Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

L’homme qui ment

lavoineTrouver Marc Lavoine à la rubrique « littérature », forcément, c’est une surprise. Car jusqu’à présent, Marc Lavoine se résumait, pour moi, à trois choses : « Elle a les yeux révolver », « Le cœur des hommes » et « Les Enfoirés ». Un peu court, je le confesse et l’assume. C’est donc animée par une grande curiosité et surtout encouragée par une critique unanimement élogieuse, que j’ai entrepris la lecture de son premier roman, « L’homme qui ment ».

« L’homme qui ment », c’est Lulu, le père de Marc Lavoine, employé aux PTT en banlieue parisienne, coco et cégétiste jusqu’au bout des ongles. Un homme qui aimait un peu trop les femmes, l’alcool et les petits arrangements avec la vérité. Un homme inconstant et immature à qui sa femme, Michou, sans doute épousée trop tôt, trop jeune,  vouait un tel amour qu’elle a longtemps préféré faire semblant de ne pas voir. Jusqu’à la trahison de trop. Un homme attachant que Marc Lavoine et son frère aîné, Francis, aimaient plus que tout. Malgré les failles, les absences, les bêtises et la dépression dans laquelle il plonge son épouse à force de délaissement. Car, « L’homme qui ment », c’est d’abord un hommage au père. Tant pis s’il a pris à témoin ses fils encore enfants de ses aventures extraconjugales, tant pis s’il en parlait avec légèreté et même fierté. Marc Lavoine garde pour Lulu une infinie tendresse qui transparaît à toutes les pages, à chaque phrase, à chaque mot. Alors, parfois, évidemment, on sent de l’agacement, de la colère même chez ce fils qui en veut à son père pour cette enfance si peu ordinaire. Mais tellement joyeuse aussi. Remplie d’amis, d’oncles, de tantes, de grands-parents qui n’aimaient rien tant que partager et vivre ensemble. Et que Marc Lavoine décrit avec énormément de talent.

L’écriture de Mac Lavoine est cash. Les mots claquent et ils sont si beaux quand ils décrivent cette France banlieusarde des années 60, idéalisée peut-être, nostalgique sans doute. Ils sont plein d’humour aussi. Quand on referme le livre sur l’enterrement de Lulu, dans un cimetière non loin des pistes d’Orly, on a juste envie de s’écrier : « Sacré Lulu ! ». Et c’est un compliment.

L’homme qui ment, Marc Lavoine, Editions Fayard

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