Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

Le secret de la manufacture de chaussettes inusables

Chaussettes

D’abord, il y a le titre : « Le secret de la manufacture de chaussettes inusables ». Un titre rigolo qui m’a interpellée. Ensuite, il y a la couverture, avec cette chaussette mauve et orange et cette bobine de fil bleue qui donnent le sourire. Enfin, il y a l’auteur (enfin ! me direz-vous), Annie Barrow, dont on me dit sur la 4ème de  couverture qu’elle a écrit avec sa tante, Mary Ann Shaffer, un roman que j’avais adoré voici 7 ou 8 ans : « Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates ». Décidément, les titres improbables sont la spécialités de cette famille. Bref, voici comment un roman se retrouve en deux temps trois mouvements dans mon panier à roulettes de chez Super U Grand-Fort-Philippe alors que j’étais venue pour remplir mon frigo. A noter pour la prochaine fois : Ne plus passer avec mon panier à roulettes au rayon « librairie » de chez Super U Grand-Fort-Philippe, lieu de toutes les tentations…

« Le secret de la manufacture de chaussette inusables », publié dans sa version française chez Nil Editions, est un pavé de plus de 600 pages. L’histoire se passe aux Etats-Unis, dans un petit village de Virginie-Occidentale à la veille de la Seconde guerre mondiale, pendant l’été 1938. Layla Beck, fille d’un riche sénateur de Washington, se voit contrainte de travailler pour la première fois de sa vie, après avoir fait preuve d’un peu trop de féminisme pour l’époque : Avoir refusé d’épouser celui que son père a choisi pour elle. La sentence est toutefois facilitée par l’oncle de la jeune femme qui lui propose (ou plutôt l’oblige) à intégrer un programme gouvernemental qui rémunère de jeunes chômeurs pour écrire des livres de commande sur l’histoire de villes et de villages américains. Et voilà comment Layla se retrouve propulsée à Macedonia (Virginie-Occidentale) pendant tout un été caniculaire. Logée contre loyer chez les Romeyn, Layla se prend d’amitié (voire plus) pour les membres de cette famille aussi sympathique qu’iconoclaste, anciens propriétaires désargentés de la fabrique locale de chaussettes, « les Inusables américaines ». De rencontres en confidences, elle va mettre à jour les blessures enfouies et les secrets bien gardés qui rongent cette famille depuis plus de 15 ans.

J’ai aimé la façon dont Annie Barrows dépeint la société américaine très corsetée de l’époque, avec ses codes et ses travers. On sent que l’auteur s’est beaucoup documenté pour rendre ses descriptions aussi vivantes que réalistes. J’ai aimé les aventures de Layla, petite bourgeoise remplie des préjugés de sa caste, qui se transforme au fil de l’histoire, jusqu’à se fondre dans la vie des habitants de Macedonia. J’ai aimé l’histoire de la famille Romeyn, ses secrets inavoués, son mode de vie peu orthodoxe. J’ai aimé ses personnages, l’effronterie de petite Willa, le sulfureux Felix, la gentille et dévouée Jottie, les facéties des jumelles Mae et Minerva, les péripéties amoureuses de Layla et de Jottie… J’ai pris plaisir à vivre aux côtés de cette famille pendant plusieurs semaines. Et c’est à regret que je l’ai quittée.

Le secret de la manufacture de chaussettes inusables, Annie Barrows, Nil Editions

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s