Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

Le crime du comte Neville

NothombQue serait une rentrée littéraire sans Amélie Nothomb ? Que serait Amélie Nothomb sans rentrée littéraire ? Il est permis de se le demander tant ces deux-là sont, depuis 1992, intrinsèquement liés sans aucune interruption. Se demander que vaut le dernier Nothomb, c’est un peu, sans lui faire offense, se demander ce que vaut le dernier Beaujolais nouveau. Qu’il soit bon, moins bon ou carrément décevant, on sait qu’il aura toujours un plan média en béton et qu’il se vendra.

Je ne suis pas de celles qui attendent le dernier Nothomb avec impatience et délectation. Je suis de celles qui ne l’attendent pas. Même si j’ai souvent pris plaisir à écouter cette écrivaine aux hasards d’émissions de radio ou de télévision où elle traîne, visiblement ravie, son chapeau noir informe à chaque rentrée littéraire. Mon histoire avec Amélie Nothomb a dû s’arrêter après « Stupeur et tremblement » (paru en 1999) et « Hygiène de l’assassin » (qui ouvre la bibliographie en 1992).

En revanche, je suis de celles qui lisent aussi religieusement que régulièrement la rubrique culturelle du journal « La Croix », qui, sans mauvais jeu de mot, constitue ma Bible en terme de conseils littéraires et cinématographiques. Or, ce journal était particulièrement élogieux sur « Le crime du comte Neville« , dernier opus d’Amélie Nothomb, de 150 pages à peine, qui offrait l’avantage de se lire, d’après La Croix, en deux soirées à peine. Ce dernier argument a achevé de me convaincre.

Le comte Neville, digne représentant d’une fière lignée de la noblesse wallonne, s’apprête à organiser sa garden-party annuelle, évènement mondain le plus couru de toutes les Ardennes belges. Cette année, toutefois, les préparatifs ont un goût particulier : D’abord parce que cette garden-party sera la dernière, le comte Neville, ruiné, s’apprêtant, la mort dans l’âme, à se séparer de son château, qui fuit de partout à force d’être mal entretenu. Ensuite, parce qu’une voyante a fait au comte Neville une prédiction aussi inattendue que bouleversante : Au cours de la garden-party, il va tuer un invité. Stupéfaction. Incompréhension. Le comte Neville possède bien une carabine 22 long rifle, mais jamais, au grand jamais, il n’a imaginé un jour pouvoir s’en servir pour tirer sur quelqu’un… C’est alors que la benjamine fantasque du comte Neville se propose d’être la victime.

Toute l’originalité de ce roman, que j’ai beaucoup aimé et avalé en quatre soirées, tient dans sa construction : A l’inverse des polars traditionnels, on connaît l’assassin (ou futur assassin) mais on ne sait rien de la victime avant la toute dernière page. Le suspens tient donc ses promesses. Malgré le sujet, c’est aussi un roman très drôle où Amélie Nothomb joue de sa causticité et de son ironie à la perfection. Les dialogues -nombreux- sont savoureux. Bref, bien malgré nous, on se régale et on rit des mésaventures de ce pauvre Comte Neville, prétexte pour Amélie Nothomb, à taquiner gentiment la noblesse belge.

Le crime du comte Neville, Amélie Nothom, Albin Michel

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