Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

Le club

J’ai découvert Le club, roman de Michel Pagel, paru aux Editions Les moutons électriques, par un pur hasard au rayon « nouveautés » de la médiathèque de ma ville. J’ai d’abord été intriguée par le titre, puis par le format « au carré » un peu inhabituel, avant de me le clubrendre compte, avec stupeur, en jetant un œil à la dernière de couverture que Le club de Michel Pagel faisait référence au Club des cinq de mon enfance. Le club des cinq, pour moi, ce sont des heures et des heures inoubliables de lecture, en compagnie de François, Mick, Claude, Annie, les quatre cousins, et leur chien Dagobert. Je me souviens combien je rêvais de vivre les mêmes aventures qu’eux, combien j’enviais ce garçon manqué de Claude pour sa témérité même si je me sentais plus proche de la douce et timide Annie, combien j’admirais le courage et l’intelligence de François (A-t-elle point que je me suis parfois demandé si je n’en étais pas amoureuse, en fait…). Le club des Cinq, ce sont mes premiers pas dans l’univers de l’aventure et du polar, qui me donneront envie, vers  12 ans, une fois tous les romans de la série épuisés, de lire Agatha Christie. Avec un choc. Quoi, dans Agatha Christie, il y a de vrais meurtres ! Whaaaa ! Voilà ce à quoi le gentil Club des cinq ne m’avait pas préparée du tout. Bref, quand j’ai compris que Michel Pagel faisait revivre, 40 ans après la fin de ses aventures, Le club des cinq (moins Dagobert forcément mort depuis longtemps…), la curiosité a été trop forte : Il fallait que je lise ce roman.

J’ai donc retrouvé les héros de mon enfance à l’aube de la cinquantaine… Claude, chercheuse comme son père, vit toujours dans la maison familiale en Bretagne avec sa compagne Do et sa mère, Cécile, vieillarde grabataire et sénile. François, commissaire de polie, caricature de ce qu’il fut enfant : psychorigide, froid, presque déshumanisé, célibataire plus qu’endurci, ne vivant que pour son métier. Mick, contrepied de son frère, ancien délinquant, ancien braqueur, ancien tolard, qui vit désormais avec sa femme au Canada et enfin Annie, qui n’en finit pas de pleurer : Trois divorces, deux garçons morts dans un accident de la route, une fille qu’elle déteste, des difficultés financières et l’alcool pour noyer tout cela… Mes héros étaient-ils devenus des anti-héros ? C’est un peu l’impression que j’ai eue en lisant les premières lignes du roman qui s’ouvre sur l’arrivée de François dans le petit village où habite Claude à la veille de Noël. Les cousins ne sont pas vus depuis des dizaines d’années -on comprend vite qu’un mystérieux « évènement » les a définitivement brouillés au sortir de l’enfance- mais Claude a souhaité les revoir tous dans le secret espoir d’une grande réconciliation. Voilà donc les cousins réunis, en compagnie d’autres personnages secondaires de la série, dans la maison de Claude, coupée du monde par une soudaine tempête de neige… Dans un huis-clos aussi étouffant que glauque, les meutres se succèdent, au même rythme que les rancoeurs et les reproches fusent entre les personnages. Qui en veut aux héros du club des cinq ? Qui en veut à ces héros de papier devenus hommes et femmes ?

Michel Pagel signe un polar très original, avec un suspens qui tient toutes ses promesses jusqu’à la dernière ligne. Au delà de l’histoire, Le club, c’est aussi une jolie réflexion sur la nostalgie de l’enfance, sur le temps qui passe, sur le refus de grandir et la difficulté de se confronter aux réalités de la vie. Je conseille ce roman à tous et plus particulièrement aux anciens enfants qui ont passé de longues heures de lecture heureuse avec Le Club des cinq.

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s