Publié dans Une femme et des livres se dévergonde

Les mystères du Chabanais et autres nouvelles de la Belle époque

chabenaisClarissa Rivière et Vagant, deux auteurs de littérature érotique, ont mis en commun leur talent pour écrire Les Mystères du Chabenais et autres nouvelles de la Belle époque, un recueil de trois nouvelles érotiques paru dans la collection e-ros chez Dominique Leroy. Si je ne connaissais pas du tout Vagant, j’avais découvert Clarissa Rivière dans un précédent recueil de nouvelles collectifs Rencontres amoureuses, six textes érotiques dont la Chronique est à retrouver ici. A l’époque, sa nouvelle mettant en scène une hôtesse de l’air peu farouche ne m’avait qu’à moitié convaincue. J’étais donc très curieuse de la retrouver, avec son complice, Vagant, cette fois. Je dois avouer que j’ai été divinement surprise. Est-ce parce que ces trois nouvelles se passent à une époque que j’aime beaucoup, le XIX ème siècle ? Je me suis laissée transportée par chacune de ces trois histoires, y retrouvant même une ambiance et une atmosphère à la Guy de Maupassant, qui m’ont immédiatement fait penser à l’une de ses nouvelles les plus connues : La Maison Tellier. Tout sonne vrai dans ce recueil : les dialogues, les situations, le vocabulaire très bien choisi, l’humour aussi. Et les deux plumes des auteurs, très complices, se mêlent admirablement. Les deux premiers textes se passent dans une maison close parisienne. Celui de Clarissa Rivière, qui ouvre le recueil, a pour héroïne, Augustine, jeune bonne provinciale montée à Paris depuis peu et aussi innocente que l’oiseau qui vient de naître. Embauchée par la tenancière d’une Maison close honorablement connue sur la place, Augustine fait ses premiers pas de courtisane sous le regard maternelle et protecteur de deux consoeurs plus aguerries. Elles ne tarderont pas à se rendre compte que la belle a beaucoup d’atouts et n’est pas si farouche qu’elles auraient pu le craindre. Le 2ème texte, écrit à quatre mains par Clarissa Rivière et Vagant, est la suite du premier. Augustine a désormais pris du galon et vient d’être recrutée par une Maison close concurrente où se côtoient haute bourgeoisie et noblesse de haut rang. C’est la nouvelle la plus longue du recueil et celle que j’ai préférée, tant l’atmosphère de l’époque y est bien décrite. J’ai beaucoup aimé aussi l’histoire de cette grande bourgeoise, veuve et désargentée, qui se retrouve, pour espérer en retirer quelque argent, à devoir assouvir tous les phantasmes d’un prince anglais ventripotent accompagnée par Augustine qui se trouve être son ancienne bonne. Sa naïveté, puis son désarroi, sa gêne et enfin sa résignation sont parfaitement bien amenés. La 3ème nouvelle du recueil est l’oeuvre de Vagant et est complètement étrangère aux deux premières, à ceci près qu’elle se passe elle aussi à la Belle époque. On y découvre un couple très amoureux qui découvre le libertinage. Si madame y trouve son compte, monsieur est beaucoup plus en retrait, observant avec effroi, voire jalousie, combien sa femme aime se laisser aimer par un autre. Que sommes-nous prêts à accepter par amour de l’autre ? Pour ne pas perdre l’autre ? C’est un peu le questionnement de cette histoire qui se termine  sur une très jolie phrase, pleine d’espérance.

Bref, un bien beau recueil qui m’a conquise !

Petit rappel : Les ebooks de la collection e-ros sont disponibles en téléchargement payant sur : http://www.dominiqueleroy.fr

 

 

 

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