Publié dans Une femme et des livres a lu et a été déçue

Maman a tort

Maman a tortMe revoici avec un immense plaisir et avec un paquet de critiques de livres en attente ! Car si le travail m’a tenu éloignée de mon blog, la lecture, elle, est restée mon moment de détente et d’évasion préféré… Pour résumer ces quelques semaines de silence, disons que septembre a été synonyme de belles découvertes mais aussi d’une déception. Commençons donc par cette déception avec laquelle j’ai terminé ce week-end.

Michel Bussi, car il s’agit de lui, m’a souvent bluffée ces derniers mois. Ceux qui suivent ce blog le savent car je m’en suis faite plusieurs fois l’écho ici même. (cf, Nymphéas Noirs et N’oublier jamais). J’aime particulièrement son style d’écriture très vif, précis et efficace, sa maîtrise du suspens, sa manière d’embobiner le lecteur sur de fausses pistes. Bref, un auteur qui promet quelques jours de lecture haletante et dont on ferme le roman avec regret. Dernièrement, pourtant, je n’ai pas été convaincue par « Ne lâche pas ma main » qui raconte la course-poursuite d’un père, que tout accuse du meurtre de son épouse, et de sa fille sur les routes montagneuses et la végétation hostile de La Réunion. Ce que j’avais adoré jusqu’alors  (efficacité, suspens, sens de la manipulation) semblait tomber à plat : Trop de longueur, trop de rebondissements auxquels on avait du mal à croire, trop d’invraisemblance… A tel point que j’ai fini par lâcher, non pas la main, mais le bouquin.

J’ai refait un essai avec « Maman a tort« , le dernier polar de Michel Bussi. Il faut dire que je l’avais retenu à la médiathèque de ma ville, bien avant de lire « Ne lâche pas ma main« . Mais Bussi ayant le succès que l’on sait, les lecteurs ne rendant pas toujours les livres à l’heure (si, si, j’en fais partie), le délai de réception dudit bouquin s’est bien allongé. Et lorsque ma bibliothécaire préférée m’a téléphoné pour m’annoncer, triomphante, que LE livre était enfin à ma disposition, je n’ai pas eu le cœur de lui avouer que je n’avais plus trop envie de le lire… Bref, j’ai lu le livre.

Alors, alors, me direz-vous ? L’histoire d’abord : Malone, petit garçon normand de 3 ans et demi, intrigue beaucoup son institutrice en répétant sans cesse que « sa maman n’est pas sa vraie maman ». Tant et si bien qu’un psy scolaire est dépêché dans la petite école de village. Rapidement, il a la conviction que cet enfant, dont le livret de famille atteste pourtant qu’il est bien le fils d’Amanda et de Dimitri Moulin, dit la vérité. C’est la commandante Marianne Augresse, de la police du Havre, que l’on charge -officieusement- de démêler le vrai du faux. Ce qui la gonfle prodigieusement, étant elle-même déjà bien occupée à retrouver les deux auteurs survivants du braquage d’une bijouterie de luxe survenu à Deauville quelques mois plus tôt, dont on n’a jamais retrouvé le butin. Sur ces entre-faits, le psy est assassiné.

J’ai été complètement séduite par le début de ce roman et ce petit garçon émouvant qui appelle au secours. Bien-sûr, on se doute très vite que Malone n’est effectivement pas le fils de ses parents supposés et qu’il est lié aux braqueurs de la bijouterie, cependant que la mécanique propre à Bussi se met en place : suspens, fausse piste, machination et personnage qui tire les ficelles dans l’ombre. Pourtant, j’ai été complètement déçue par le dénouement de ce polar. Sans en dire trop (pour ceux qui auraient quand même envie de se plonger dans ce livre), il me paraît assez invraisemblable de faire porter toute une machination sur les épaules d’un enfant de trois ans et demi (même en avance sur son âge comme le précise fort à propos Michel Bussi), dont on a prévu, plusieurs mois à l’avance, les réactions quasi au jour près, par un habile « matraquage de cerveau ». Non, vraiment, je n’arrive pas à y croire, d’autant que d’autres invraisemblances et hasards qui tombent trop bien émaillent le livre : Par exemple, je ne me promène pas systématiquement avec mon passeport et celui de ma fille de 8 ans (d’ailleurs, elle n’en a pas). Amanda Moulin (hôtesse de caisse à la supérette du village) et son fils de trois ans et demi, si ! Ce qui leur permet de courir à l’aéroport pour prendre un avion de dernière minute, grâce à des billets à leur nom trouvés opportunément dans un tiroir ouvert par hasard.

Non, vraiment, pas convainquant sur ce coup-là, Bussi.

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