Publié dans Une femme et des livres a lu et a aimé

Constellation

constellationQuand j’ai entendu parler de « Constellation », premier roman d’Adrien Bosc, j’ai imaginé une histoire autour du ciel, des étoiles, de l’astrologie…

Constellation, c’est le nom de l’avion d’Air France dans lequel le champion de boxe et idole de toute une nation, Marcel Cerdan, a trouvé la mort dans la nuit du 27 au 28 octobre 1949, au-dessus de l’archipel des Açores, plongeant la France d’après-guerre dans la consternation la plus totale. Accompagné de son manager et d’un ami, il s’était envolé pour New-York, sûr de reconquérir le titre que lui a ravi l’Américain controversé pour ses liens avec la mafia, Jake LaMotta, quelques mois plus tôt. C’est Edith Piaf, avec laquelle il vit une histoire d’amour passionnelle, qui l’a supplié de prendre l’avion plutôt que le paquebot transatlantique où sa place était réservée de longue date, pour la rejoindre plus vite. Son manager a fait des pieds et des mains, jouant sur le statut de Marcel Cerdan, pour dégoter à la dernière minute trois places sur le Constellation à destination de New-York, laissant sur le carreau trois voyageurs à qui il vient de sauver la vie… Ironie…

Aux côtés de Marcel Cerdan, son manager et son ami, 35 autres voyageurs et membres d’équipage ont pris place dans cet avion, mode de transport encore réservé, à l’époque, à une certaine élite. Parmi eux, Ginette Neveu, violoniste prodige, et son frère Jean, en partance pour une série de concerts à New-York. Et puis, 34 anonymes, dont personne n’a jamais parlé, tous embarqués dans ce vol vers la mort. Ce sont les vies de ces anonymes qu’Adrien Bosc a voulu sortir de l’ombre et auxquels on s’attache, tant semble injuste le sort qui les attend. Il y a là cinq bergers basques, espérant améliorer l’ordinaire aux Amériques en gardant des troupeaux de vaches, une jeune ouvrière alsacienne dont la marraine, exilée aux Etats-Unis où elle a fait fortune, a payé le billet, un journaliste canadien, vieux-garçon, et sa mère venus visiter les lieux saints français, un homme d’affaires américain qui commercialise des produits dérivés de Disney, le commandant de bord, héros de la 2ème guerre mondiale… Des vies sans aucun point commun mais unies par une mort commune.

On imagine le temps passé par l’auteur pour rassembler tous ces fragments de vie et pour en raconter, avec une impressionnante précision du détail, les dernières heures. On imagine le temps passé à consulter des pages et des pages d’archives pour parvenir à reconstituer l’enquête, passionnante, qui a suivi l’accident. J’ai beaucoup aimé ce roman, l’écriture fluide et agréable de son auteur et surtout son idée de départ si originale. Je comprends parfaitement le choix des Immortels de l’Académie française qui ont décerné leur Grand Prix à ce tout jeune auteur de 28 ans en 2014.

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