Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

Marie Curie prend un amant

marie curieJ’ai commencé 2016 avec Marie Curie prend un amant, un roman écrit par Irène Frain et publié chez Seuil. Il faisait partie des nombreux livres que j’ai trouvé au pied du sapin le 25 décembre dernier. Comme ma famille me connaît bien ! Incursion personnelle, si vous me permettez, avec cette réflexion de ma fille qui me revient à l’instant : « Les cadeaux de Noël avec toi c’est facile, maman. Il suffit de t’acheter un livre ! »

Donc, me voilà, avec entre les mains Marie Curie prend un amant, un livre que je n’aurais pas forcément acheté mais que j’ai lu. Je lis toujours les livres qu’on m’offre, même si, parfois hélas, leur lecture prend des allures de pensum. Rien de cela avec ce roman que j’ai beaucoup aimé retrouver chaque soir tant la vie de Marie Curie est passionnante dans cette France encore très corsetée des années 1900-1910. S’appuyant sur une bibliographie fournie, Irène Frain retrace* la vie de cette femme brillantissime, immigrée polonaise, prix Nobel de physique, puis de chimie, découvreuse, avec son mari, Pierre Curie, du Polonium et du Radium. Mais plus qu’à sa vie de chercheuse, c’est à l’intime et à la femme amoureuse que la romancière s’intéresse. On découvre combien Marie et Pierre Curie ont formé un couple aimant, tout autant soudé par leurs deux filles, Irène et Eve, et que par leurs travaux scientifiques. Mais aussi par l’admiration réciproque que les deux époux se portaient. On apprend la souffrance qui fut celle de Marie Curie lorsque Pierre Curie meurt brutalement à cause d’un bête accident de la circulation. On l’admire de vouloir continuer ses recherches envers et contre tous et alors que la véracité de ses travaux sur le radium est remise en cause dans une société qui relègue encore les femmes aux basses tâches ménagères et à un unique rôle maternel. On est de son côté, forcément, quand elle subit une campagne de presse honteuse, quand elle est traînée dans la boue, pour sa liaison supposée avec le physicien Paul Langevin, mal marié et disciple de son mari, Pierre, dont elle est veuve depuis 5 ans. Interrogeant des photos méconnues et des archives négligées (dont les carnets de comptes que tenait scrupuleusement Marie Curie), Irène Frain retrace l’histoire de cette liaison qui fit scandale à une époque où l’adultère était puni par le code pénal, où Marie Curie n’est plus que « la polonaise briseuse d’un bon ménage français ». J’ai aimé cette histoire qui donne de l’humanité à une femme dont on ne retient, souvent, que la vie de chercheuse, un peu froide avec ses chignons sévères, ses jupes amples et ses chemisiers boutonnés jusqu’au col, comme la mode le voulait alors. J’ai aimé connaître cette femme passionnée et passionnante et cette plongée dans la France d’avant la Première guerre mondiale. Vraiment un très bon moment de lecture !

La seule chose qui m’aura dérangé pendant toute ma lecture et c’est bien dommage pour une maison d’édition aussi sérieuse que Seuil : Une grosse faute de grammaire, des coquilles qui traînent çà et là, un paragraphe qui se termine par une virgule… Bref, une dernière relecture avant impression m’aurait évité de « buter » sur certaines phrases et certains mots et de voir ma lecture parasitée. A bon entendeur…

*En fin de livre, Irène Frain précise que « ce livre est une reconstitution. Comme telle, il comporte une marge d’incertitude et de conjecture ».

 

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