage à Dino Buzzati et auront l’Italie pour cadre,

    Bonne lecture !

    Jean Claude Thibaud​

    J'aime

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