Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

Envoyée spéciale

jean echenozAvec Envoyée spéciale, (Editions de Minuit), j’ai lu pour la première Jean Echenoz. Je connaissais vaguement cet auteur et je n’aurais sans doute pas pensé à acheter son dernier opus si je n’en avais entendu parler dans la presse et les émissions littéraires : Tout le monde était d’accord pour dire que ce livre était une très belle réussite, à coups de superlatifs à ne plus savoir qu’en faire. J’ai donc acheté le livre. Parfois, je me dis que je suis trop influençable…

Qu’en dire ? Qu’avec Jean Echenoz, et ses personnages improbables, on navigue toujours à la limite de l’absurde. Tout le talent de l’auteur consiste à nous emmener dans son univers, un peu étrange, un peu loufoque, sans que rien dans les actions des personnages ne nous semble invraisemblable. Quelque part, on devient même complice de leurs errements. Autre remarque, qui semble être la marque de fabrique de l’auteur, et qui m’a un peu perturbé dans ma lecture, je l’avoue : Jean Echenoz se met en scène en tant qu’auteur du roman par petites touches et n’hésite pas à interpeller son lecteur et à le placer devant ce qui pourrait apparaître comme des incohérences dans l’histoire en les assumant pleinement. Habile procédé que voilà.

Je ne serais sans doute pas aussi dithyrambique que certains. Il n’en reste pas moins que la lecture d’Envoyée spéciale est agréable, qu’on sourit beaucoup au fil des pages, notamment lors des passage qui se situent en Corée du Nord, que Jean Echenoz parodie avec un grand bonheur.  Et l’histoire, dans tout ça, me direz-vous ? Et vous aurez raison ! La voici donc : Constance, jeune bourgeoise désoeuvrée, s’ennuie ferme dans son XVIème arrondissement de Paris. Qu’a cela ne tienne. Justement, deux agents d’espionnage d’opérette, ont  besoin d’une ingénue pour aller déstabiliser le régime nord-coréen en la jetant dans les bras d’un apparatchik, très haut placée dans la hiérarchie. Mais tout cela demande d’être préparé a minima : Voici donc Constance enlevée et détenue au fin fond de la Corrèze où, finalement très heureuse de son sort, elle sympathise avec ses improbables ravisseurs. Pendant ce temps, son mari, qui a fait fortune en son temps en pondant trois ou quatre tubes qui ont connu une belle carrière, installe chez lui, la secrétaire de son demi-frère, indifférent au sort de son épouse. Même lorsqu’il reçoit l’auriculaire de celle-ci dans un paquet cadeau pour accélérer le paiement de la rançon…

 

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