Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

Agatha Christie, le chapitre disparu

 

agatha christieVoilà un roman bien original que publie Brigitte Kernel ! La romancière s’empare d’un fait réel : La disparition à ce jour toujours inexpliquée d’Agatha Christie entre les 3 et 14 décembre 1926, pour se mettre dans la peau de la célébrissime écrivaine et raconter -enfin- ce qu’il s’est réellement passé pendant ces 10 jours. La précision suivante faite au lecteur en préambule a néanmoins son importance : « Ceci est une histoire vraie. Mais ceci est un roman ».

Vérité historique : A l’hiver 1926, Agatha Christie a déjà publié quelques livres qui ont rencontré un gros succès, elle est maman d’une petite Rosalind mais souffre d’être trompée (souvent) par son mari, Archibald Christie. Déprimée par le décès de sa mère survenu quelques semaines plus tôt, Agatha Christie quitte le domicile conjugal le 3 décembre 1926. Le lendemain, la police retrouve sa voiture abandonnée près d’un étang. La presse britannique s’empare de l’affaire et échafaude des hypothèses à coup de gros titres aguicheurs : suicide d’une femme délaissée, meurtre commandité par son époux voulant retrouver sa liberté, coup de publicité d’une romancière dans le but de renforcer les ventes de ses livres ? Douze jours plus tard, la romancière est retrouvée dans un hôtel d’une station balnéaire du Nord de l’Angleterre sous le nom de « Theresa Neele », le nom de famille de la maîtresse de son mari. Elle ne s’expliquera jamais sur cette disparition rocambolesque, même dans l’autobiographie qu’elle publiera des années plus tard. Mais tout porte à croire qu’elle l’a organisée pour mettre dans l’embarras son mari, qui obtiendra finalement le divorce en avril 1928 et épousera sa maîtresse.

A partir de ces faits réels, Brigitte Kernel nous entraîne dans un roman construit comme un polar : On suit Agatha Christie dans ses pérégrinations, dans son désespoir, dans ses doutes, dans ses rencontres, avec des dialogues qui sonnent justes et une ambiance de l’Angleterre de l’entre-deux guerres parfaitement saisie. On aime la femme fragile que nous dépeint l’auteur et finalement, on croit à cette autre explication avancée par Brigitte Kernel : Celle d’une femme humiliée, dévastée par le chagrin qui prend le large, après avoir loupé son suicide, dans un espoir fou de voir son mari lui revenir, repenti et toujours amoureux. C’est très bien écrit, et même si l’on sait que, finalement, tout cela n’est qu’une hypothèse parmi d’autres, on se laisse prendre par le suspens savamment distillé et on happé par l’histoire. Et si la dernière énigme d’Agatha Christie venait de tomber ?

 

 

 

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