Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

Le jour où j’ai rencontré ma fille

O poivre d'arvorEn pleine rentrée littéraire, je vous parle aujourd’hui d’un livre paru en… 2013  chez Grasset et trouvé un peu par hasard à la rubrique « Histoire vraie, histoire de vie » de ma médiathèque préférée.

« Le jour où j’ai rencontré ma fille » d’Olivier Poivre d’Arvor, frère cadet de qui l’on sait, m’a beaucoup émue. Il raconte l’histoire d’une rencontre qui bouleverse deux vies : celle de l’auteur, avec celle qui deviendra sa fille : Amaal, 7 ans, Togolaise de père inconnu et de mère décédée du SIDA à 25 ans. Ce qui frappe dans ce livre d’abord, c’est le comportement de l’auteur : Olivier Poivre d’Arvor fait tout à l’envers : A 45 ans, après avoir mené une vie sentimentale et sexuelle très libre auprès de nombreuses femmes toutes aussi libres, il décide de savoir si son corps a la capacité de faire de lui un père. Alors qu’il n’a aucun projet de parentalité, avec aucune compagne. Le résultat est sans appel : Il est stérile, définitivement stérile. Cette nouvelle bouleverse à ce point Olivier Poivre d’Arvor qu’il se sent immédiatement pousser l’envie irrépressible de devenir père. S’en suit une recherche désespérée de ses anciennes compagnes et fugaces amantes portée par un espoir aussi fou que sans fondement : Et si l’une d’elles avait fait de lui un père en secret avant que la stérilité ne le terrasse. Hélas, pas de rejeton caché à l’horizon. Olivier Poivre d’Arvor ne sera jamais biologiquement père.

L’adoption n’est pas une option qu’Olivier Poivre d’Arvor envisage dans l’immédiat. Il lui faut d’abord caresser un projet désespéré : se faire faire un enfant par son frère Patrick, qu’il reconnaîtra à la naissance. Une part de lucidité de dernière minute lui fera renoncer à cette idée, pourtant acceptée par son frère, père de nombreux enfants et bouleversé par sa détresse. Et puis, l’auteur fait une nouvelle fois tout à l’envers. En voyage au Togo pour raisons professionnelles, il rencontre Amaal pour la première fois. Il n’a pas de projet d’adoption, pas d’agrément dument délivré par l’Aide sociale à l’enfance, il ne sait rien des conditions d’adoption internationale au Togo mais il se persuade qu’Amaal sera sa fille. Alors Olivier Poivre d’Arvor s’obstine avec la rage du désespoir pour faire de cette petite Amaal, orpheline en petite robe rouge trouée et au sourire timide sa véritable fille pour l’Etat civil. Mais son enthousiasme, sa pugnacité le rendent bientôt suspect aux yeux des autorités locales. Cet homme célibataire de 50 ans a-t-il réellement envie d’établir des relations paternelles avec cette petite fille ?

Olivier Poivre d’Arvor enchaîne les voyages au Togo pendant deux ans, au gré de l’avancement de son dossier d’adoption. Et pour parvenir à apprivoiser cette petite Amaal, qui ne l’appelle « papa » que parce qu’on lui a appris à le dire. Il la couvre de cadeaux, la noie sous les vêtements, elle, qui n’a jamais rien possédait. Et c’est un cri d’amour pour l’Afrique à chaque page, une Afrique idéalisée sans doute, mais une Afrique  que l’on a envie de mieux connaître.

Le 17 juin 2011, Amaal et son père rentrent définitivement en France.

Le jour où j’ai rencontré ma fille – Olivier Poivre d’Arvor – Grasset

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